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MORPHOLOGIE EXTÉRIEURE DES CÉPHALOPODES

pas produite, et le Dentale a conservé sous ce rapport les dispositions propres aux Gastéropodes.

L'animal, qui habite une coquille en forme de dent d'éléphant (fig. 339 A), vit plongé dans le sable des côtes à une certaine profondeur. Il est enveloppé par un manteau tiibulaire comme. la coquille qu'il sécrète; dans la larve, ce manteau est formé de deux lobes, comme chez les Acéphales ; ce n'est que plus tard qu'ils se soudent à la face ventrale, ne manifestant leur indépendance primitive que par deux fentes placées en avant et en arrière (Qg. 339 B).

Le processus qui a donné naissance au manteau des Acéphales se retrouve donc; la soudure des bords des deux lobes, déjà très accentuée dans ce groupe, est poussée ici à l'extrême!

La cavité paUéale est ouverte aux deux extrémités, l'orifice antérieur étant le plus grand.

La masse viscérale n'occupe que la moitié postérieure de la cavité palléale ; elle a la forme d'un cylindre allongé peu proéminent, soudé par la partie dorsale au manteau. En avant se trouve la tête {bulbe buccal de Lacaze-Duthiers), cylindrique et portant la bouche à son extrémité (Qg. 409). Sa base est entourée d'une couronne de cirres tactiles.

Au même niveau naît le pied, cylindrique et terminé par une extrémité trilobée (fig. 339 B,,p). L'anus est près de la bouche sur la ligne médiane ventrale. Ce phénomène ne résulte pas d'une torsion comme chez les Gastéropodes, mais bien dune flexion ventrale, comme cela tend à se produire chez certains Lamellibranches, et comme nous allons le voir encore chez les Céphalopodes.

MoRPnoLOGiFC EXTÉRIEURE DES CÉPHALOPODES. — Lcs Céphalopodes^ S éloignent beaucoup plus des animaux que nous avons .lusquici étudiés. Ils se sont détachés de très bonne heure de la souche commune, et ont conservé dans leur anatomie un grand nombre de caractères ancestraux. Ils constituent ainsi un phylum d.stmct, qui a atteint une différenciation très élevée, mais dont on peut reconnaître par plusieurs points l'antique origine

Le corps a la forme d'un sac volumineux, présentant à son extrémité antérieure une tête énorme (fig. 360), portant de gros yeux latéraux, et séparée du reste du corps par un étranglement

A 1 extrémité de la tête, se trouve la bouche, qui est entourée par une couronne de longs bras, caractéristiques du groupe Us bras sont le résultat d'une difi-érencialion spéciale du pied" qu., chez ces animaux, a quitté la place que nous lui avions reconnue jusqu.ci et est venu entourer la tête. Cette modification

n'a rien qui doive nous étonner; car, chez tous les Mollusques, le pied apparaît comme un organe réellement céphalique. Il ne se développe généralement que sur la face ventrale. Chez les Céphalopodes, seuls, il s'accroît d'une façon absolument régulière.

Chez les Téirabranchiaux [Nautilus) ces bras sont extrêmement nombreux (fig. 361). Le pied se divise en deux parties. La portion interne forme deux lobes latéraux, portant chacun

douze tentacules. A ces deux lobes s'ajoutent chez la femelle un lobe ventral médian, portant quatorze à quinze tentacules, et chez le mâle un organe singulier, le spadice, corps conique couvert de lamelles imbriquées et jouant sans doute dans l'accouplement un rôle analogue à celui des hectocotyles.

La portion externe du pied entoure la tête, et forme au-dessus d'elle un épais capuchon, dont les deux lobes portent chacun dix-neuf tentacules, dont deux médians volumineux. Sa partie postérieure se rabat sur la coquille.

Tous ces tentacules sont des tentacules musculaires et rétracliles.

Chez les Céphalopodes Dibranchiaux , l'appareil brachial est beaucoup moins compliqué; il se compose de huit bras égaux rangés en cercles autour de la bouche.

Chez les Décapodes, il vient s'y ajouter deux autres bras, les bras jiréhensiles, placés au dedans du cercle formé par les autres, et différents de ces derniers. A l'état de repos, ils peuvent se rétracter en tout ou en partie dans des sacs basilaires.

Sur ces bras sont fixées d'une façon constante des ventouses tantôt scssiles, tantôt portées par un petit pédoncule. Leur bord est renforcé d'un cartilage, tandis que le fond est occupé par un

Fig. 3G0. — St'piola liondelvlii Leach.

MORPHOLOGIE EXTÉRIEURE DES CÉPHALOPODES, muscle puissant; celui-ci en se rétractant soulève le fond de la ventouse, dont les bords sont appliqués contre la proie que l'animal saisit, et le vide partiel ainsi produit dans la cavité de la ventouse maintient solidement celle-ci contre le corps extérieur.

Ces organes sont régulièrement rangés sur la face orale des bras, et à l'extrémité élargie des bras préhensiles, quand ceux-ci existent.

Dans certains types, ces ventouses sont remplacées par des ten-

Valenciennes a le premier émis l'idée que cet appareil brachial n était qu une modification de celui du Nautile, les ventouses rep esen ant les tentacules de ce dernier. Cette explication semble

récemment par Grobben (1). Suivant lui, les bras des Céphalopodes n auraient absolument rien de commun avec le pied U seraient des appendices céphaliques, spéciaux aux Céphalo-

(!) GitoBBEN, Arl). Wicu, t. V, ISfi-i. R. PEnmEK. — Anat. couip.

podes. Cette hypothèse n'a d'autre but que d'homologuer ces animaux aux Scaphopodes. Les bras céphaliques seraient les homologues des tentacules du Dentale, et différeraient des tentacules du Nautile, eux-mêmes correspondant aux cirres du Dentale. Mais l'homologie des deux groupes n'est rien moins que prouvée, et, malgré l'autorité du savant autrichien, sa manière

de voir semble moins exacte que celle d'Huxley que nous avons exposée.

Le manteau entoure tout le corps comme un sac ; mais il est soudé à lui dans toute sa région dorsale, et ne s'en sépare que ventralement pour constituer la cavité palléale. C'est là comme toujours que se trouvent les branchies et les divers oriQces de sortie. La cavité s'ouvre en avant par une large fente (fig. 362), livrant passage h l'eau d'inspiration. A ce niveau existe un organe nouveau, Ventonnoir, formé chez le Nautile de deux lobes, qui, en s'apphquaut l'un contre l'autre à leur extrémité distale, forment un court tube cylindrique longitudinal.

Chez les Dibranchiaux, ces deux lobes sont soudés, et le tube qu'ils forment est permanent. Lorsque le bord du manteau vient s'appliquer sur ses parois, c'est lui qui met en communication la cavité palléale avec l'extérieur. C'est ce qui a toujours lieu au moment du passage du courant d'eau d'expiration, qui sort ^^^^^^^ l'entonnoir. Celui-ci joue par là même un rôle remarquable dan la locomotion. Lorsqu'en effet l'animal contracte br^quement son manteau, l'eau sort avec force par 1 entonnoir, et la i eaction projette l'animal en arrière par un choc en retour.

L'entonnoir est comparable, comme l'a montre Huxley, al p. podium des Gastéropodes. Son orifice est dans cerlams cas ferme par une valvule. »

Fig. 362. — Face ventrale à'Octopus vulf/aris. — p, bras; ent, entonnoir; M, manteau; bm, son bord libre; a, anus; ve, valvules en nid de pigeon, arrêtant l'eau pendant l'expiration et la forçant à passer par l'entonnoir; /n, piliers musculaires de l'entonnoir.

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