MANTEAU ET CAVITÉ PALLÉALE DES GASTÉROPODES
véritable cavité. C'est là que déijouchent sur trois petites papilles l'anus et les deux conduits rénaux.
Celte cavité représente la cavité palléale des Solénogastres ; par suite d'une torsion de 180», elle a été.amenée tout à fait en avant, en même temps que l'anus et les oriQces urinaires. Elle correspond exactement à la vaste cavité palléale que nous allons retrouver dans la plupart des Gastéropodes, et qui a été aussi amenée en avant, parla torsion signalée plus haut.
Chez ces derniers, nous allons avoir à examiner tout d'abord le manteau et la cavité palléale en elle-même; en second lieu les organes palléaux, qui ne sont que des replis de la surface inférieure du manteau, à savoir :
1° Les branchies (Bt-) ;
2" Les organes de Spengel iSp) ;
3" Les glandes à mucus (gm).
ÎVIanTEAU et CAVITÉ PALLÉALE DES GASTÉROPODES (1). — Prise
dans son ensemble, la cavité pi;?. 379 palléale des Gastéropodes est très vaste ; elle s'étend parfois loin dans le tortillon, et elle est comprise entre la masse céphalopédieuse et le manteau. Celui-ci est rattaché à
— Anatomie de LiUoridina Gaudichaudii, Eyd. et Soul. —il/, bulbe buccal; T, tentacule; oc, œil; m, muscle columellaire; s,s\ glandes salivaires ; œ, œsophage; f, foie ; l, lacune veineuse courant tout le long du foie; /, rectum ; 0, oreillette; r, ventricule; /?, rein; 17», glande néphridienne; r, oriûce du rein dans la cavité palléale ■ Br, branchie ; Sp, organe de Spengel ; ffm, glande à mucus ; t, testicule; vd, canal déférent ; pénis (Souleyet).
la première, le long de ses deux bords latéraux; il est libre en avant, et c'est par Ik que la cavité palléale s'ouvre à l'extérieur. ^ Par suite de la disposition de la masse viscérale spiralée, qui s est enroulée sur le côté droit, la cavité palléale a été reietée vers la gauche, elle s étend donc obliquement de droite à gauche en arriére.
Le manteau est une production essentiellement autonome, qui n est une dépendance morphologique d'aucune autre partie du
(I) F. BEBNAno, A. S. N., 7<> série, t. IX, 1890.
corps. 11 est innervé par des ganglions spéciaux {ganglions palléaux), toujours distincts, ou du moins, s'ils sont soudés aux ganglions voisins, pourvus de conneclifs cérébraux spéciaux. Les premiers ganglions de la chaîne viscérale contribuent eux aussi à l'innervation du manteau.
Orifices palléaux. — Dans les types primitifs de Gastéropodes, on constate nettement une tendance du manteau à se diviser en
Fig. 380. — Doliiim perdix. Le siphon est relevé au-dessus de la coquille. La tête montre les deux tentacules avec leurs pédoncules oculifères; la trompe est dévaginée. i
deux lobes symétriques, droit et gauche. On a vu dans ce fait le vestige de la disposition qui s'exagère d'une façon générale chez les Lamellibranches.
Dans les Gastéropodes paléozoïques les plus anciens, cette duplicité du manteau reste manifeste pendant toute la vie de l'animal [Pleur otomaria). Les deux lobes du manteau sont séparés par une fente, qui se retrouve sur la coquille de ces Mollusques. Cette fente s'oblitère d'ailleurs d'arrière en avant, et n'existe réellement que près du péristome. Le même caractère, quoique plus restremt, s'observe chez VEmarginule. VHalioiis a les deux lobes palléaux distincts; mais, au lieu d'une fente, la coquille présente une série de trous, dont les antérieurs seuls sont réellement percés, les postérieurs s'obturanl successivement. Enfin, chez la Fissurelle, le seul reste de la dualité du manteau est un trou, occupant le sommet du manteau, et correspondant à un orifice semblable dans la