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PRODUCTIONS CALCAIRES DES AMPIIINEURES

Le pied ne joue plus qu'un rôle restreint dans la locomotion. Celle fonction est remplie, chez les Mollusques nageurs, par des lobes membraneux, placés sur les côtés du corps, les nageoires. Leur forme varie suivant les types. Étendues d'un bout à l'autre du manteau chez la Seiche, elles sont triangulaires chez le Calmar, et semi-circulaires chez la Sépiole (ûg. 360).

Le Poulpe n'en offre pas ; la locomotion se fait chez lui d'une tout autre manière. Les bras sont réunis à leur base par une membrane qui forme une espèce d'entonnoir, dont la cavité s'agrandit et se rétrécit alternativement, et qui, par ces mouvements, entraîne le déplacement de l'animal,

La position antérieure de l'anus, des branchies et de la cavité palléale, qui s'ouvre en avant, s'explique facilement par une flexion ventrale. La cavité palléale campanifonne des Amphineures se serait soudée à la face ventrale du corps et aurait donné la profonde poche palléale des Céphalopodes. L'anatomie comparée donne des traces de cette flexion. En effet, chez le Nautile lu paroi qui limite ventralement la cavité palléale, au lieu d'être, comme chez les autres types, un simple repli tégumeutaire abandonné par les organes, est réellement une portion du corps. Les glandes nidamentaires de la femelle et ses orifices génitaux sout nettement ventraux. L'anus, le cœur l'insertion des branchies sont placés au niveau même du pli. Tous ces organes sont, chez les Dibranchiaux, reportés très en avant ; la céphalisation y est bien plus avancée.

§ 2. — Coquille.

A part quelques exceptions où elle a disparu par suite d'une adaptation secondaire ou d'une dégradation organique, une coquille existe chez tous les Mollusques, et protège extérieurement la masse viscérale du corps.

Productions calcaires des amj'hweures.

— Les Neomenia et les Chœtoderma sontles seuls où on peut considérer l'absence de coquille comme un caractère primitif. La peau est chez ces Mollusques hérissée de soies calcaires extrêmement fines, qui lui donnent un aspect velouté.

Dans les C/iilon, ces soies sont encore ™«-__^ représentées sur les bords du manteau; Fig. 3G3. -"p^T^MionKs. dans certaines espèces, se montrent en — Acanlhopleura acuoulre, de distance en distance, des bouquets

de soies raides, chiiineuses, assez longues. Mais la partie la plus importante de l'appareil squelettique est formée par une série médiane de huit plaques transversales, couvrant la plus grande partie de la face.dorsale (fig. 363). Ces plaques s'articulent les unes avec

les autres. Leur structure n'est pas la même que celle des coquilles des Mollusques. Plongées dans l'acide chlorhydrique étendu, elles se ramollissent, mais ne disparaissent pas complètement comme les autres coquilles. La substance ainsi obtenue, élastique comme du caoutchouc, n'est pas attaquée par la potasse caustique, même en ébullition (de Rochebrune).

Coquille des Gastéropodes. — La coquille typique des Gastéropodes (fig. 364) a la forme d'un cône enroulé en hélice autour

d'un axe ou d'un cône vertical idéal.

On appelle co/ume/Ze la portion des tours de spire contiguë à cette portion centrale. Comme les tours de spire se touchent, elle forme elle-même un axe ou un cône solide, produit par l'enroulement hélicoïdal d'une bandelette plane autour d'un axe ou d'un cône.

Lorsque cette columelle est creuse, on dit la coquille ombiliquée [Solarium, Hélix).

Indépendamment des ornements variés que la coquille peut porter, sa forme générale dépend de quatre facteurs :

1° L'ouverture du cône formé par la spire déroulée. Suivant que l'angle d'ouverture est grand ou petit, la co- Coiipe a'uneco- quille est surbaissée (Hélix) ou turricuquille de Triton corrugatus. lée (Cérithe) ;

- s, sommet ; sp, portion g" La forme même de ce cône ; sa secsupéneurede laspire, abau- . . ~.

donnée par l'animal, et tion peut être en effet presque circucloisonnée un grand nom- laire, OU à peu près carrée. Dans le

tome; se, siphon ; c/;, canal tours voisins par des sillons profonds, postérieur du péristome n'existent pas dans le second ; (WooDWABi),. g„ mode d'enroulement. Générale-

ment, les tours de spires sont contigus sans jamais se recouvrir; tous sont alors également visibles. Il est des cas cependant où chaque tour recouvre les précédents, de façon que l'un des bords de chacun d'eux est seul visible sur une très petite étendue [Cône). Enfin chez les Cyprées, le recouvrement est complet et le dernier tour seul est visible. Pour apercevoir les autres, il faudrait faire une coupe transversale de la coquille; leurs parois apparaîtraient alors, formant une spire interne; 4° Enfin, la forme de la coquille dépend du développement

COQUILLE DES GASTÉROPODES. 639 du dernier tour de spire et de ia nature du péristome. Le dernier tour de spire, au lieu d'être semblable aux autres, peut en effet être ventru, et dépasser considérablement les premiers en grosseur (Casque, Cassidaire, Haliotis, etc.)-

L'enroulement de la coquille suivant naturellement celui de la masse viscérale, la plupart des coquilles sont dextres- on les reconnaît par le fait que, placées la pointe en haut, et l'ouverture tournée vers l'observateur, elles montrent cette ouverture à droite; elle serait à gauche dans les espèces sénestres. ^ Péristome. - Fréquemment les bords de l'orifice de la coquille n offrent rien de remarquable ; le test se continue jusqu'à lui sans se modifier en rien, et la coquille s'accroît d'une façon régulière • on peut voir, tout le long, des stries transversales très rapprochées, parallèles au bord, et indiquant les phases successives de 1 accroissement, dont elles décèlent la continuité

Mais d'autres fois le bord se complique. Il se forme des bourrelets volumineux sur la lèvre libre de l'orifice, des cals sur le bord columellaire. La lèvre externe peut s'élargir en forme d'aile, et être mume de longs prolongements et de digitations, comme dans es Strombidés. Elle peut même, comme chez la Cyprée «e réfléchir en s'enroulant en dedans. Dans ces conditions, l'accroissement semble se faire d'une façon différente; mais le processus n en est pas connu. On a dit, à la vérité, que ces modifications ne se produisaient que lorsque l'animal était adulte, et qu'à partir de ce monient il ne s'accroissait plus. Mais cette opinion n'est pas soutenable dans la plupart des cas. Si on examine la coquille

ooHe n r' 1 T ^^'"'^ °" ^°-tate qu'e

porte outre le bourrelet terminal, un certain nombre d'autres bourrelets identiques, régulièrement espacés, qu'on appelle

ou le bord du péristome est armé de piquants ou de prolono-e ments rameux. Ceux-ci se retrouvent identiques sur les vad": Ce a „,ontre, à n'en pas douter, que l'animal peut subir un nouvel accroissement après la formation d'un péristome différencie U existe dans ce cas, des périodes d'accroissement rapide et d'autres périodes où la taille reste stationnaire. Mais on ne connaît pas réellement le procédé suivant lequel se fait cet accroissemen .

formZ^- T P'"^ '""^'^'^-'^ est la

ormation, a la partie antérieure, d'une gouttière plus ou moins

ngue, qu on appelle le sipkon. Il sert de passage à une go -

lié e analogue du manteau, par où l'eau arrive dans la cavU,^

pal ea e, e que nous décrirons sous le nom de siphon palla/

Chez les Mure., etc., le siphon forme un tube presque comp et

Suivant qu'il est présent ou absent, la coquille est dite siphonostome ou holoslome.

Disparition de la spire. — Comme nous avons vu que la masse <Iii corps pouvait se réduire au dernier tour de spire, de même la coquille peut totalement manquer de tortillon. C'est ainsi que se forment les coquilles coniques des Insswelles, des Patelles, des Hipponyx, des Concholepas, etc. Dans tous les cas où on a pu faire fcmbryogénie, on a d'ailleurs constaté que dans la période larvaire la coquille était spiralée.

Dans certains cas, on peut saisir sur le fait cette disparition de la partie postérieure de la coquille. Très fréquemment, en effet, l'animal n'occupe pas toute la cavité de la coquille; il se retire peu à peu en abandonnant le sommet, et sécrète en arrière des cloisons transversales qui isolent les parties abandonnées (Qg. 364). 11 arrive alors dans quelques genres que l'extrémité vide de la coquille se casse; c'est ainsi que se forment les coquilles du Bulimus decollatus et du Csecum. Dans ce dernier genre, le dernier tour est déroulé, et à l'état adulte la spire n'existe plus.

Structure do test (I). — Le test a une structure assez complexe. Ou peut y distinguer généralement trois couches :

1» Une cuticule externe on perioslrucum, non calcaire et peu constante; c'est cette couche qu'on nomme épiderme et qui, quand elle est très développée, forme le drap marin.

1° Une couche calcaire formée de prismes verticaux; le carbonate de chaux y est sous la forme d'aragonile. . .

3» Une coiic/ie nacrée qui n'est bien développée et n'a les reflets irisés caractéristiques que dans les lihipidoglosses, mais qui est plus ou moins représentée partout. Elle est formée par des lamelles superposées, alternativement calcaires et organiques; les premières sont composées de prismes calcaires juxtaposés, parallèles entre eux, mais obliques par rapport a la coquille; et les secondes par une matière organique, la conchioline. Ce sont ces couches successives qui, agissant comme des lames minces, produisent ces jeux de lumière qui donnent à la nacre un aspect irisé.

La coquille est sécrétée par le manteau.

Le périostracum est une formation cuticulaire, produite par un petit nombre de cellules, logées dans un sillon qui occupe le bord extrême du manteau. C'est également le bord du manteau qui forme la couche calcaire. (Juant à la couche nacrée, elle semble produite par toute la surface du manteau; c'est elle qui épaissit la coquille. C'est encore elle probablement qui répare les fractures du lest. . . * »

Chez cei'taines coquilles, comme la Cyprée, la couche externe du test est une couche spéciale brillante, vivement colorée. Dans ces types, le manteau dépasse de beaucoup la coquille et forme deux ailes, qui se relèvent a .Iroile et à gauche sur le péristome. Ces ailes n'ont pas perdu leur faculté sécrétrice, et ce sont elles qui déposent sur la surface externe de la coquille la couche porcelauée caractéristique.

DiivELOPPEMiîWT DE LA COQUILLE. — La coquiUc dcQultive n'est pas celle qui [ucnd naissance dans l'invagination préconchylicune de la larve. Cette der-

(I) Longe et Mer., C. II., t. XCI, 1880.

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