REPRODUCTION ASEXUÉE DES CIIÉTOPODES
Le cas le plus simple est celui du Clisto- N.
matus (Gapilellidé). La partie postérieure du
corps, qui contient Ies]organes génitaux, se
détache périodiquement à la maturité; elle
peut même grandir et se diviser chez VHap-
losyllis spongicola. La portion qui se détache
ainsi au moment de la maturité sexuelle est
différenciée : les soies se sont allongées et
midlipliées considérablement. Chez la Pro-
iula, cette même portion est pourvue d'une
tête, elle devient un individu, semblable du
reste à l'individu antérieur, mais seul pourvu d'organes reproducteurs. Dans le genre
Autolylus, au contraire, se manifeste un di-
morphisme remarquable; l'individu sexué
est très différent de l'individu asexué ; il est
pourvu d'organes locomoteurs qui le rendent
très agile, tandis que l'Autolyte asexué est
tout à fait sédentaire. Quand il a atteint un
complet développement, il secoue fortement la partie antérieure pour s'en détacher et
mène une vie indépendante. ,
Enfin chez les Nereis (fig. 303), le phénomène est encore plus remarquable. Au moment de la maturité sexuelle, il semble se former à la partie postérieure un individu entièrement différent. Son corps présente des franges très longues. Au-dessus desparapodes, se développent des lames membraneusesportant de longues soies, s'élargissant à leur extrémité en une large palette; tous ces appendices font de cet individu postérieur un être essentiellement nageur. Mais il ne se forme pas de tête; les deux individus ne se séparent pas, et le premier est entraîné par l'individu sexué à la vie pélagique. Lui-même d'ailleurs, pour obéir à ce changement de vie, subit de légères modifications ; ses yeux s'agrandissent, sa tête s'élargit, son appareil vasculaire devient plus riche; mais il reste toujours fort différent ^''o- 303. — //e/e)-o«em"s
de l'individu postérieur. T'"''^ . '. poslericurc est seule
Le fait principal que ces phénomènes met- sexuée (de Quatre-
FAOliS).
328 VERS CILIÉS
tent en lumière, c'est l'indépendance de chaque segmènt, chez les Chétopodes, et l'aptitude de chacun à reproduire, par bourgeonnement, d'autres segments. Celle propriété est dévolue d'ordinaire au segment postérieur ; mais dans des types variés elle appartient aussi aux divers segments du corps.
Si l'on coupe la portion postérieure du corps d'un Lombric, le dernier des segments restants prendra à son tour la faculté de bourgeonner. Le phénomène de reproduction asexuée ne diffère donc en rien de l'accroissement pur et simple de l'animal : on trouve toutes les transitions entre les cas où la portion postérieure forme un individu distinct et ceux où elle se constitue simplement comme une portion du corps. L'individuahté du segment n'est pas complètement annihilée par celle de l'animal considéré dans son ensemble; la solidarisation des zoonites est encore mal réahsée. On peut donc regarder les Chétopodes comme l'un des types les plus parfaits des colonies linéaires.