‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 171 sur 412 · IV. O. Malacobdellidés. — Malticobdella · texte numérisé non relu

IV. O. Malacobdellidés. — Malticobdella

On désigne sous le nom de Plathelminthes des Yers à symétrie bilatérale, dépourvus de cavité générale; l'espace compris entre l'entoderme et l'ectoderme larvaire est de bonne heure comblé par un tissu conjonctif, qui persiste chez l'adulte et remplit tout l'espace que n'occupent pas les organes. Ces caractères sont absolus et permettent de séparer nettement cette classe des autres classes de Vers ; mais suffisent-ils pour y étabUr une réelle homogénéité? En fait, si les Turbellariés, les Trématodes et les Cestodes peuvent être réunis en un même groupe d'une grande homogénéité, les Némertes s'en éloignent beaucoup, et il est permis de se demander si ces deux groupes ne sont pas indépendants l'un de l'autre.

Les animaux qui constituent le premier groupe ont le corps très aplati et relativement court; ils sont dépourvus d'anus. Leur système nerveux est composé de deux ganglions et des nerfs qui en rayonnent; parmi ceux-ci, deux nerfs ventraux symétriques sont prédominants. Il existe un système excréteur formé de canalicules ramifiés intra-cellulaires, dont chaque branche se termine par un cul- de-sac obturé par une cellule pourvue d'une flamme vibratile. 11 n'y a pas d'appareil circulatoire. Les appareils génitaux sont compliqués et pourvus d'organes d'accouplement; les sexes sont réunis sur chaque individu. Il n'est pas douteux que les Turbellariés, d'une part, et les Trématodes et les Cestodes de l'autre, ne soient respectivement des formes libres et parasites correspondant à un même type. Les

(l) HuBiiECHT. Eucycl. Brit., t. XVII, Niederl. Arch., t. II, 1874. — Mac Intosu, Ray Soc, 2 vols., 1873-74. — Jocuin, A.Z. £.2= s6r., t. I, 1890.

CARACTÈRES DES PLATRELMINTIIES. Sidifférences qui les séparent sont dues aux diverses adaptations propres à chaque groupe.

Caractères spéciaux des trois premières classes de Platiiel- MiNTUEs. — Les Turbellariés sont uniformément ciliés ; les ïrématodes et les Cestodes sont dépourvus de cils et munis de ventouses.

les Turbellariés et les Trématodes sont, au moins en apparence, des formes simples. Le corps n'est pas divisé en régions, et si l'on observe parfois une répétition régulière des organes [Gunda), on ne voit jamais de zoonites se produisant par bourgeonnement. Nous reviendrons sur l'importance qu'il faut attacher à cet arrangement linéaire.

Au contraire les Cestodes sont composés de parties adaptées bout à bout, parfaitement semblables entre elles lorsqu'elles sont arrivées à maturité. Le segment terminal seul est spécialement conformé ; c'est celui par lequel le ver s'attache aux parois de l'inlestm de son hôte : on l'appelle scolex et les autres segments se nomment proglottis. Le scolex (communément la lête du Ténia) est arrondi ou aplati, pourvu de ventouses et parfois de crochets. Il se continue par une portion rétrécie qui est le siège d'un bourgeonnement très actif et continu; c'est là que se différencient les proglottis, séparés d'abord par des sillons très rapprochés et augmentant de volume à mesure qu'ils sont plus âgés et plus éloignés du scolex. Quelques Cestodes, cependant, sont simples - ils ont été longtemps pris pour des Trématodes ; on les classe actuellement avec les Cestodes, parce qu'ils ont exactement l'organisation des proglottis et, en particulier, sont dépourvus de tube digestif.

Deuxième groupe des Plathelminthes ; les Némertes — Le second groupe des Plathelminthes, celui des Némertes, présente des caractères bien différents. Les animaux qui le composent sont cihes comme les Turbellariés, mais ils sont cylindriques et très allongés. Leur tube digestif est droit et pourvu d'un anus terminal II y a un appared circulatoire distinct, dont l'appareil excréteur semble être, au moins morphologiquement, une dépendance. Les sexes sont séparés; les organes génitaux sont extrêmement simples et toujours dépourvus d'organe d'accouplement. Un organe absolument constant chez les Némertes et présentant la p us grande importance, c'est une (rompe très allongée, pouvant être projetée au dehors ou retirée dans une gaine. Cette trompe est absolument indépendante du tube digestif et s'ouvre au-dessus de la bouche. Le système nerveux présente encore deux ganglions e deux nerfs latéraux, situés au-dessus de l'œsophage ; mais de p us II existe un collier qui, parlant de ces nerfs, entoure la tromne et aboutit à un nerf dorsal et médian. ^

o48 PLATHELMINTIIES.

On voit par cet exposé que les Némertes s'écartent notablement des autres Plathelniinthes, et que c'est à tort qu'on les a considérées comme un simple ordre des Turbellariés. On doit les regarder comme un groupe distinct, opposé au premier qui comprend luimême les Turbellariés, les Trématodes et les Ceslodes. C'est ce qui va ressortir encore de l'étude détaillée de chacun des organes. L'histoire du développement confirme pleinement cette manière de voir.

§ 1. — Morphologie extérieure.

Forme du corps. — Nous avons pu indiquer, dans l'exposé des

caractéristiques des groupes, les principaux faits de la morphologie extérieure. Les Turbellariés et les Trématodes sont toujours des animaux à un seul segment. Les premiers, menant une vie libre, ont le corps couvert de cils vibratiles.

Tandis que la plupart des t^'pes de grande taille sont larges et aplatis, les plus petits sont allongés et cylindriques. Contrairement à ce qui a lieu dans la plupart des cas, où la portion antérieure est la plus large, il est un certain nombre d'espèces où il se forme en avant un prolongement pointu, plus ou moins rétractile, qui devient chez les P)'ostomum une longue trompe pouvant se retirer dans une gaine ou faire saillie au dehors. Plus souvent (Fb?'iiceros, plusieurs Dendrocèles), il se forme des tentacules, qui peuvent être des organes solides et contractiles, ou des prolongements contenant des diverlicules intestinaux [Eurylepla, Thi/sanozoo7i) . Il ne faut pas les confondre avec les papilles qui se développent parfois en nombre considérable sur tout le corps de certains types {Thysaiiozoon) (fig. 312).

Le corps des Trématodes peut présenter, lui aussi, toutes les formes, depuis celle d'une lame plaie jusqu'à celle d'un cordon plus ou moins cylindrique. Ils n'ont jamais de cils vibratiles. Il

Page 1