APPAREIL DIGESTIF DES BRACIIIOPODES
en arrière, et se réunissant enfin par une anastomose transversale.
C'est, on le voit, le trajet que nous avons indiqué pour la partie basilaire des bras.
Enfin dans les Rliynchonelles l'appareilestréduit h deux courtes apophyses [crura] parlant du bord cardinal de la petite valve, et, chez Jes Brachiopodes Inarticulés, il manque complètement.
Il résulte de cette disposition, que les bras acquièrent une certaine mobifité. Ils peuvent, chez la Rhynchonelle, saillir hors de la coquille, et effectuer des mouvements plus ou moins étendus dans les autres.
Il est probable que dans le groupe fossile des Productus, qui manque d'appareil apophysaire, il en était de même.
Rôle et structure des bras. — Dans leur partie libre, les bras sont constitués par un tissu fondamental cartilagineux, creusé de cavités où circule le sang. Ces cavités sont en rapport avec les tubes qui occupent l'intérieur des cirres. La plus grande partie de la surface externe de l'appareil brachial est couverte par un épithélium cihé.
Le rôle de cet appareil, qui a donné lieu à bien des hypothèses, paraît être uniquement d'assurer la respiration et la 308. — Terebralula numismalis. — A, test préhension entier. — B, la valve dorsale montrant l'ap- " ' pareil apophysaire.
La première fonction,
qu'il partage avec le manteau, est évidente, la seconde est aussi incontestable. Les bras sont en effet creusés d'un sillon médian sur les bords duquel se trouvent soit deux rangées de cirres, soit une rangée de cirres et un repli rubané continu.
C'est le long de cette gouttière que se trouvent disposés les cils vibratiles, sur les faces internes et latérales des cirres, sur la face interne du ruban et dans le fond même du sillon. Leur mouvement produit un courant qui descend le long de chaque bras, jusqu'à leur base. C'est là que se trouve la bouche, au point où les deux gouttières se continuent l'une par l'autre.
Appareil digestif. — Ainsi amenées par les cils dos sillons brachiaux, les particules alimentaires pénètrent dans le tube digestif.
Celui-ci est tapissé partout par un épithélium cilié, et son tissu conjonclif est de consistance cartilagineuse. Il se présente sous deux types très différents.
VERS CILIÉS
Chez les Articulés, il a la forme d'un siphon, dont l'œsophage, dirigé en avant représente la petite branche; l'estomac occupe le sommet, et l'intestin, formant la grande branche, se dirige en arrière, et s'amincit peu à peu. Il finit en Ccccum, et son extrémité libre vient s'attacher à la partie postérieure de la valve ventrale (fig. 311, f).
Le tube digestif des Inarticulés (fig. 309) présente au contraire un anus (a) débouchant dans la cavité palléale sur le côté droit et plus près du lobe ventral. Celte disposition propre aux Discines
et aux Lingules se modifie chez les Cranies, où l'anus est jjlacé à la partie postérieure, au point où se trouverait l'insertion du pédoncule. L'intestin se compose des mêmes parties que chez les Articulés, mais, après plus ou moins de circonvolution, il se termine par un rectum renflé.
Dans l'estomac débouchent les conduits hépatiques, dontle nombre varie de 2 [Argiope) à S {Lingula). Le foie est une glande en tubes ramifiés, dont les lobes sont divisés en lobules secondaires, eux-mêmes formés de cœcums sécréteurs, tapissés par un épithélium glandulaire non cilié.
Le tube digestif tout entier est soutenu par des lames médianes mésen- Fig. 309. — Anatomie delà Lm- tériques, et par des rubans gastro- et
gula anatina. — b^'bonch.Q; Uéo-pariétaux, unissant l'estomac et CE, œsophage e, estomac;//., , . , , , ,
oriBce des canaux hépatiques 1 mtestm aux deux valves de la codans le tube digestif; i, in- quille.
testin; a, anus; m, m\ mé- APPAREIL CIRCULATOIRE. — L'existence
scntèrGs.
de l'appareil circulatoire décrit par Hancock a été révoquée en doute ; mais les recherches de Blockmann, en 1885 (1), en démontrent la présence chez un grand nombre de Brachiopodes, bien que sa disposition exacte demande encore des recherches.
Le cœur (fig. 310, p) est un vaisseau dorsal uniloculaire contractile, placé dans le mésentère dorsal de l'estomac
Son vaisseau afîérent, que l'on peut appeler veine branchioviscérale (a), vient de la partie antérieure et court dans le mésen-
(1) Blockmann. Z. a., t. VIII, 1885.