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FÉCONDATION

La tête du spermatozoïde privilégié, engloJîée dans l'œuf, forme un noyau qu'on appelle le pronucléus mâle. Il grossit notablement, en assimilant sans doute la substance de l'œuf, et

Fig. 16. — Fécondation de l'œuf d'Asterias rjlacialis. — A. Spermatozoïdes englobés dans l'enveloppe mncilagineuse ; une pi'otubéraoce se forme à la surface de l'œuf vers le plus voisin. — B. Le spermatozoïde et la protubérance se sont rencontrés. — C. Pronucléus màle et femelle, le premier entouré de stries rayonnantes. — D, E, I<'. Trois stades de l'achemiuement du pronucléus màle vers le pronucléus femelle. — E. Les deux pronucléus se sont réunis en un noyau unique. (Fol.)

le protoplasma se dispose autour de lui en stries rayonnantes, tandis que les mêmes stries disparaissent autour du pronucléus femelle (flg. 16, C). Ce dernier reste immobile, pendant que le pronucléus mùle s'approche de lui (fig. 16,D,E,F;. Mais aussitôt

que les stries radiaires de celui-ci l'ont atteint, il entre en activité, s'approche rapidement du pronucléus màle, et émet des prolongements amiboïdes qui entourent celui-ci peu à peu. Au bout de quelque temps, les deux pronucléus se sont fusionnés, et ont produit un noyau unique (fig. 16, G), qui va bientôt se diviser pour former les noyaux des deux premières cellules de segmentation.

Glandes génitales et organes accessoires. — De même que les cellules germinatives mâle et femelle sont morphologiquement équivalentes, de même les glandes génitales, ovaire et testicule, ont la même valeur.

C'est dans cette concordance absolue qu'il convient de chercher la raison des formes si variables et si nombreuses sous lesquelles se présente l'hermaphrodisme.

Il n'est pas étonnant non plus que très souvent les organes soient construits sur le même type dans les deux sexes, bien qu'il ne faille pas considérer ceci comme une loi générale.

Nous avons vu que parmi les cellules germinatives un certain nombre devenaient des œufs ; les au très, qu'on pourrait appeler cellules vùellines, servent à la nutrition des premières; elles sont souvent mélangées avec les œufs, mais d'autres fois elles s'en séparent, et se localisent dans des lobes spéciaux de la glande, alternant avec les lobes ovulaires. Il peut même arriver que la séparation soit complète; l'ovaire se compose alors de deux sortes de glandes qu'on peut, avec Van Beneden, appeler ^erîîiigènes et vilellogènes (Pucerons, Trématodes, Gestodes).

Les produits de ces deux glandes se réunissent dans une poche, Vootype ; c'est là que se nourrissent les œufs ; c'est là aussi qu'arrivent les spermatozoïdes destinés à les féconder.

Les produits génitaux sont quelquefois rejetés au dehors par les orifices d'autres appareils (orifices rénaux des Annélides, de certains Mollusques), d'autres fois par déhiscence des parois de la glande en contact avec l'extérieur.

Mais le plus souvent il se constitue à cet effet un canal, auquel on donne le nom d'oviducte pour la glande femelle, de spermiducle ou canal déférent pour la glande màle.

A ces portions fondamentales s'ajoutent en général des organes accessoires, destinés soit à protéger les éléments sexuels, soit à faciliter leur transport ou leur union.

Telles sont, pour les organes mâles, prostates, sécrétant un liquide qui délaye les spermatozoïdes; les glandes à spermatophores, produisant les enveloppes destinées à contenir des masses de spermatozoïdes, qui sont tous ensemble portés vers la femelle ; enfin des vésicules séminales, où les sperma-

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lozoïdes s'accamulent, attendant le moment d'être utilisés.

Aux organes femelles s'ajoutent des poches copulatrices, où les spermatozoïdes du mâle viennent se rassembler après l'accouplement, et attendent les œufs; des glandes chargées de former les enveloppes secondaires de l'œuf {glandes à albumine, glandes coquillières, etc.), ou de sécréter une substance destinée à fixer les œufs après la ponte (glandes nidamentaires). Dans les deux sexes, des glandes sécrètent souvent des liquides destinés à faciliter l'accouplement, en lubrifiant les surfaces en contact.

Enfin, dans certains cas où le développement s'effectue dans l'organisme maternel, il se constitue sur le trajet de l'oviducte une dilatation chargée d'abriter les œufs et les embryons; c'est Yuténis ou la matrice. Ce développement peut d'ailleurs se faire dans d'autres parties indépendantes de l'appareil génital, dans des poches incubatricesîormées aux dépens du tégument, ou tout autrement.

Appareils copulateurs. — Chez tous les Phytozoaires, et quelques Artiozoaires, les éléments sexuels, versés dans l'eau, sont abandonnés au hasard, qui seul arrive à les mettre en contact. Mais pour la plupart des Artiozoaires, et notamment chez les animaux aériens, où le milieu extérieur ne saurait conduire les spermatozoïdes vers les œufs, la fécondation est assurée par un acte physiologique spécial qu'on désigne sous le nom de copulation, et qui a pour but d'introduire les spermatozoïdes dans l'organisme femelle, à portée des œufs.

Chez la femelle, les organes de copulation se réduisent à un canal, le vagin, qui s'ouvre à l'extérieur par un orifice, la vulve. Ce canal communique soit directement avec l'utérus ou l'oviducte, soit avec des poches copulatrices, où le sperme attend la maturité des œufs.

Chez le màle, les organes copulateurs sont des organes saillants, protractiles ou érectiles, qui, au moment de la copulation, s'introduisent dans le vagin et y apportent les spermatozoïdes. On les appelle verges ou pénis. L'absence du vagin n'entraîne pas forcément la disparition des organes copulateurs mâles, qui déposent alors les spermatozoïdes au voisinage de l'orifice femelle (Crustacés, etc.). Le pénis n'est souvent que l'extrémité du canal déférent, qui fait saillie à l'extérieur, et qui est muni de muscles, ou de tissu érectile, destiné à assurer sa rigidité. Mais il peut aussi être indépendant des organes génitaux proprement dits; il faut alors que le liquide spermatique soit d'abord conduit de l'orifice mâle à l'organe copulateur chargé de le transmettre à la femelle. Enfin, à l'appareil femelle sont adjoints souvent des organes,

destinés à faciliter la ponte; à enfouir les œufs. Ce sont toujours des organes en forme de tube ou de gouttière, auxquels on donne suivant les cas les noms d'oviscaple, de tarière, etc.

A l'histoire de la généi^ation, se rattache l'étude d'un certain nombre de phénomènes qui s'écartent de la marche normale que nous venons de décrire.

Parthénogenèse. — Dans un certain nombre d'animaux, les cellules germinatives qui se trouvent dans l'ovaire donnent naissance sans aucune fécondation préalable à des individus nouveaux. Souvent même des œufs sont pondus, qui peuvent se développer sans avoir reçu le contact d'aucun spermatozoïde. Ces faits ont été réunis par von Siebold sous le nom de parthénogenèse. Ils se produisent quelquefois accidentellement (//ombyx mori, ouvrières des Abeilles). Mais dans d'autres cas, la parthénogenèse est un phénomène normal de développement. C'est le cas des œufs d'été des Rotifères, des Cladocères [Daphnia). Plusieurs générations à-'Arlemia et à.' A pus peuvent se dés'elopper sans qu'on constate la présence d'un seul mâle.

Le phénomène se régularise encore plus chez un grand nombre d'Insectes (C/iermes,Coccides[Zecanù<m, Aspidiolus], certains Lépidoptères [/*s^/c/ie, Solenobia], enfin beaucoup d'Hyménoptères [Cynipidés, Tenthrédines(i\'^ewîafus), Guêpes [Polistes], Abeilles]).

Mais il importe d'ajouter que, à de très rares exceptions près (quelques Cynips et Coccides) où les mâles n'ont jamais été découverts, la parthénogenèse n'existe jamais seule, et que de temps à autre apparaissent des générations où la fécondation s'effectue.

A lesconsidérer isolément, de tels faits resteraient inexplicables. Mais il existe une série de phénomènes analogues qui permettent de rattacher la parthénogenèse au mode de reproduction par bourgeonnement, à la blastogénèse.

Le bourgeonnement que nous avons considéré jusqu'ici comme se produisant dans les parties externes du corps, peut dans quelques cas, se produire aussi bien à l'intérieur.

C'est ce que iTiontre avec la dernière netteté l'étude du développement des Salpes, et la comparaison de ceux-ci avec les groupes voisins {Dqliolum, Pyroso^na) prouve qu'il n'y a pas de différence essentielle entre le bourgeonnement externe et le bourgeonnement interne.

Des faits analogues se rencontrent dans le développement des Trématodes. Lorsque la larve est arrivée à l'état de sporocyslc ou de rédie, elle produit par un bourgeonnement inlerne, un certain nombre de Cercaires dont chacune devient un Distome.

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