MANTEAU ET SAC DRANCHIAL
elle est très nette chez les Claveiines et chez un grand nombre d'Ascidies composées (Z^is^omws, Didemnum, Diplosoma). Chez les Polyclinum, on peut même distinguer une troisième région, le postabdomen, où se localisent les glandes génitales (fig. 439).
Inversement, par un phénomène remarquable de céphalisation, une concentration extrême se manifeste dans beaucoup de types; il n'existe plus qu'une seule région, et les organes génitaux, ainsi que le tube digestif tout entier, se logent dans les parois de la région branchiale du corps (fig. 434). C'est la disposition que présentent le plus grand nombre des Ascidies simples, et, parmi les Vscidies composées, les Botryllidés et les Polyslijelidés.
Manteau et sac uRANcmAL. — Dans la région thoracique, la paroi du corps est formée primitivement : 1° de l'exoderme avec la tunique; 2» du mésoderme avec ses fibres musculaires et conjonctives et ses espaces vasculaires ; 3° de l'endoderme qui revêt la cavité pharyngienne. Mais, comme on l'a vu, dans la suite du développement, cette paroi subit d'importantes modifications. La principale est sa délamination en deux membranes, par la formation d'une cavité péripharyngienne, due à une involution de l'ecloderme. Il en résulte la formation de deux sacs : l'un interne, le sac branchial ;Vdiulre externe, communément appelé le manteau. Les deux sacs sont soudés l'un à l'autre : 1" tout le long de la ligne médiane ventrale ; 2° sur tout le pourtour de l'orifice buccal; 3" le long de la partie antérieure de la ligne médiane dorsale. Tout le reste de la cavité péripharyngienne est libre et n'est traversé que par les vaisseaux sanguins qui passent de la branchie au m-anleau. Elle est limitée par un épithélium qui tapisse aussi bien le sac branchial que le manteau, et est en continuité, d'une part avec le revêtement endodermique du sac pharyngien, d'autre part avec la couche épithéliale de la tunique.
Le manteau est donc formé d'une couche mésodermique comprise entre deux couches épithéliales, dont l'externe adhère seulement à la tunique.
Dans un grand nombre de genres, de vastes lacunes se creusent dans le mésoderme palléal, et séparent la tunique avec son revêtement épithélial de la portion sous-jacente. Ces lacunes, peu visibles sur l'animal vivant, se manifestent surtout dans les animaux conservés dans l'alcool, chez lesquels le manteau se contracte, et laisse entre lui et la tunique un large espace où courent seulement des vaisseaux et quelques trabécules conjonctives. Il n'y a continuité entre la tunique et le manteau qu'au niveau des orifices siphonaux. Aussi a-t-on décrit quelquefois le corps des Tuniciers comme formé de trois sacs emboîtés : la tunique, le
PROTOCIIORDES. — TUNICIERS.
manteau, la branchie. C'est là un abus de langage, qui ne saurait être admis dans une description analomique précise. Souvent d'ailleurs aucun espace ne sépare la tunique du manteau ; c'est le cas de toutes les Ascidies composées et de quelques formes simples {Polycarpa viridis, etc.).
Le manteau est parcouru par des muscles à ûbres lisses qui s'entre-croisent en tous sens. Toutefois les muscles longitudinaux sont plus spécialement externes; les internes sont transversaux. Au niveau des oriûces, ils s'orientent assez nettement, et forment de véritables sphincters. Le système musculaire est particulièrement développé chez les Cynthiidés.
Branchie. — Le sac branchial est, nous le savons déjà, la portion pharyngienne dilatée du tube digestif. Sa forme générale est à peu près celle du manteau, auquel le rattachent de courts tractus creusés de lacunes sanguines, qui traversent la cavité péripharyngienne. Dans quelques cas [Phallusia mamillata), il est plus long que le sac palléal, et se rephe en arrière sur le côté gauche du corps. Il présente en avant un large orifice d'entrée correspondant à l'orifice buccal du manteau. Mais il passe sans se modifier devant l'orifice cloacal. La cavité péripharyngienne est, dans cette région, plus libre et plus vaste que partout ailleurs. On l'appelle parfois le cloaque.
De nombreux orifices, les trémas, sont percés dans le sac branchial, qui devient ainsi une memtrane fenêtrée. Ils permettent à l'eau introduite par l'orifice buccal de passer dans la cavité péribranchiale et de s'échapper par l'orifice cloacal. Les lames qui séparent les fentes sont creusées de lacunes sanguines affectant souvent la régularité de vaisseaux, mais toujours dépourvues d'endothélium. Ce sont les sinus branchiaux.
Les plus constants sont des sinus transversaux, disposés circulairement comme les parallèles d'une sphère. Ils occasionnent parfois des côtes saillantes transversales du côté de la cavité branchiale, et séparent les trémas longitudinaux disposés en rangées régulières. Les sinus transversaux voisins sont mis en communication par des sinus longitudinaux creusés à travers les lames de séparation des trémas. Ces sinus inlertrématiques sont moins constants et moins réguliers que les premiers.
Morphologie de la unANCiirE. — Les Ascidies qui présentent une branchie simiJle, sans plis ni travées sanguines accessoires, constituent un premier groupe, les Aplousohranclics, que l'on considère comme renfermant les types les plus primitifs. Il ne comprend aucune forme simple, mais seulement des formes stolonifèrcs [Claveli7ia) et le plus grand nombre des Ascidies composées {Didemnidés, Distomidés, Polyclinidés, Apliilidds), Les Botryllidés seuls ne font pas partie du groupe.
Dans le groupe des Phlébobranches apparaissent de nouveaux sinus Ion-