MUSCLES DES BRACHIOPODES
2" Au-dessus de cette couche, s'en trouve une autre formée de lamelles calcaires très rapprochées, donnant au test un aspect fibreux. Cette couche est interrompue au niveau des tubes, où elle est remplacée par de la conchyoline ;
3° Enfin, tout à fait extérieurement, se trouve une couche cuticulaire extrêmement mince, le periostracum.
Elle s'amincit encore en maints endroits, surtout au-dessus des tubes, formant ainsi un dessin réticulé à mailles inégales. Cette disposition permet peut-être une osmose de l'extérieur vers les tubes palléaux, qui rempliraient alors un rôle dans la respiration.
Cette structure se modifie chez les Inarticulés. La coquille cornéedesLingules et des Discines est formée de couches alternativement calcaires et cornées, dépourvues de structure. La coquille calcaire des Cranies est formée d'une seule coucheaudessous dupériostracum; elle est presque entièrement calcaire.
Muscles (fig. 306). - La coquille ne présente pas, comme chez les Lamellibranches, de ligament élastique destiné à ouvrir les valves. Cet office est rempli par des muscles spéciaux. On distingue dès lors quatre espèces de muscles attachés à la coquille : l°Le muscle /Jéc/oncu/aî>e(p), occupant toute l'étendue du pédoncule. Par son extrémité interne, il s'insère sur la valve ven trale • extérieurement, il est protégé par un revêtement corné. Il résulte de son mode d'insertion que la valve ventrale est tournée vers le haut; de là le nom de supérieure qu'on lui donne parfois Lorsque le muscle pédonculaire se contracte, il dresse la coquille sur le pédoncule et rapproche l'animal de son point d'insertion 2° Les muscles ajusteurs {rn\ m'*), s'insèrant d'une part sur le pédoncule, d'autre part sur chacune des valves. Ils meuvent la coquille par rapport au pédoncule. Antagonistes l'un de l'autre le muscle dorsal relève la coquille, le ventral l'abaisse. 3° Les muscles occluseurs (m,), fermant la coquille, s'insèrent
Fig. 30G. — Appareil apophysaire et muscles de Waldheimia australis. — Drf, valve dorsale • Dy, valve ventrale; Di, origine des apophyses' D2, processus apophysaire ; Ds, apophyses ■ union des deux apophyses. — m', m. occluseurs; m2, na. divaricateurs ; m», m. ajusteurs dorsaux; w's m. ajusteurs ventraux; /j, pédoncule ; p', muscle pédonculaire (Hancock).
b34 VERS CILIÉS.
d une part sur la valve ventrale et de l'autre près du milieu de la valve dorsale.
"4° Enfin les muscles divaricateurs ou abducteurs [m^ s'insèrent tout à fait au bord postérieur de la valve dorsale, sur le processus cardinal, par conséquent en arrière de la ligne qui joint les deux dents de la charnière. Il y a donc ainsi un levier du premier genre, et la coquille s'ouvre par un mouvement de bascule.
Ces divers muscles se retrouvent chez les Lingules et les Discines parmi les Brachiopodes Inarticulés ; mais leur effet est bien plus restreint. Pour le muscle divaricateur notamment, il est placé tout à fait à la partie postérieure, et la coquille s'ouvre en prenant un point d'appui sur le liquide de la cavité générale.
Dans la Cranie, les muscles sont pour la plupart supprimés, les occluseurs existent seuls, et l'écartement des valves, qui ne dépasse pas 1 ou 2 millimètres, est dû au relâchement des muscles occluseurs et au déplacement du liquide du corps sous l'influence des muscles tégumentaires.
Enfin dans les espèces sessiles, les muscles relatifs aux pédoncules disparaissent, et l'appareil musculaire, réduit aux occluseurs et aux abducteurs, se simplifie notablement.
La disposition des muscles est d'ailleurs assez variable avec les genres ; elle n'est pas toujours parfaitement connue, surtout chez les espèces fossiles, où les insertions musculaires sur les valves sont parfois difficiles à voir. On peut dire d'une manière générale que les insertions musculaires sont bien plus concentrées chez les Articulés, tandis que chez les Inarticulés on observe une tendance à l'arrangement en cercle sur le bord de la coquille. Ceci est en rapport avec l'absence de charnière, et' la nécessité pour des muscles glisseurs d'être très obliques.
Manteau. — La coquille est intimement liée au manteau, grâce aux prolongements dont celui-ci la pénètre. Aussi est-on forcé pour la dissection de la dissoudre dans un liquidé acidulé. L'animal ainsi débarrassé de la coquille présente une symétrie bilatérale complète, par rapport à un plan coupant les deux lobes du manteau.
Ces derniers sont couverts de villosités, parfois ramifiées ; ce sont elles qui remplissent les tubes que nous avons décrits dans la coquille (ûg. 207, c). Le manteau est formé par deux lames, qui se séparent en certains points pour former ici des sinus sanguins (rf, e), là des cavités contenant les organes génitaux.
Sa face externe est limitée par une couche de cellules ciliées, et sa couche fondamentale est un tissu conjonctif, de consistance cartilagineuse, qui se continue sur toute la paroi du corps.
BRAS DES BRAGIIIOPODES.
Sur son bord épaissi, se trouvent de longues soies {p), disposées par groupes, ou en revêtement continu. Ces soies, qui ne manquent que dans l'Argiope et la Thécidîe, sont sécrétées comme chez les Chétopodes dout y^.
des invaginations tubulaires de l'exoderme.
Entre les deux lobes du manteau, se trouve une vaste cavité palléale, au fond de laquelle est la bouche. La cavité palléale est occupée presque tout entière parles bras. Quant au sac viscéral proprement dit, il est réduit à très peu de chose. Il est relégué au fond de la valve ventrale, à la partie postérieure, et encore est-il rétréci par les muscles qui sont logés à son intérieur.
Bras. — Les bras, insérés de part et d'autre de la bouche, sont généralement enroulés en spirale à leur extrémité. Ils sont couverts de cirres, Ans et très nombreux, arrangés en zigzags ou en double file.
Fig. 307. — Coupe du bord de la coquille de Waldheimia auslralis, et du manteau qui y est attaché : b, coquille avec ses éléments prismatiques ; c , papilles palléales pénétrant dans la coquille ; d, grand sinus palléal ; e, vaisseau marginal ; f, paroi palléale externe; i;, couche externe réticulée, où s'attachent les papilles; /(, couche homogène;?, feuillet interne ; y, épithélium; /c, membrane qui revêt le sinus palléal; /, son eudothélium; lacunes palléales externes; 71, lacunes palléales internes; 0, repli marginal; p, une des soies; 7, son follicule; j-, prolongement de la masse glandulaire du follicule (Hancock).
VERS CILIÉS
Les bras peuvent présenter des dispositions variables.
Le cas le plus simple est celui des Lingules et des Ilhynchonelles, où les bras sont entièrement libres et s'enroulent en deux spirales, d'une longueur parfois très grande, dont le sommet est tourné vers l'extérieur {Lingule) ou vers la valve dorsale [Rynchonellé).
Dans tous les autres types, les bras se soudent sur une plus ou moins grande partie de leur longueur avec le manteau. Dans les Térébratules par exemple, la base fixée de chacun des bras part de la bouche, se dirige en avant, puis revient brusquement en arrière parallèlement à sa première direction. Arrivée non loin de la bouche, le bras se sépare du manteau, et son extrémité, entièrement libre, s'enroule en une spirale verticale, légèrement oblique, à sommet externe.
Chez YArgiope, la soudure des bras au manteau est complète; il semble dès lors que ceux-ci sont remplacés par un disque brachial en fer à cheval, fixé à la valve dorsale du manteau, et embrassant la bouche au milieu de sa partie convexe. Ce disque est couvert de cirres tabulaires disposés en une rangée unique et continue.
La même disposition se présente chez la Thécidie^ et YArgiope decollata, mais avec un peu plus de complication, le disque brachial présentant quatre cornes antérieures au lieu de deux, par suite de l'allongement des bras.
Appareil apophysaire. — Les bras sont le plus souvent soutenus, au moins en partie, par un squelette calcaire de conformation variable, attaché à la valve dorsale, et nommé Yappareil apophysaire.
Dans sa forme primitive, qui se retrouve dans les Brachiopodes les plus anciens, il s'étendait dans toute l'étendue du bras, et avait la forme d'un double cordon calcaire enroulé en une spirale conique et inséré sur le bord cardinal de la valve dorsale par deux apophyses. Le sommet du cône pouvait être d'ailleurs dirigé latéralement {S^irifer), obliquement [Athyris) (fig. 305, B), ou verticalement [Atrypa).
Chez les autres Brachiopodes, cet appareil subit une réduction à divers degrés, et sa conformation est un des caractères les plus importants de la classification.
Il n'est en général conservé que dans les parties des bras qui sont soudées au manteau. C'est ainsi qu'il est accolé complètement à la valve dorsale dans les Argiopes et les Thécidies.
De même, dans les Térébratules (fig. 308), il est formé par deux rubans calcaires partant du bord postérieur de part et d'autre de la ligne médiane, s'avançant vers le bord antérieur, revenant