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APPAREIL CIRCULATOIRE DES GASTÉROPODES

Le péricarde communique avec le rein et par là avec l'extérieur. Le cœur se compose toujours d'un ventricule (u), donnant naissance à une ou deux aortes {Diotocardes). Ce ventricule communique avec une ou deux oreillettes,

Celte dernière disposition est primitive ; on la trouve réalisée chez .tous les Diotocardes [Fissiirella, Haliolis, Turbo, Trochus). Nous la retrouverons aussi chez les Lamellibranches. / Chez tous ces animaux le ventricule est traversé par le rectum.

Le nombre des oreillettes n'est pas toujours en rapport avec celui des branchies. Car chez les Turbo et les Trochus, o\x l'une des branchies a disparu, les deux oreillettes persistent. Néanmoins l'oreillette droite, correspondant à la branchie disparue, diminue de plus en plus, et chez les Néritidés, elle se réduit à un petit mamelon assez difficile à voir. Cela nous conduit au cas le plus général. Chez tous les autres Gastropodes, Mono tocardes, Pulmonés, Opisthobranches, Ptéropodes, il n'existe qu'une oreillette, et le cœur cesse d'être traversé par le rectum.

La position du cœur par rapport à la branchie, ou, ce qui revient au même, la position du ventricule par rapport à l'oreillette a été employée pour établir deux des grandes divisions des Gastéropodes. Chez les Prosobranches, la branchie est en avant du cœur, et l'oreillette en avant du ventricule (fig. 397, E, o, v) ; chez les Opisthobranches, elle est en arrière (Pl. IV, o, v).

La disposition primitive des Amphineures est conservée dans l'immense majorité des Gastéropodes. Une seule aorte [a a) sort du ventricule. Bien que, par suite de la torsion qui a amené le cœur en avant, l'aorte soit parfois [Prosobranches, Pulmonés) dirigée en arrière, elle doit morphologiquement être considérée comme une aorte antérieure, et comparée à l'aorte antérieure des Lamellibranches. Elle se bifurque presque immédiatement, dans ces types à aorte postérieure, en une artère antérieure destinée à la tête et au pied et en une artère postérieure destinée aux viscères.

Chez les Diotocardes, une aorte antérieure (morphologiquement postérieure), sort du ventricule pour se rendre aux viscères antérieurs. Ce fait rappelle ce que nous retrouverons chez le plus grand nombre des Lamellibranches.

Les artères se ramifient et se divisent en artérioles de plus en plus petites, tapissées d'cndoihélium, et qui ont été particulièrement étudiées chez les Pulmonés et les Nalices (1). Ce sont à la fin de véritables capillaires artériels.

(1) Nai.epa, s. B. Akad. Wicn, 1883.

Dégradation du système veineux. — Ces capillaires ne se continuent pas par des capillaires veineux. Le sang qu'ils renferment se déverse dans de vastes sinus {vaisseaux intermédiaires)^ qui se continuent enfin par le système veineux proprement dit.

Ce dernier est fort dégradé ; il est presque entièrement formé par des lacunes plus ou moins bien endiguées, mais dépourvues de parois propres différenciées.

Il n'existe en général pas une seule veine dans le sens précis du mot, pas plus dans les genres pourvus de branchies, que dans ceux qui en sont dépourvus.

Cette dégradation se manifeste même dans quelques cas pour certaines parties de l'appareil artériel. C'est ainsi que chez VHaliotis et la Patelle, l'aorte débouche dans un vaste sinus céphalique, où baignent la radula et le pharynx, et qui donne naissance à d'autres artères.

Mais c'est surtout chez les Jîolidiens que l'appareil circulatoire est le plus réduit. Il existe comme une sorte de balancement entre le développement de l'appareil vasculaire et celui du tube digestif.

Il semble que les substances assimilables, répandues par les caecums gastriques dans tout le corps, n'aient plus besoins de veines pour les transporter aux divers organes. C'est ce que de Quatrefages, qui a le premier mis ce fait en lumière, a désigné sous le nom de phlébentérisme.

Glande péricardique (1). — Un revêtement de cellules glandulaires se trouve constamment dans certaines régions de la cavité péricardique des Gastéropodes.

J'ai pu montrer que, dans le groupe des Prosobranches, comme dans celui des Acéphales, étudié par Grobben, la glande péricardique peut appartenir à deux types différents.

Chez les Diotocardes, et, parmi les Monotocardes, chez la Valvée, elle est développée sur les parois mêmes de l'oreillette, et peut atteindre une puissance considérable. Elle est bien moindre chez les Monotocardes, où elle dépend au contraire de la paroi du péricarde.

Les produits de cette glande tombent dans la cavité péricardique, puis s'échappent par le canal réno-péricai'dique dans le rein, d'où ils se rendent à l'extérieur.

Péricarde; sa signification morpoologiq ie. — La signification de la cavité péricardique ne doit plus nous embarrasser après les données que nous ont fournies les Amphineures.

C'est, comme dans le Chiton, un reste du cœlome, qui est en

(l) GuoBBEN, Arb. Wieu , t. VII, 1888. —R. Pkriue», A. S. N., 7» série, t. VIH,

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