VAISSEAUX BRANCHIAUX
d'une même Jame (fig. 387 B, cy, cl). Il ou existe d'autres chargés de relier la partie directe à la partie réfléchie d'un mfime feuillet. Quelquefois môme il se développe des septa (E, se) qui divisent l'espace compris entre les deux feuillets en compartiments successifs. La lame branchiale constitue alors un tout très compact, mais on y trouve toujours les éléments constituants, les fllaments, et les fenêtres rectangulaires disposés entre eux.
Vaisseaux branchiaux (1). — A la base de la branchie, parallèlement au support branchial, courent les sinus afférents et efTérents. Il existe toujours un vaisseau efférent commun aux deux lames de la branchie, et contenu dans le support branchial (fig. 386, C et D, e).
Quant aux vaisseaux afférents, ils peuvent occuper deux positions différentes : dans un cas (fig. 388 G, a), ils sont placés au bord extrême du feuillet réfléchi ; dans l'autre (fig. 386 D), il n'en existe qu'un placé au-dessus du vaisseau efférent, et commun aux deux lames. Suivant que l'une ou l'autre des dispositions est réalisée, la circulation est fort différente à l'intérieur du filament : dans le premier cas, il n'y existe qu'un courant, descendant (afférent) dans le feuillet réfléchi, ascendant (efférent) dans le feuillet direct. Dans le second cas, au contraire, chaque filament comporte deux courants : l'un ascendant, l'autre descendant.
Dans les branchies lamelleuses, les connexions qui s'établissent entre les filaments modifient beaucoup la direction des courants sanguins ; elle devient beaucoup plus irrégulière, car chaque filament ne présente plus un appareil sanguin autonome. Il y a des canaux afférents, et efférents séparés les uns des autres, et présentant avec les septa interbranchiaux, des connexions importantes (fig. 387, D et E) ; les canaux afférents [ca] sont toujours à l'intérieur d'un septum ; il n'en est pas de même des canaux efférents [ce] qui peuvent être soit dans un septum (E), soit dans l'intervalle qui sépare deux septa (D).
Les branchies possèdent de vrais vaisseaux à endothélium. Ce revêtement est surtout net dans les vaisseaux efférents, où il continue celui de l'oreillette (Ménégaux).
Il existe aussi dans les plus fins canalicules, et c'est dans les vaisseaux afférents qu'il est le moins net. Il n'existe jamais dans I tous les cas de lacune interstitielle.
Les filaments branchiaux sont soutenus par une tige de consislance cartilagineuse, formée sans doute comme chez les Gasté- I ropodes par un épaississement de la membrane basilaire de l'épillhélium.
Celui-ci contient plusieurs sortes de cellules, mais les plus nom-
(I) Ménéoaux, loc. cit.
breuses sont les cellules ciliées qui entretiennent les courants d'eau. Certaines d'entre elles ont des cils d'une longueur extrême, notamment celles du bord libre de la lame branchiale.
CONCRESCENCE DES BRANCHIES ENTRE ELLES ET AVEC LE MANTEAU. — CheZ IcS
Nuciilidés, les Solenomyidés, les Arcidés, les Trigoniidés et les Pectinidés, les deux branchies sont complètement libres. Dans VAnomia, les deux branchies se soudent sur la ligue médiane. Partout ailleurs, non seulement elles sont unies l'une à l'autre en arrière du pied, mais le septum qu'elles forment ainsi vient s'attacher au septum intersiphonal formé par la soudure des lobes du manteau entre les deux siphons. La cavité palléale est donc ainsi divisée en deux chambres, les chambres supra- et infra-branchiale, par un septum formé de deux parties distinctes : un septum branchial et un septum siphonal.
Dans les genres Poromya, Silenia et Cuspidaria les branchies se transforment en un septum musculaire tendu d'un lobe à l'autre du manteau au-dessous du pied et formant un rideau qui s'attache en arrière à la suture palléale intersiphonale. Ces genres sont réunis par Pelseneer dans le groupe des Seplibranches.
Glande a mucus et organe de Spengel des Lamellibranches. — Pelseneer a retrouvé, chez les Lamellibranches, des rudiments de la glande à mucus et de l'organe de Spengel. Chez les Nuculidés et les Solénomyidés, on observe, en effet, dans la partie postérieure de chaque lobe palléal, une grosse masse à structure lamellaire ou plissée, et ayant la même histologie que chez Y Haliolis. Cet organe disparaît dans les Lamellibranches plus spécialisés.
L'osphradium est plus répandu. Il est toujours en connexion avec la naissance des nerfs branchiaux, mais peu visible extérieurement, sauf chez VAi'ca où il est pigmenté. Dans les autres cas, l'histologie seule peut déceler sa présence. Sa position est constante; il est toujours dans le voisinage des centres viscéraux. C'est un ganglion surmonté par un épithélium cilié et sensoriel. Tantôt [Mya, Pholas) il s'étend sur une assez grande longueur du nerf branchial; tantôt il est très court, et juxtaposé au ganglion viscéral. 11 est rudimentaire chez les Septibranches.
Manteau et branchie des Cépoalopodes (1). — Nous avons déjà vu la disposition générale du manteau et de la cavité palléale chez les Céphalopodes. Ces organes sont d'une constance absolue, nous n'y reviendrons pas ici.
Il nous reste seulement à étudier les branchies. Celles-ci sont au nombre de quatre chez le Nautile et de deux chez tous les autres types. Elles ont la forme d'une pyramide dont le sommet est antérieur. Chez le Nautile, elles sont attachées aux parois du
(l)JouBiN, Recherches sur Fanalomie et le développement de la branchie des Céphalopodes, A. Z. E., 2» série., t. 111, \9,^h. — Appareil respiratoire du Nautile, Revue biologique du Nord de la France, t. Il, 1890.
BRANCIIIE DES CÉPHALOPODES.
corps par leur base seulement. Chez tous les autres, elles sont fixées au manteau sur toute la longueur de leur bord ventral. Chacune d'elles est forme'e par deux séries de lamelles fixées en alternant sur les côtés d'un support branchial, qui fait corps avec le manteau. Ce sont donc, comme dans tous les types primitifs, des branchies bipectinées. Les lamelles présentent des plis réguliers ou des ondulations qui augmentent notablement leur surface libre (Qg. 388). Les vaisseaux sanguins se trouvent tous les
hig. 388. — Schéma de la circulalioii daus la brauchie de Sepia officinatis. La branchie a été coupée transversalement en avant d'un couple de lamelles branchiales; celles-ci sont vues de face; les lamelles postérieure» /, ont été coupées; la ligne d'attache de la branchie au manteau est daus la partie inférieure de la figure, —a, vaisseau afférent; b, portion basilaire reuflee de ce vaisseau (cœur veineux); ap, appendices rénaux; e, vaisseau efférent; ff, vaisseaux efféreuls de la glande branchiale; p',p, veines palleales; r/', tronc collecteur des vaisseaux elTérents de la branchier, vaisseau allant du vaisseau afférent à la glande ; l, réseau vasculaire delà glande ; s, lame médiane de la branchie; n, nerf branchial (Joubin).
deux sur le bord libre, sur la crête qui termine le support branchial; le vaisseau efférent (e) est superticiel, le vaisseau afférent (a) est au dessous de lui. Ils envoient l'un et l'autre un vaisseau à chaque lamelle, le premier sur le bord externe, le second au bord interne, et les ramifications de ces vaisseaux communiquent par l'intermédiaire de lacunes creusées dans l'épaisseur de la lamelle. L'cpithélium est dépourvu de cils vibratilcs.
Réseai; NOUtinrciER et glande de la niiANCiinî. — Un système de canaux spéciaux (?•) sort à la nutrition de la branchie. Il court dans la base des' lamelles branchiales et dans le support de ces lamelles. Chez les Décapodes
ce réseau émane du vaisseau afférent de la Lranchie, il renferme donc du sang veiueux; mais la branchie formée de minces lamelles reçoit dii'ectement l'oxygène nécessaire. Chez les Octopodes, la branchie est plus massive; la respiration ne s'effectuerait pas suffisamment; aussi le réseau nourricier émane-t-il du vaisseau effércut. Dans les deux cas, le sang qui a nourri la branchie, se rassemble dans un vaisseau qui le ramène dans le sinus veineux placé à la base de la branchie, d'où le sang revient au vaisseau afférent.
Diius ce sinus viennent aussi déboucher des veines palléales (p) servant à la nutrition du manteau, et deux gros vaisseaux [g) qui courent dans la région où le support branchial s'attache au manteau. Le développement de ces vaisseaux s'explique par la présence en ce point d'un volumineux organe glandulaire, décrit par Joubin, et qui sert sans aucun doute à la formation des globules du sang.
OiiGANE DE Spengel. — L'orgauc de Spengel a été signalé chez le Nautile, où il est représenté par deux papilles situées, de chaque côté, entre les bases des deux branchies.
§ 5. — Appareil digestif.
Dans les types tout à fait primitifs, les Amphineures, le tube digestif est droit, et ses deux extrémités, la bouche et l'anus, sont opposées l'une à l'autre. Ce dernier caractère est conservé chez les Lamellibranches, mais le tube digestif y décrit de nombreuses circonvolutions. Chez tous les autres, par suite de la torsion [Gastéropodes) ou de la flexion [Scaphopodes, Céphalopodes), l'anus est rapproché de la bouche, et le tube digestif prend cette forme d'Q qui a tant frappé les zoologistes, et qu'on veut considérer souvent comme la forme typique chez les Mollusques.
L'anus est partout présent.
Appareil digestif des Amphineures. — Le tube digestif est droit chez les Solénogastres, mais il présente, chez les C/tt7o??s, plusieurs circonvolutions. On ne dislingue nulle part de dilatation stomacale. La bouche aboutit dans un bulbe musculeux, inerme chez les Neome7iia, présentant, chez tous les autres, une langue cornée avec des degrés de développement très variables suivant les genres : elle présente une seule rangée de dents chez le Chxtoderma^ plusieurs chez la Proneomenia ; chez les Chitons, enfin, la radula est aussi développée que chez les Gastéropodes, avec plusieurs rangées transversales. Les glandes salivaires existent chez les Chitons et les Proneomenia. La portion moyenne de l'intestin reçoit les glandes gastriques, nombreuses dans les Neomenia, réduites à un volumineux cœcum postérieur dans les Chœloderma. Chez les Placophores, il en existe deux ramifiées et complexes. Le rectum aboutit t\ l'anus; il reçoit, chez les Neomenia et Proneomenia, les deux néphridies ; il existe donc un cloaque.