LAMELLIBRANCHES ABERRANTS
Le mono- et le di-myarisme correspondent simplement à divers stades devenus permanents d'un même processus d'évolution.
Impression palléale. — Le bord du manteau forme également sur la coquille une impression spéciale, placée sur tout son pourtour. C'est le point d'attache des muscles rétracleurs du bord du manteau, qui font rentrer ce dernier à l'intérieur de la coquille.
Lorsque le manteau présente des siphons très développés, l'impression palléale présente en général une échancrure postérieure, le sinus palléal, qui correspond à la ligne d'insertion des muscles rélracteurs de ce siphon. Le sinus palléal n'existe pas chez les Siphonés à siphon peu développé.
Lamellibranches ABERRANTS. — Un certain nombre de Lamellibranches s'écartent du type général et doivent être étudiés spécialement. Parmi ces Mollusques aberrants, les Pholades sonlles moins modifiées. Elles ont une coquille bien développée à valves bâillantes sur presque toute leur étendue. Mais la région cardinale s'est renflée au point qu'elle surplombe le crochet. Quand les valves sont au contact l'une de l'autre, c'est par cette région qu'elles se touchent, le crochet et le bord cardinal étant en dedans, écartés pig. iQi^'^oias dacde la ligne médiane. Il n'existe plus ni liga- <y'"5,danssaposition ment ni charnière. L'ouverture des valves de la coquille est effectuée par une portion du muscle antérieur, qui vient s'insérer sur la portion surplombante. Au crochet est attachée une longue apophyse recourbée, qui sert d'insertion au muscle élévateur du pied.
Le manteau déborde, sur la face dorsale, en dehors de la coquille, et recouvre la zone d'adossement des deux valves. Cette portion du manteau, comme le reste, sécrète une substance calcaire qui forme des valves adventives dorsales • leur nombre varie de 1 à 5 (fig. 367).
La partie inférieure de la coquille est munie de dents très fortes • on a dit qu'elles permettaient k l'animal, grâce au jeu particulier des muscles, de perforer les rochers en agissant comme une râpe, et de s'y creuser un trou où il passe sa vie. Mais cela est peu croyable, le calcaire étant beaucoup moins dur que le granit
normale.— a, les deux plaques antérieures ; b, la plaque postérieure. (Entre les deux, se trouve une quatrième plaque transversale, très petite, qui n'est pas visible sur la figure.)
Fischer pense que le pied est pourvu de particules très dures, agissant comme du papier émeri. C'est un fait constaté pour les Tarels, connus depuis longtemps parles dégâts qu'ils commettent
sur les bois en contact avec la mer.
Bien que proches parents des Pholades, ces derniers (fig. 368) sont bien plus modifiés. Leur coquille bivalve est tellement échancrée en avant et en arrière, que l'ensemble des deux valves est réduit presque à un anneau (a). A la partie antérieure, émerge le manteau [h) ne laissant qu'une petite fente par où peut sortir le pied. En arrière, le manteau se prolonge en un tube {d), qui donne à l'animal un aspect vermiforme. Ce tube se bifurque à son extrémité et se continue par deux longs siphons (/", g.). La cavité du tube palléal elle-même est divisée par une cloison longitudinale en deux rampes qui correspondent aux siphons.
Le tube et les siphons sont enfermés à leur tour dans un tube calcaire assez irrégulier. Mais il n'y a d'adhérence qu'au point où commencent les deux siphons.
Là, se trouvent un muscle obturateur annulaire, et un muscle transversal, qu'on considère comme représentant le muscle postérieur des Lamellibranches ordinaires. La formation de ce tube siphonal est déjà indiquée dans certaines formes non aberrantes, les Myes, les Pholadoiwjcs, qui sécrètent autour de leurs siphons, un tube résistant, en continuité avec le périostracum de la coquille, cl n'en est que
manteau, percé d'uue le prolongement. . étroite boutouûière ; c, En ce point s attachent aussi deu.x coquille très réduite ; advenlives, les palellts (e), qui se
?ouÏÏ;VI'°"pî'oi 'ùmiS- .-abauenlsur les sipl.ons rélraclés rateur ; g, siphon expi- La famille des G aslrochénides est sourateur (de Quatrefaoes). ^^^^ rapprochée des types précédents, bien que ses affinités soient douteuses. La coquille, très largement bâillante, se réduit, tandis que se forme un long tube adyenUf. sécrété par les siphons énormément allongés. Le genre basho-
Fig. 368. — Teredo fatalis.
— a, corps de ranimai; 6, bourrelet aiitéricm- du