APPAREIL DE SOUTIEN
Elles sont séparées par du liquide inlersliliel parcouru par de Ûnes fibres anastomosées dans le tissu gélatineux de l'ombrelle des Méduses, et dans la plupart des animaux pélagiques transparents ; un tissu analogue se retrouve encore comme tissu prolecteur au-dessus du cerveau des Céphalopodes, des Sélaciens, dans la gelée de Wharton du cordon ombilical des Mammifères, dans le corps vitré, etc.
Dans le tissu co7ijonctif ordinaire, les éléments coexistent, mais le réseau des fibres est absolument irrégulier, et forme un tissu lâche, dont l'exemple le plus net est le tissu sous-cutané des Vertébrés .
Enfin, dans les tissus élastiques, la gelée disparait presque complètement, les cellules deviennent petites et ovales, les fibres élastiques prédominent, et s'orientent souvent de façon à former des membranes, des tendons ou des ligaments.
Une dernière forme toute spéciale de tissu conjonctif est constituée par les endothéliums. Les cellules existent seules, cellules aplaties, sans substance interstitielle appréciable, et solidement engrenées entre elles. Les endothéliums sont par leur structure très analogues aux épithéliums. Ils se disposent en revêtement à rinlérieur des vaisseaux ou autour de la cavité générale.
III. Appareil de soutien. — Le groupe que nous avons créé pour les appareils de soutien ne présente pas une aussi grande homogénéité que ceux que nous venons d'examiner. Le rôle d'appareil de soutien n'est pas en effet dévolu à un tissu spécial, mais à des éléments de nature épithéliale ou de nature conjonctive.
Nous avons vu que les cellules épidermiques i)euvent, en se modifiant légèrement, constituer des organes de soutien.
Nous avons vu également que le derme, en se calci fiant, formait des organes servant aussi bien au soutien qu'à la protection du corps; le tissu élastique et le tissu conjonctif ordinaire luimême peuvent jusqu'à un certain point être qualifiés de tissus de soutien. On réserve plus particulièrement ce nom au tissu cartilagineux et au tissu osseux, qui sont, par leur origine mésodermique et par la forme de leurs éléments, des variétés de tissu conjonctif. Le tissu osseux ne se trouve que chez les Vertébrés. C'est aussi dans ce groupe qu'est le mieux développé le lissu cartilagineux, quoiqu'on le rencontre également chez les Annélides et chez les Mollusques, mais moins répandu, et moins nettement distinct du tissu conjonctif.
Nous renvoyons l'étude générale de ces tissus au chapitre où nous nous occuperons du squelette des Vertébrés.
46 l'RLNCIPES GENERAUX.
IV. Ai'PAREiL DIGESTIF. — La digestion se fait directement chez les Protozoaires; l'aliment est englobé dans le protoplasme et digéré sur place.
Chez les Protozoaires nus, il peut pénétrer par un point quelconque du corps; il n'y a pas non plus de lieu d'élection pour la sortie des résidus non assimilables. Au contraire, chez les Infusoires, deux orifices, la bouche pour l'entrée, l'anus pour la sortie, sont percés à travers la membrane.
Chez les Mésozoaires, rien n'existe qu'on puisse assimiler à un appareil de digestion. La digestion se fait par simple imbibition. Par contre chez les Métazoaires, à part quelques tj'pes dégradés (Cestodes, Acœles), il se constitue une cavité interne, communiquant avec l'extérieur soit par un, soit par deux orifices, et les cellules qui la tapissent s'adaptent au rôle spécial de trans former les substances alimentaires en liquides assimilables, et d'absorber ces derniers, qui se rendent de proche en proche, ou par l'intermédiaire du sang aux autres cellules de l'organisme.
La cavité digestive est donc un sac ou un tube, tapissé par un revêtement épithélial continu, dérivé à peu près en entier de l'endoderme. C'est ce revêtement qui est chargé du rôle actif dans la digestion. Ce rôle, on l'a déjà vu, est double : les aliments doivent être transformés par les sucs digestifs en substances assimilables ; ces dernières à leur tour doivent être absorbées. Ici encore la division du travail physiologique se montre comme la condition essentielle du perfectionnement. Au bas de la série, il est difficile de discerner les cellules sécrétantes des cellules absorbantes; les deux fonctions semblent confondues, et d'après les recherches de Metschnikoff et de Ray Lan- Icester, la digestion ne différerait guère de ce qui se passe chez les Protozoaires. Les cellules endodermiques émettent en effet des pseudopodes, qui vont au devant des particules ahmentaireset les englobent dans leur protoplasma, où elles sont digérées. Chez les animaux plus élevés, les cellules glandulaires se localisent surlout dans la partie antérieure du tube digestif, tandis que les cellules absorbantes n'existent que dans la partie postérieure, où elles peuvent puiser les substances assimilables préparées par les glandes de la première partie.
Pour faciliter la transformation, il se constitue sur le trajet de l'appareil digestif une dilatation, ïcstomnc, où les aliments doivent séjourner quelque temps au contact des sucs digestifs. C'est là que s'elfectue le premier travail, quelquefois Ja plus grande partie des réactions chimiques de la digestion.
Le tube digestif est alors formé d'une poche communiquant
APPAREIL RESPIRATOIRE. 41 avecrexlérieur par deux tubes, V œsophage venml de la l)ouche, ['intestin allant à l'anus.
Les cellules glandulaires toutefois ne sont pas à beaucoup près localisées dans l'estomac, elles se réunissent par groupes, et constituent des glandes, les unes très petites, cachées dans la paroi intestinale, les autres volumineuses, constituant des organes spéciaux, organes appendiculaires du tube digestif.
Parmi ces dernières, les glandes salivaires débouchent près de lorifice buccal, elles ont, indépendamment de leur rôle digestif, la fonction d'humecter les aliments dès leur entrée dans le canal alimentaire. D'autres se déversent dans l'estomac, d'autres enfin dans l'intestin. A l'origine de ce dernier, on trouve en général dans les types supérieurs deux glandes très volumineuses, le foie et le pancréas, tandis que chez les êtres moins élevés il n'y en a qu'une cumulant les rôles des deux précédentes.
Tant que l'animal est petit, ou ne possède qu'une activité vitale assez restreinte, il peut n'employer comme aliments que des matériaux suffisamment ténus pour pouvoir subir directement l'action des sucs digestifs. Mais dans les cas contraires il faut une quantité bien plus grande d'aliments; ils sont alors pris en grandes masses, et doivent, pour êlre digérés facilement et rapidement, être préalablement réduits en fragments plus petits. Le plus souvent, les organes chargés de ce soin sont placés soit à l'orifice buccal lui-même (appareil masticateur des Oursins, des Arthropodes, bec des Oiseaux, etc.), soit au début de la cavité digestive, non loin de la bouche (mâchoires et radula des Mollusques, armature pharyngienne des Vers, dents des A^'ertébrés). Il se forme alors, à l'entrée du tube digestif, une cavité plus large, la cavité buccale, où s'opère la masiicatiun ; c'est là qu'aboutissent en général les canaux des glandes salivaires, dont le produit, en humectant la masse alimentaire, facilite sa trituration.
D'autres fois, l'appareil triturant est plus enfoncé dans l'intérieur et consiste dans la formation de dents chitineuses, ou d'un revêtement presque continu, solide, se développant sur les parois d'une poche musculaire, désignée sous le nom de gésier.
Quoi qu'il en soit, on voit que les organes masticateurs sont des formations secondaires, qui présentent dans la série animale d'importantes variations, et peuvent n'avoir, quand on passe d'un groupe à un autre, aucune homologie morphologique.
V. Api'Areil RKSi'iRAToiHE. — Chez les animaux inférieurs, la respiration s'cfl'ectue directement à travers les cellules tégumenlaires. Cela est h. peu près général chez les Phytozoaires qui n'ontpas de milieu intérieur et que l'eau pénètre de toutes parts.
Chez les Holothuries seules, et chez les Artiozoaires, se produit un milieu intérieur. Alors la respiration se fait en deux temps : échange de gaz enlre le sang et l'extérieur, échange entre le sang et les tissus. Ce dernier s'eli'ectue directement à travers les parois des vaisseaux; il ne demande pas d'appareil spécial. Seul, l'échange mutuel entre le sang et le milieu ambiant nous intéresse, ici ; lui seul nécessite parfois la présence d'organes spéciaux constituant Yappareil respiratoire.
Un appareil respiratoire est essentiellement constitué par une membrane, séparant le milieu ambiant chargé d'oxygène (air ou eau), du milieu intérieur, du sang. Celui-ci circule soit dans des vaisseaux, soit dans des lacunes, sur la face interne de la membrane, et les échanges gazeux se font par osmose à travers celle-ci. Dans les cas les plus simples, la respiration s'effectue simplement à travers la peau. C'est le seul mode de respiration qui existe chez les Copépodes, les Nématodes, les Pialhelminthes, la plupart des Lombriciens et des Hirudinées, où le tégument est parcouru par un très grand nombre de vaisseaux capillaires. L'appareil respiratoire est alors diffus.
Un premier degré de perfectionnement consiste, conformément à la division du travail, dans la localisation de cette respiration cutanée. Des points spéciaux lui sont spécialement affectés. En ces points les tissus s'adaptent à la fonction ; les téguments s'amincissent et le renouvellement de l'eau à la surface respiratoire est plus complètement assuré. A cet effet, il se développe de nombreux cils vibraliles ; chez les Arthropodes où ces organites n'existent pas, c'est sur les pattes que se localise la respiration (pattes branchiales des Phyllopodes).
Enhn, à un plus haut degré de complication, il se forme des organes nouveaux adaptés, soit à la respiration dans l'eau, soit à la respiration dans l'air. Ce sont les branchies dans le premier cas, les poumons dans le second. Leur genèse est facile à comprendre. Les branchies ne sont que des portions tégumentaires dont la surface s'est considérablement développée pour permettre une intensité respiratoire plus grande. Elles constituent des parties saillantes en forme de lamelles, de filaments, de panaches, etc., qui flottent dans le liquide. Les téguments qui les recouvrent sont très délicats ; aussi très fréquemment ces organes sont-ils protégés par un repli cutané, qui s'étend au-dessus d'eux et forme une cavité, où les branchies sont renfermées : c'est le cas des Décapodes, des Mollusques, etc.
Chez les Poissons, les branchies sont disposéessur les bords de fentes pratiquées dans la paroi du pharynx. L'eau avalée par la
bouche s'échappe paries fentes, et baigne les branchies, à Tintérieur desquelles le sang circule abondamment. Une disposition analogue existe chez les Tuniciers et le Dalanoglossus.
Lorsque l'animal aquatique est retiré de son élément naturel, il semblerait que la respiration dût s'effectuer avec plus d'intensité, dans l'air plus riche en oxygène. 11 n'en est rien en général; les animaux meurent très rapidement.
Il faut voir la raison de cet étrange phénomène dans la dessiccation rapide de ces parties saillantes, qui arrête l'osmose, et aussi dans le fait que les filaments qui les composent s'appliquent l'un sur l'autre, en une masse dont la surface externe seule reçoit le contact de l'air.
Il n'est pas rare toutefois de voir des animaux pourvus de branchies et par suite essentiellement aquatiques (Cloporte, Décapodes, nombreux Mollusques, Poissons) vivre quelque temps, constamment même dans l'air. Mais il faut pour cela que leurs branchies soient maintenues toujours humides.
Les surfaces de respiration aérienne doivent en effet être préservées de la dessiccation, et maintenues constamment écartées les unes des autres. C'est la condition toujours réalisée par les poumons, qui constituent partout des poches, à l'intérieur desquelles l'air pénètre, tandis que le sang circule dans leurs parois.
La cavité où les branchies étaient enfermées est tout naturellement organisée pour servir de poumon. Nous la voyons employée en effet comme telle chez les Pulmonés, chez le Cyclostome, et chez quelques Crustacés, où la branchie a disparu.
II en est de même chez beaucoup de Décapodes et chez plusieurs Poissons [Anabas, Saccobranchiis), qui peuvent sortir de l'eau, ne plus faire usage de leurs branchies et respirer l'air en nature à travers les parois de la cavité branchiale. Des dispositions spéciales favorisent fréquemment cette adaptation.
Le plus souvent, au contraire, des organes de nouvelle formation apparaissent, qui sont empruntés en général à la muqueuse digestive. Les poumons des Yertébrés aériens ne sont que des poches formées aux dépens de l'œsophage. Les Holothuries possèdent aussi un poumon, dépendant de l'intestin terminal; mais, exception remarquable, il sert à la respiration aquatique.
Chez la plupart des Arthropodes aériens, ics poumons sont remplacés par un appareil respiratoire d'une autre espèce, le si/stème ti'achéen. Les trachées sont des tubes cylindriques, maintenus ouverts par un épaississement spirale de leur paroi, qui se ramifient dnns tout le corps. Elles communiquent avec l'extérieur par des orifices, les sligmales, et apportent l'air à tous