FORME GÉNÉRALE, ORIENTATION
orifice branchial), permettant l'entrée de l'eau nécessaire à la respiration et à la digestion; un orifice efférent (orifice atrial ou i loacal) entraînant l'eau qui a traversé la branchie, et les déjections sorties du tube digestif (fig. -431). L'orifice buccal est placé ,1 l'extrémité du grand axe, l'autre latéralement. Ce dernier indiquera pour nous la face dorsale, tandis que l'orifice buccal déiinit l'extrémité antérieure. Cette orientation est la seule logique. Elle est contraire à celle qu'avait proposée de Lacaze-Duthiers,. [jour qui l'orifice d'inspiration définit le pôle inférieur du corps, et l'orifice expirateur la partie postérieure. Mais cette dernière, inspirée par la comparaison avec l'Acéphale, doit disparaître, avec
Fig. 434. — Ascidie placée dans la position morphologique. La tunique a été coupée sur la ligne médiane, pour montrer le manteau, qui en est séparé par une lacune à peu près complètement libre : a, orifice d'entrée, définissant l'extrémité antérieure; b, orifice de sortie, définissant la, face dorsale .
la théorie qui l'avait fait naître. L'animal étant fixé doit être orienté soit par comparaison avec les animaux libres qui lui sont étroitement alliés, soit en le comparant k la larve libre, qui a conservé une forme ancestrale nette, où l'orientation est possible. Ces deux procédés coïncident dans le cas actuel d'une façon complète ; que l'on compare les Ascidies au têtard larvaire ou ti l'Appendiculaire, l'orientation seule possible est celle que nous avons indiquée précédemment.
La forme de sac à paroi continue, qu'affectent généralement les Ascidies, se trouve modifiée dans deux types intéressants : l'un d'eux est le Cheiyosoma, des côtes du Groenland, où existe autour des deux orifices une rangée de plaques mobiles, cornées, triangulaires. Mais le plus remarquable est le Hhodosoma {Che-
762 PROTOCIIORDES. — TUNICIERS.
vreiilîus), dont la tunique présente un repli se mouvant à l'aide de muscles spéciaux, et pouvant se rabattre comme un opercule au-dessus des deux orifices; ce type n'a pas peu contribué à l'assimilation, aujourdsttiui abandonnée, des Tuniciers et des Acéphales.
Une autre forme spéciale doit être signalée ici, c'est la forme pédonculée des Bollenia, si abondamment représentée dans les grandes profondeurs [Culeolus).
Tunique (1). — Le corps tout entier est revêtu extérieurement par la tunique, qui forme une enveloppe protectrice résistante. C'est une production de nature cuticulaire, sécrétée par les cellules exodermiques. Au début c'est une mince cuticule, surmontant une assise de cellules exodermiques. A mesure qu'elle s'épaissit, des cellules exodermiques se détachent de l'assise continue, émigrent dans la zone cuticulaire, et contribuent à l'épaississement de la tunique. Celle-ci prend alors l'aspect d'un faux tissu conjonctif, formé de cellules fusiformes ou étoilées, de cellules vacuolaires et de cellules pigmentaires, incluses dans une substance interstitielle. Cette dernière est généralement homogène, hyaline, de consistance cartilagineuse et diversement colorée [Phallusia). Elle est essentiellement constituée par une substance très analogue à la cellulose, la tunicine.
Dans quelques cas, la structure devient fibreuse, et on a décrit, chez quelques espèces de Salpes,à&s spicules siliceux, dans (\\xq\- (^we^ Ascidies composées, des corpuscules calcaires.
C'est par la tunique que les Ascidies se fixent au sol, grâce à des stolons irréguliers qui rampent sur le substratum, et y sont solidement fixés.
D'autres espèces n'ont pas d'attaches aussi fermes; elles vivent plongées dans le sable, auquel elles adhèrent par de petits filaments rhizoïdes émanés de toute la surface de la tunique.
RÉGIONS DU CORPS. — Le corps d'une Ascidie peut originairement se diviser en deux parties : le thorax, en avant, dans la région occupée par le pharynx ; Vabdomen, en arrière, où se trouvent placés les principaux viscères (estomac, intestin, organes génitaux, cœur, rein, etc.) (fig. 436). Une cavité générale se creuse généralement dans cette dernière portion, à l'intérieur du mésoderme. Il ne s'en produit pas dans la portion thoracique.
Cette disposition primitive ne se rencontre que rarement chez les Ascidies solitaires. Seule, la Ciona nous en offre un exemple; encore la portion abdominale est-elle très réduite. Mais par contre,
(1) Hehtwig. Z.W.Z., t. VU, 1873; — Semper. Arb. Wilrzburg, t. II, 1875.