TEST DES BRACHIOPODES
valves, il lui est perpendiculaire chez les Brachiopodes. Chacune des valves est ainsi symétrique par l'apport à un plan. Les deux valves sont inégales. L'une, plus grande, plus bombée, se recourbe en crochet saillant, au-dessus de la petite valve qui est beaucoup plus plate.
Une grande difficulté se présente relativement à l'orientation de l'animal. On ne peut parler de partie postérieure et antérieure, de face ventrale et de face dorsale, d'après la définition même de ces termes, que pour un animal non fixé et mobile, ou tout au moins dont le plan d'organisation se rapproche de celui d'animaux libres. Ainsi nous pourrons orienter les Lamellibranches en les comparant aux Gastéropodes. ^ D'autres fois, c'est par comparaison avec une larve libre, que s'étabht l'orientation d'un animal ; ces deux procédés se ramè- C B A
Fig. 305. - Spirigera concrelim. - A, vue d'ensemble; B, grande valve ou valve ventrale; C, petite valve ou valve dorsale.
nent d'ailleurs l'un h l'autre, la larve reproduisant souvent les caractères d'animaux hbres voisins.
Mais ici, comme nous le verrons plus tard, l'organisation est tellement éloignée de celle des Vers, qui sont les animaux hbres les plus voisms, et la larve est si peu différenciée, qu'il est difficile de dishnguer l'orientation morphologique.
Aussi les divers auteurs ont-ils désigné sous les noms les plus divers les deux valves des Brachiopodes. Avec Hancock nous appellerons la grande valve, valve ventrale, et la petite valve valve dorsale, à cause de la disposition du système nerveux (1)
Quoiqu'il en soit, les coquilles des Brachiopodes peuvent présenter deux types différents, caractérisant chacun une classe du groupe.
Tandis que, chez les Écardines ou Inarticulés, les deux valves sont entièrement indépendantes l'une de l'autre, ehes sont au contraire, chez les Brachiopodes Arliculéso^x T eslicardines, unies
(I) La grande valve a aussi successivement reçu les noms de valve inU Tieure, mperieure, postérieure, fjénilale, denlifêre et même /vm n , Quenstedt) .^m./., la petite portant alors ceui de vU e Zpé lZ ^2' neuve, anléneure, hepaticjue, glénoïde, brachiflre, npophysah e 'pTZ-
VERS CILIÉS
l'une à l'autre par une charnière toujours voisine du crochet de la grande valve.
A cet effet la valve dorsale se prolonge à. son bord postérieur, le bord cardinal, en un processus cardinal qui pénètre au-dessous du crochet à l'intérieur de la grande valve. C'est sur les côtés de ce processus que se trouvent les dents cardinales, qui s'engagent dans deux cavités glénoïdes de l'autre valve, et servent de pivots au mouvement. A l'exception des Lingules et des Discines, qui sont cornées, les coquilles des Brachiopodes sont toujours calcaires. Elles peuvent présenter les ornements les plus divers, être lisses, ridées ou épineuses. Souvent même, l'une des valves montre des dépressions, ou sinus, auxquelles correspondent sur l'autre valve des plis saillants.
Dans le cas le plus général, l'animal est porté par un pédoncule musculaire qui s'insère au fond de la valve ventrale. Il pénètre dans l'intérieur du test par un sillon creusé dans le bec de cette dernière valve. Ce sillon est généralement converti en orifice complet par un appareil spécial, le deltidium, formé de deux petites plaques calcaires triangulaires, affectant des rapports variables avec l'orifice pédonculaire. Tantôt, en effet, elles vont de l'orifice au bord cardinal, tantôt elles se prolongent derrière l'orifice, qui se trouve alors limité de toutes parts par ces plaques ; tantôt enfin, elles se fusionnent en une seule plaque, de sorte que l'orifice semble entièrement creusé dans Ja valve elle-même [Bhynchonellidés).
Dans les Lingules, le pédoncule passe entre les deux valves, sans intéresser aucune d'elles; aussi ces dernières sont-elles à peu près identiques.
Le pédoncule disparaît dans un grand nombre de genres, et l'ouverture se ferme alors, soit par disparition pure et simple [Crania, Produclus, Thecidium), soit par formation d'une plaque calcaire, le pseudo-dellidium (Spirifer). Dans ce cas, l'animal est libre ou attaché aux pierres par le dos de sa grande valve (Cranie, Thécidie).
Structure du test. — Le test a une structure très différente de celui des Lamellibranches.
On peut y distinguer trois couches successives :
1° Une couche principale, formée par des prismes calcaires mêlés de conchyoline, obliques par rapport à. la surface du test. Cette couche est adhérente au manteau, et de nombreux prolongements, émanant de ce dernier, pénètrent normalement dans des tubes creusés au milieu de sa substance, pour se terminer à sa limite externe (fig. 307, c);