II. Schéma de la circulation d'un Amphipode
A, antenne; a, antennule; M, mandibule; m', mâchoire de la première paire ; m2, mâchoire de la seconde paire ; pm, patte-mâchoire ; PA, pattes abdominales; B, branchies; T, telson; G, ganglion cérébroïde; N, chaîne nerveuse; F, œsophage; I, intestin; C, cœur; P, oreillette (péricarde); o, ostioles faisant communiquer le cœur et l'oreillette; as, aorte antérieure; ai, aorte postérieure; al, aortes latérales; aoc, artère céphalique ; cœ, collier vasculaire périœsophagien; t, artères thoraciques; s, sinus veineux médian; sa, sinus abdominal ; si, sinus latéraux ; os, orifices conduisant dans ces sinus; pn, artères des pattes thoraciques ; va, vaisseaux afférents; ve, vaisseaux efférenls des branchies (le trait doit être prolongé jusqu'au vaisseau rouge); pt, vaisseaux branchio-cardiaques. Delage.
Rémï PisiuuEft. — Anatomie comparée.
Planche II, page 385.
APPAREIL CIRGULATOlRIi. 3So
réduites à de très courts tubes. Mais, dans tous les -cas, elles se terminent /02<yoi«-s par d-es orifices béants, par où le sang s'écoule dans la cavité générale, baignant .tous les organias qui s'y trouvent; il est entraîné par des courants plus ou moins réguliers,dont la direction est déterminée à la fois par les orifices artériels et par les mouvements des muscles généraux du corps. C'est une circulation essentiellement lacunaire. De la cavité générale, le sang est amené par des sinus spéciaux dans les organes respiratoires, et ce n'est qu'après s'être hématosé, qu'il revient au cœur. A cet effet, les vaisseaux edérents des branchies ou des poumons l'amènent dans un réservoir, communément appelé péricarde, mais qui est réellement une oreillette entourant complètement le cœur; le sang revient enfin dans l'organe central par des orifices latéraux faisant communiquer le cœur et le péricarde.
Quelles sont maintenant les modifications que présente ce schéma dans la série des Arthropodes?
Ce n'est qu'exceptionnellement que l'appareil circulatoire fait tout à fait défaut. Cette infériorité organique se manifeste dans des genres isolés, chez quelques Copépodes et quelques Ostracodes {Cyclops, Cypris, Cythere), ou dans des groupes que le parasitisme ou la fixation ont extrêmement dégradés, comme les iLernéens elles Cirripèdes. Dans ces différents Crustacés, le sang •est mis en mouvement par des contractions rythmiques du tube 'digestif, ou des plaques musculaires des parois du corps.
La plupart des ^n^omosiraces, les Cladocères, beaucoup d'Ostracodes [Cypridina, Halocypris) et de Copépodes ont un cœur uniloculaire, muni de deux ouvertures afl-érentes, placées latéralement, et d'un orifice efférent antérieur. Celui-ci fait communiquer le cœur avec une aorte en général très courte, et terminée par une ouyerlure béante, d'où le sang s'échappe dans la cavité générale. Il peut même arriver que cette aorte manque tout k 'ait, et 1 appareil circulatoire se réduit alors au cœur, d'où le sang s écoule directement dans les lacunes du corps.
L'appareil circulatoire des Phyllopodes n'est pas beaucoup plus développe, u cœur le représente encore à lui tout seul; mais il
Uce sivt'Tn ^'^'^^ ^" chambres
ucce sives, communiquant entre elles ; chacune est en relation avec les lacunes de la cavité générale par deux orifices latér
r" 1 1 1 I ■ ° " i-"*' '-'«^"^v ui mues laieraux
G es chez les hopodes (1 ) que l'appareil circulatoire commencrà se perfectionner (Pl. 11,1). C'est chez eux notamment, que I on îoit
H. PEiiniF.n. — AïKit. comp.
Fig. 227.
se constituer autour du cœur un réservoir, le péricarde ou oreillette (P), où le sang arrivant des branchies se rassemble avant de pénétrer dans le cœur par les ostioleslatérales(a). Celuici (C) est toujours placé dans la région abdominale, où se trouvent les branchies.
11 est tubuleux ou piri forme, et donne naissance à onze artères bien différenciées et se distribuant dans toutes les régions du corps. Elles aboutissent à des lacunes où le sang se répand , mais en suivant des chemins bien déterminés.
De là, il se rend dans des sinus veineux (s/), à parois très nettes, qui le conduisent aux branchies.
EnGn des vaisseaux le ramènent à l'oreillette, d'où il peut reprendre sa course. L'oreillette n'est pas encore complètement close; sa paroi est incomplète en
Appareil circulatoire du Homard.
— a. i, antennes internes ou autennules ; ae, antennes externes ; 0, œil ; <,telson; c, cœur; certams pomts, OÙ le
;)c, (oreillette) péricarde; ao, artères ophthal- sang veineux peut venir miaues; aa, artères antennaires; ap, aorte , ,
postérieure ou artère abdominale supé- ^6 mélanger au sang he-
ricure ; s, artère sternale ; ai;, artère ventrale niatosé.
antérieure ; ai.artère abdominale hifém^^^^ ^ imperfection dis-
bi', branchies ; v, smus médian abdommal ; "
v', sinus médian thoracique, logé dans le ca- parait complètement
nal sternal; v. bv, canaux branchio-cardia- chez les Amphipodes, où
ques. Les Hoches indiquent la direction du , , . , , , , x r •»
courant sanguin. le péricarde est tout à fait
clos (Pl. II, 2). Le cœur, pour se trouver dans la région branchiale, a dû changer sa situa-
APPAREIL CIRCULATOIRE DES LIMULES. 387 lion ; au lieu d'être abdominal comme chez les Isopo es, il occupe toute la longueur du thorax. Le sang y pénètre par une, deux ou trois paires d'ouvertures latérales (o) et en repart par deux aortes, l'une antérieure {as), l'autre dirigée vers l'abdomen {ai). A part ces quelques traits, l'appareil ne diffère pas essentiellement de celui des Isopodes, si ce n'est queles artèresy sont un peu moins différenciées.
Enfin, chez les P o dop h l haïmes, le cœur et l'oreillette qui l'entoure sont complètement clos, et les lacunes où le sang veineux peut se mêler au sang artériel sont réduites au minimum. La circulation se régularise en un mot d'une façon presque complète (Sg. 227).
Le cœur(c), situé à l'extrémité postérieure du céphalothorax, est en général arrondi. Chez les Stomatopodes seuls, il a la forme d'un canal allongé, s'étendant tout le long du thorax et de l'abdomer et présentant de nombreuses paires d'ouvertures. Quand il est arrondi, il existe aussi plusieurs paires d'ostioles. Peut-être doiton le considérer comme résultant de la concentration en un seul ventricule d'une série de chambres successives. Quoi qu'il en soit, les artères qui en partent sont extrêmement différenciées, et se contmuent par de véritables capillaires ; mais ceux-ci ne se termment pas dans des veines. A leur sortie, le sang tombe dans des lacunes presque complètement endiguées, il est vrai, par du tissu conjonctif ; mais l'absence de fibres musculaires et d'endothélium dans leurs parois ne permet pas de leur donner le nom de veines Au sortir de ces lacunes, le sang, conduit par de vastes sinus, est amené aux branchies, et, de là, par les veines branchiales, au péricarde, d'où il pénètre enfin dans le cœur.
Appareil circulatoire des L.mules. - L'appareil circulatoire des Umules est lui aussi très hautement différencié. Mais l'intérêt principal qu'il présente est son analogie profonde avec celui de. bcorpions.
Nous voyons ainsi les rapports de ces deux groupes se resserrer h mesure que nous étudions chaque appareil
Le cœur est un vaisseau longitudinal, dorsal et médian, raton tcril?""'^'' P'"'^' l^^érales qui ne sont que les prolongements des parois du corps. Des colonnes charn,,,, ^ ^^^^^^ ^^^^ Mammifères, règnen dans son inteneur. Il communique avec l'oreillette qui 'encoure par huit paires d'ouvertures munies de valvules. Le sang, arr v
ch 1T ' r P"^" ^^'^ ^'-^-^ d°e bran
ch es, et deux autres plus petits venant des grandes lames oner
culaires, pénètre dans le cœur par les ostioL, TJrélZTe
par onze artères, très développées. Nous ne pouvons pas dé .'r
en détail le rôle de ces vaisseaux, mais il nous faut insister sur ce point caractéristique : deux crosses aodiques parlent de la partie antérieure du coeur, et vont déboucher dans un vaste réservoir annulaire formant un cercle artériel autour de l'œsophage. Ce cercle renferme à son intérieur le collier nerveux œsophagien qui constitue la partie antérieure de la chaîne nerveuse, et un gros tronc artériel part de ce cercle pour accompagner dans toute sa longueur la chaîne de ganglions nerveux qui s'étend sur la ligne médiane ventrale du corps. Eu tous les points où cette chaîne donne des nerfs latéraux, un vaisseau se détache du tronc principal et accompagne le nerf dans presque toute son étendue. Ce vaisseau périnervien communique enfin par un collier périrectal avec le système des artères de la face dorsale.
Appareil cibculatoire du Scorpion. — L'appareil circulatoire est à peu de chose près le même chez le Scorpion. Le cœur est un long vaisseau placé dans le préabdomen ; il est divisé en huit chambres, le sang y pénètre par une paire d'orifices communiquant avec une oreillette péricardique. Les vaisseaux se divisent aussi en deux groupes, l'un dorsal, émanant directement du cœur, l'autre ventral, dont le système central se compose d'un grand sinus entourant le ganglion céphalothoracique, et communiquant avec un vaisseau à parois musculaires (1), compris dans la gaine de la chaîne nerveuse. De ce système partent les artères allant aux pattes et accompagnant les nerfs, et d'autres, suivant également les nerfs issus de chaque ganglion. Les deux groupes de vaisseaux communiquent à la partie antérieure par un colUer œsophagien vasculaire entourant le collier nerveux, et par un petit vaisseau situé dans le septième anneau du préabdomen; celui-ci part de l'aorte dorsale, et aboutit dans le vaisseau périnervien au niveau du premier ganglion du postabdomen. Ce vaisseau, homologue du collier périrectal de la Limule, complète, on le voit, l'analogie des deux appareils.
De l'appareil artériel, le sang passe dans les lacunes inlerorganiques et de là, dans de grands sinus qui entourent les poumons. 11 retourne enfin dans l'oreillette par sept paires de vaisseaux, dont trois pour les premiers poumons, deux pour les derniers et une pour les deux autres.
Appareil circulatoire des autres Arachnides. — Chez les autres Arachnides, l'appareil circulatoire, tout en gardant la même structure générale, ne conserve pas ce degré de perfection. Sans parler des groupes inférieurs, les Tardig rades, les Lingua-
(I) Aimé Schneider. Tahl. zooL, t. 111, 1891.
APPAREIL CmCULAÏOIRE DES INSECTES. 389
Iules, les Pantopodes el les Acariens, où la réduclion de l'appareil est due à la dégradalion géne'rale de l'animal, on peut suivre dans la classe des Arachnides une réduction graduelle, augmentant de plus en plus le système lacunaire, tandis que la longueur des voies endiguées destinées au passage du sang diminue concurremment. Cette réduction n'est pas en rapport avec le degré général de perfection spécial à chaque groupe. Elle est sous la dépendance absolue de l'appareil respiratoire.
Chez tous les Arachnides à système circulatoire réduit, existe un système trachéen, dont les ramifications externes vont apporter aux différents organes l'oxygène nécessaire à la respiration. Le sang n'a donc plus à jouer le rôle de convoyeur qui lui est attribué, quand l'oxygène ne peut être puisé à l'extérieur qu'en des points déterminés. L'air se répandant directement partout-; l'un des principaux objets du mouvement circulatoire disparaît, et par une remarquable application du principe de balancement organique, l'appareil circulatoire se réduit en même temps que l'appareil de la respiration se développe.
Appareil circulatoire des Insectes. — Aussi ne serons-nous pas étonnés de voir une dégradation considérable des voies sanguines chez les Insectes, où le système trachéen est si parfait.
L'appareil se compose seulement du cœur, fermé en cul-de-sac en arrière, el d'une courte aorte, qui n'en est pas nettement limitée. Le cœur a la forme d'un long vaisseau, fixé aux parois dorsales du tégument par un certain nombre de paires de muscles triangulaires, dont la base s'attache au cœur, et qu'on nomme les 7vuscles aliformes du cœur{ïiQ. 228 C, a). Ces muscles, dans leur ensemble, renferment le cœur dans une sorte de sinus mal clos, que l'on peut considérer comme le représentant de l'oreillette.
Le cœur est formé , .de chambres (fig. 228 C), dont le nombre maxnnumet le plus fréquent est huit, et chacune d'elles correspond à une paire de muscles aliformes; elles communiquent toutes avec l'extérieur par deux oriOces, dont les bords sont recourbés vers l'intérieur et qui, par suite de cette disposition, permettent au sang d'entrer dans le cœur, mais non d'en sortir.
D autres orifices font communiquer les chambres entre elles, ueux-ci sont également pourvus de valvules, qui permettent seulement au liquide la marche d'arrière en avant. Les chambres ne se contractent pas en effet toutes à la fois, le mouvement se propage d arrière en avant; le sang ainsi porté dans la première Chambre e u cœur, passe de là dans l'aorte, qui occupe toute la longueur du thorax; celle-ci s'inOéchit dès son origine, va s'accoler au tube digestif et se termine sous le cerveau par un orifice
béant. Le sang s'écoule par là dans la cavité générale. Malgré l'absence de canaux nettement constitués et de voies directes, il
Fig. 228. — Circulation des Insectes : — A et B. Ventriculites ou chambres du vaisseau dorsal des onzième et douzième anneaux de la larve du Chironomus plumosus. A, diastole; B, systole: — ti, première chambre ou ventriculite terminal; !;"et i;"', deuxième et troisième chambre (Vkrloren). — C, vaisseau dorsal ou cœur du Cerf-volant [Lucanus Ccrvus); ao, aorte; V, vaisseau dorsal proprement dit; a, muscles aliformes (Newport).
y est soumis k des courants d'une rapidité et d'une régularité remarquables ; il est facile de s'en rendre compte de visu par l'examen de larves transparentes, notamment des larves d'Ephémères