GLANDE GASTRIQUE DES GASTÉROPODES
trouver fréquemment chez les Lamellibranches. D'après de récentes recherches, ce serait réellement là, une glande digeslive à ferment, comme le montre l'action de l'acide osmique.
Glandk GASTRIQUE. — Dans le fond de l'estomac, aboutissent les conduits de la glande gastrique, connue généralement sous le nom de foie, qui existe chez tous les Mollusques. Il oITre, chez les Nudibranches, sans doute par suite d'une régression, sa structure la plus simple, comparable à celle que nous avons vue dans le Chiton : une série de cœcums simples ou ramifiés, présentant les dispositions les plus diverses, et assez analogues à ceux du tube digestif des Turbellariés, pour que de Quatrefages ait vu là un lieu de parenté. Les dernières ramifications pénètrent dans les appendices branchiaux qui recouvrent toute la surface dorsale. Elles s'y terminent en cœcum, ou même parfois, diton, s'y ouvrent à l'extérieur par un petit orifice.
Chez tous les autres Gastéropodes, le foie est une glande en grappe massive, volumineuse, d'un brun foncé ou verdâtre, occupant la plus grande partie du sac viscéral; il débouche dans l'estomac ou dans l'intestin par deux canaux excréteurs, correspondant à deux lobes principaux.
La structure histologique est assez complexe (1). La paroi des culs-de-sac glandulaires est toujours formée par une seule assise de cellules.
Ou peut distinguer trois sortes de ces éléments épithéliaux répandus dans les acini de la glande :
1" Les cellules granulaires, qui existent dans tous les groupes de Mollusques; elles renferment une vésicule dans laquelle nagent un nombre variable de granules colorés, réfringents, des globules de graisse et de substances albuminoïdes.
2" Les cellules à ferments, qui n'ont pas été trouvées dans le Chiton, la Patelle, la Fissurelle cl les Ptéropodes. Elles ont la forme d'une massue et contiennent, avec des globules de graisse, une vésicule colorée, liquide, visqueuse ou semi-solide, sans granulation.
30 Enfin \o.s cellules calcaires, qu'on ne retrouve pas chez les Lamellibranches, les Ptéropodes et les Ile'téropodes. Elles sont grandes et de section triangulaire, leur sommet étant dirigé vers le centre de Facinus. Elles renferment de nombreux granules formés de chaux combinée avec divers acides (phosphorique, carbonique, etc.).
La teneur du foie en sels calcaires varie avec les saisons : elle est chez Vllelix, en mai, de 20,Î4 p. 100; eu septembre, de 26,72 p. 100. Elle diminue dans certains cas, notamment après une réparation de la coquille: elle descend <à IG,09 p. 100 et même à 10,2G p. 100 après la formation de l'épiphragme qui contient .5,52 p. 100 de phosphate de chaux.
La sécrétion du foie est acide, elle renferme un ferment qui agit sur les substances amylacées et sur les albuminoïdes. Elle renferme de l'entérochlorophylle chez 1'//. pomalia et quelques autres Mollusques, et de l'hématine dans beaucoup de Gastéropodes. Le foie renferme aussi constamment du glycogène. C'est donc en réalité un ptyalo-hcpato-pancréas.
Intestin. — L'intestin va de l'estomac à l'anus, sans offrir de
(I) BARFunTii, A. M. A., t. XXII. 1885. — FHENZEr., id., iiid.
modifications bien grandes. Il peut être droit, ou présenter des circonvolutions plus ou moins nombreuses (Patelle, etc.). Il traverse, chez les Diotocardes, le ventricule, caractère que nous retrouverons chez beaucoup de Lamellibranches. Il s'accole en général, dans sa partie terminale, au plafond de la cavité palléale, qu'il traverse d'un bout à l'autre sur le côté droit. Mais ce caractère n'est réalisé que si la cavité palléale est suffisamment développée.
Nous avons déjà parlé des diverses positions de l'anus. Ce n'est que très rarement qu'il débouche sur le milieu du corps {Fissurelle, Doris). Il est en général situé sur le côté droit. Sa position influe notablement sur la disposition du tube digestif. Assez souvent, lorsqu'il est rejeté en arrière, le tube digestif perd sa courbure en V, et revient à la forme droite signalée chez les Solénogastres (Hétéropodes, etc.).
Glandes anales. — Quelquefois se développent dans les parois mêmes du rectum des formations glandulaires connues sous le nom de glandes anales. Elles existent notamment chez le Turbo, chez la Purpura, etc. Il ne faut évidemment pas les confondre avec les glandes à mucus, comme cela a été fait quelquefois.
Le développement avec lequel nous avons étudié le tube digestif des Gastéropodes, nous dispensera d'insister sur cet appareil dans les autres classes.
Le tube digestif des Scaphopodes se rapproche beaucoup plus de celui des Gastéropodes que de celui des Acéphales, par sa masse buccale, contenant une radula et des mâchoires rudimentaires. Les parties sont les mêmes que chez les Gastéropodes : œsophage, estomac, recevant les deux lobes larges, volumineux du fuie, intestin à nombreuses circonvolutions. L'anus est sur la ligne médiane ventrale, résultat de la flexion déjà indiquée.
Tube digestif des Lamellibranches. — La vie peu mobile des Lamellibranches a modifié dans de fortes proportions leur tube digestif. Ils doivent se contenter des particules ténues qui se trouvent mêlées au courant d'eau appelé dans la cavité palléale par le mouvement des cils vibraliles des branchies. Ace rôle s'associent deux paires de lobes membraneux, de forme triangulaire, et fortement ciliés, attachés aux commissures de la bouche. Ce sont les palpes labiaux {dg. 3S8), libres dans la cavité palléale et formant de chaque côté une gouttière qui aboutit à le bouche. C'est le chemin que les cils des palpes font suivre aux courants d'eau.
Comme tous les animaux fixés ou peu mobiles, les Lamellibranches, se nourrissant de particules ténues, toute espèce d'or-