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RÉGIONS DU COUPS

à l'autre ; c'est ce qu'il n'est pas possible de déterminer dans l'état actuel de la science. Les Protochordes, moins élevés en organisation, peuvent nous montrer des stades de cette évolution : nous trouvons dans le Balanoglossus et V Ainphioxus des indications précieuses sur la pliylogénie. Mais ni l'un ni l'autre ne peuvent" être considérés comme types ancestraux, au sens strict du mot. Tous les deux présentent l'empreinte d'une spécialisation différente de celle qui a donné les Vertébrés ; il n'est pas admissible que ceux-ci descendent d'ancêtres ayant eu la vie immobile de ces types arénicoles.

Régions du corps. — Gomme nous l'avons vu se produire déjà chez les Arthropodes et, à un moindre degré, chez les Annélides, diverses régions du corps se spécialisent chez les Vertébrés, formées chacune de zoonites différenciés dans le même sens; cette division du corps est en rapport avec la division du travail physiologique, qui se répartit entre les divers zoonites.

Tout d'abord un phénomène de céphalisation éloigne l'anus de l'extrémité postérieure du corps, et le fait cheminer en avant sur la ligne médio-ventrale ; toute la portion post-anale est progressivement abandonnée par les organes essentiels, et ne conserve plus que ses vertèbres et les muscles intervertébraux : elle se réduit à l'état de queue.

A l'autre extrémité du corps, où se trouvent la bouche et les organes des sens, se produit une spécialisation d'un autre ordre, due à l'importance capitale de ces organes. Celte spécialisation se traduit par une coalescence extrême des zoonites de cette région. Chez aucun Vertébré, la métamérisation n'existe en avant d'une façon évidente. On ne peut y reconnaître des zoonites que par de longues études embryogéniques et par des inductions théoriques, qui ne se dégagent avec netteté que dans les travaux les plus récents.

La portion nerveuse correspondant à cette région prend un développement en rapport avec l'activité sensorielle qui y est localisée, et devient le cerveau, qui n'est que le résultat de la transformation de la moelle épinière. Les nerfs qui émanent de cette masse nerveuse, et dont la plupart peuvent, nous le verrons, être homologués aux nerfs rachidicns, perdent leur disposition régulière. L'axe squelettique, sous la dépendance des parties nerveuses qu'il supporte, manifeste des phénomènes de coalescence analogues. Des parties nouvelles s'y ajoutent pour compliUer la protection du cerveau, des organes des sens, des fentes branchiales et l'ensemble aboutit à cet édifice complexe qui est le crâne.

Cette région antérieure si profondément différenciée est la tcle.

Elle est toujours bien définie dans l'analomie interne par le cerveau, le crâne, le squelette branchial, les branchies, quand elles existent. Mais chez les Vertébrés inférieurs, la limite de la tête est peu visible extérieurement; cette région ne peut être séparée de la suivante que par des considérations basées sur les rapports anatomiques. Au contraire, chez les Vertébrés supérieurs, h partir même des Batraciens, la tête est nettement délimitée et est rattachée au reste du corps par une région amincie, où n'arrive pas le cœlome, et que traversent simplement les organes passant de la tête au tronc (œsophage, trachéeartère, colonne vertébrale, moelle épinière). C'est le cou.

La portion médiane du corps, où se logent les organes des fonctions de nutrition, le tronc, porte aussi les membres. C'est la présence de ces organes de locomotion qui est le principal l'acteur intervenant dans la formation de cette région du corps chez les Vertébrés. Lorsqu'ils entrent en régression, on voit la spécialisation du thorax et de la queue s'atténuer; elle disparaît presque complètement chez les Serpents, où les membres n'existent plus. La tête seule, dont la formation a pour cause la localisation des organes des sens, persiste comme région bien différenciée.

Nous bornerons là, ces considérations sur la morphologie extérieure. Il n'y a pas lieu en effet de l'étudier avec autant de détails que chez les Invertébrés. La forme du corps nous sera révélée par l'étude du squelette, où sera traitée aussi tout naturellement l'histoire des membres. L'étude des formations tégumentaires complétera enfin la description extérieure.

n faut cependant, au début de l'histoire des Vertébrés, que nous donnions un aperçu général de l'évolution du groupe et dos diverses adaptations auxquelles il a pu se prêter. Les découvertes de la Paléontologie nous doivent être ici d'un puissant secours, et il n'est pas de groupe zoologique où l'étude des formes fossiles soit plus indispensable pour permettre des spéculations phylogénétiques de quelque précision. Nous essayerons, dans les pages qui suivent, d'esquisser, autant qu'il est possible de le faire dans l'état actuel de la science, les grands traits de l'arbre généalogique probable des Vertébrés. Mais nous devons insister auparavant sur le caractère de simple probabilité que doivent toujours garder des spéculations de cet ordre; quelle que soit la prudence qu'on y apporte, elles renferment toujours une part d'hypothèse et il faut les distinguer avec soin des données positives de la science. Les caractères qui

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permettent de relier un groupe donné à un autre n'apparaissent dans le premier qu'à l'état sporadique : l'un d'eux se trouve dans un type, un autre dans un second, mais on trouve bien rarement un type qui synthétise tous ces caractères et qui par suite puisse être considéré comme l'ancêtre réel du second groupe. En d'autres termes, la paléontologie et l'anatomie comparée nous montrent le sens de l'évolution, et nous permettent d'imaginer des types de passage hypothétiques qui conduisent d'un groupe à un autre; mais rarement elles nous mettent en présence de types de passage existant réellement. D'ailleurs, les résultats même ainsi réduits présentent une remarquable grandeur, et le fait de pouvoir arriver à constituer de pareilles séries ininterrompues de formes même idéales, est assurément l'une des plus belles conquêtes de la science contemporaine.

Il est hors de doute que les Poissons sont les premiers Vertébrés apparus à la surface de la terre. Leur organisation manifestement inférieure et les nombreux points de leur anatomie, qui se retrouvent dans le développement des autres groupes, le prouvent surabondamment. La Paléontologie est d'accord en cela avec l' Anatomie comparée. Tandis que les premiers vestiges de Poissons se rencontrent dès les premières couches fossilifères (Silurien moyen), les Batraciens n'apparaissent qu'au Carbonifère.

Les premières formes connues ont laissé bien peu de traces de leur squelette; celui-ci était en effet purement cartilagineux, et on peut admettre sans peine que les premiers Poissons n'avaient d'autre appareil de soutien qu'une corde dorsale, comme cela se retrouve de nos jours chez l'Amphioxus et les Cyclostomes. Mais ces formes anceslrales n'ont laissé aucune trace. Les Pleiiracanthus, dépourvus de corps vertébraux, et à corde dorsale non segmentée, sont ceux qui s'en rapprochent le plus. Leur queue était difkycerque, c'est-à-dire divisée par la notochorde en deux parties égales (Qg. 475 A). Mais la présence d'arcs neuraux et de membres pairs, les spécialise nettement. On s'accorde à en faire les Prosclaciens, et à les considérer comme la souche commune des SÉLACIENS et des Ganoïdes. Les premiers ont persisté depuis la période primaire en gardant leurs caractères ancestraux: leur squelette entièrement cartilagineux ; leurs dents et leurs piquants solides^ souvent seuls conservés chez les fossiles ; leurs fentes branchiales distinctes et s'ouvrant directement à l'extérieur ; leur queue hélérocerque, c'est-à-dire à deux lobes inégaux, le supérieur plus grand et soutenu seul par l'extrémité de la corde dorsale relevée (fig. 475 B). Ils ont faiblement évolué, sans subir de modiûcalions profondes.

Au contraire les Ganoïdes ont montré une puissance d'évolution remarquable, et, tandis que les uns se perpétuaient jusqu'à nous, les autres donnaient naissance à tous les autres groupes de Poissons. Les Ganoïdes se rattachent d'ailleurs aux Sélaciens primitifs par des formes de passage intéressantes, les Acanthodes, dont les nageoires présentaient en avant de forts piquants (iclithyodorulites) comme les Sélaciens, et dont les écailles séparées encore les unes des autres comme chez ces derniers, et donnant à la peau un aspect chagriné, prennent la forme rhomboïdale et l'aspect brillant caractéristique des Ganoïdes.

C'est, en effet, à leurs écailles émaillées osseuses, en généra! losangiques, que ces Poissons doivent le nom que leur a donné Agassiz. Les plus primitifs se rattachent nettement aux Prosélaciens par leur queue presque diphycerque, leurs nageoires paires couvertes d'écaillés à la base, et leurs nageoires impaires dépourvues de ces pièces en chevron que nous décrirons plus loin sous le nom de fulcres. Ce sont les Crosso;o^é;-î/^iens, représentés encore aujourd'hui par le Polypterus. Leur squelette est naturellement cartilagineux; et il en est de même des Chondrostéens, dont la queue est franchement hétérocerque, la peau nue {Spatulayna) ou armée de cinq rangées de plaques osseuses [Acipenser), les nageoires munies de fulcres. Tous ces Ganoïdes cartilagineux se rattachent aux Sélaciens non seulement par la nature de leur squelette, mais par un certain nombre de faits anatomiques,. comme la présence d'un repli membraneux spiral {valvule spirale) dans l'intestin. Ils s'élèvent cependant au-dessus de ce groupe par la constitution de leur appareil branchial, constitué comme celui des Téléostéens et protégé aussi par un opercule.

Les Ganoïdes se rattachent d'ailleurs d'autre part aux Poissonsosseux par les Euganoides [Lepidosteus, Amia) dont le squelette est ossifié. La Paléontologie nous donne de nombreux stades de celtfr ossification. Dans certains [ypes{Cœlacanlhidés), les corps vertébraux ne sont pas représentés; dans d'autres {Holophjchius), ilssontrudimentaires. Le Lepidosteus actuel a sa colonne vertébrale entièrement osseuse. Ces animaux ont entièrement perdu leur valvule spirale, et la ligne de démarcation est fort difficile à établir avec les Téléostéens, surtout pour les formes fossiles, encore moins spécialisées. De nos jours encore, VAmia a été tour à tour ballottée des Ganoïdes aux Téléostéens.

Les Téléostéens ont, depuis le Crétacé, remplacé peu à peu les Ganoïdes; ils forment aujourd'hui les huit neuvièmes des Poissons. Ils constituent un groupe très homogène, dont l'évolution

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se réduit à fort peu de cliose et qui ne présente qu'un très petit nombre d'adaptations secondaires.

On peut considérer comme primitifs ceux chez lesquels la vessie natatoire communique par un canal aérien avec l'œsophage. Ce sont les Phjsostomes, originaires du Jurassique. Par une évolution ultérieure, la vessie s'est fermée, et le canal aérien n'est plus représenté que par un hgament. Ce sont les Pàysochjstes. Les uns ont les rayons de leurs nageoires flexibles et articulé?, comme ceux des Physostomes. Ce sont les Anacanthiniens ; on les oppose aux Acanlhoplérygiens, à rayons rigides et épineux. Ce sont les derniers venus des Poissons; ils ne prennent tout leur développement qu'à l'époque tertiaire et forment aujourd'hui le liers des Poissons connus.

Les petits groupes aux formes bizarres, mais peu modifiés en somme, des Pleclognalhes et des Lophobranches, complètent cet ensemble.

Les adaptations secondaires que nous présentent les Poissons sont au nombre de deux : la tendance à une vie arénicole ou limi" cole, la tendance à émerger dans l'air.

Le premier mode se résume en général à de légères modificalions dans la forme des nageoires antérieures, dont les rayons servent à la locomotion sur le sol. Chez le Periophlhalmus, le membre se modifie au point que l'animal, à marée basse, peut sauter, comme une grenouille, après les petits animaux dont il -^e nourrit.

La plus extraordinaire des modifications qui se puisse rencon- Irer est celle qu'offrent les Pleuronectes, qui sont presque constamment couchés sur le sable, les uns sur le côté droit, les autres sur le côté gauche. En raison de cette position particulière, la symétrie première du corps se modifie complètement: le côté sur lequel est couché l'animal est blanc, l'autre est au contraire coloré. Les deux yeux et les deux narines passent sur ce dernier et la musculature s'y développe d'une façon plus considérable Le crâne se déforme et perd toute symétrie. Ces diverses modifica- Uons peuvent se suivre dans l'ontogénie, le jeune cà sa naissance étant absolument symétrique, et se modifiant progressivement

llg. 447].

Les tentatives faites par les Téléostéens pour se soustraire à la vie aquatique sont peu nombreuses et surtout peu couronnées de ^uccès, soit que l'animal se serve de ses nageoires pour le vol {Daclylopterus, Exocœlus), soit qu'il emploie les dents de son opercule à progresser sur le sol ou même à monter aux arbre. [Anabas), soit enfin qu'il rampe dans l'herbe par les ondulations R. PERRiEn. — Anat. comp.

de son corps [Anguilla). Les seules modifications qui en résultent consistent dans le rétrécissement de la fente operculaire (.Anguille) ou le développement de replis dans les parois de la cavité branchiale modifiée ainsi en poumon.

Nous trouvons dans un dernier groupe de Poissons une adaptation bien plus complète à la vie aérienne. Je veux parler des DiPNEuSTES, qui peuvent respirer soit par des branchies, comme les autres Poissons, soit par un ou deux poumons correspondant à la vessie natatoire. Ils se rattachent très nettement aux Ganoïdes, en particulier aux Crossoptérygiens, au point que plusieurs naturalistes les réunissent dans un même groupe. Les poinLs communs sont la corde dorsale persistante, le squelette incomplètement ossifié, et très conforme à celui des Ganoïdes, la valvule spirale de l'intestin.

Mais l'apparition du nouveau mode de respiration a un reten-

Fig. 447. — Quatre stades du développement post embryonnaire d'un Pleuronecte, montrant le déplacement progressif des yeux (a) et des narines (n) et l'apparition de l'asymétrie de la bouche (6).

ïissement notable sur l'anatomie interne, et met les Dipneustes iout à fait à part, sur le passage des Poissons aux Batraciens.

Les Batraciens ont apparu dans le terrain houiller. Mais à cette époque ils étaient représentés par les Slégocép/iales, aujourd'hui complètement éteints. L'origine des Batraciens doit être sans conteste recherchée parmi les Poissons. Le développement et l'Anatomie comparée ne sauraient laisser de doute à cet égard. La Paléontologie affirme nettement celte origine ; la forme la plus simple, la larve de Branckiosaurus, a des arcs branchiaux pourvus de dents, etles os des membres réduits à de minces tubes délicats. Ce sont très vraisemblablement les Ganoïdes Grossoptérygiens et les Dipneustes qui constituent le phylum qui a donné naissance au groupe qui nous occupe. Le crâne des Stégocéphalcs (fig. -448) présente avec celui des Ganoïdes de remarquables rapports : le plan de structure en est le même, et la voûte crânienne est recouverte tout entière par des os dermiques identiques à ceux des Ganoïdes. Toutefois une différence essentielle existe entre les

PAYLOGÉNIE DES BATRACIENS.

deux groupes; on ne rencontre nulle part de forme de passage reliant la nageoire polydactyle des Poissons ou le membre bisérié des Dipneusles à la patte pentadactyle des Batraciens, qui se rencontre même chez les formes les plus inférieures du groupe.

On ne trouve aucun Batracien dans le Jurassique. Cette lacune paléontologique s'explique sans doute, par la rareté des dépôts d'eau douce de la majeure partie de cette période. Lorsqu'on arrive au Crétacé inférieur, les Stégocéphales ont entièrement disparu, et les groupes actuels de Batraciens font leur apparition. Malgré cette grande lacune, la liaison de ces groupes avec les Stégocéphales n'est pas douteuse. On s'explique facilement comment, par la régression de certains os, le crâne clos des Stégocéphales amène au crâne si incomplet des Batraciens actuels. La filiation est particulièrement nette pour les Urodéles, oîise rencontrent encore à l'époque actuelle : l" des formes munies à la fois de branchies externes, de branchies internes et de poumons, les Phanérobranches; 2" des formes ayant des poumons et des fentes branchiales, les Cryptobranches; 3» des formes n'ayant àTétatadultequedes poumons, les Salamandrines. Ces dernières passent d'ailleurs, àl'état de Têtards, successivement parles deux premières formes. Dans certaines conditions, elles peuvent ne pas atteindre l'état adulte normal, et se reproduire par paedogenèse quand elles en sont encore à la première forme. C'est le cas de plusieurs Salamandres, et notamment de YAmblystome, réellement Salamandrine dans l'Amérique du Nord, qui, en France, se reproduit quand elle possède des branchies externes, et ne dépasse pas ce stade phanérobranche On en avait fait le genre Siredon Axolotl.

Concurremment avec les Urodéles, les Gipnnophioncs, dépour vus de queue et de membres, descendent directement dos Sté gocéphales. On trouve parmi ces derniers un groupe serpenti" forme à nombreuses vertèbres, et sans membres, dont le type

448. — Face supérieure du cràue de Hranchionaiivus amblyslomus, da grès rouge de Dresde : A, orbites ; N, fosses nasales; P, trou pariétal; os, supra-occipital (interpariétal ?);

pariétal; ^ frontal; n, nasal; im, intermaxillaire; ?m, maxillaire; fa , prœfrontal ; fp , postfrontal ; op, postorbital ; sq, squamosal ; e, épiotique ; ts, supra-temporal ;/, jugal; gj, qnadrato-jugal; se, anneau sclérotical.

804 YERTÉDRÉS. — GÉNÉRALITÉS.

est le Bolichosoma, mais il est douteux que ce soit l'origine des.

Gymnophiones.

Quant aux Anoures, tout fait supposer qu'ils descendent des Salamandrines. Leur développement larvaire l'indique d'une façon fort nette. La Paléontologie est muette h cet égard. L'évolution a dû se produire pendant la période jurassique; car au Crétacé, les Urodèles et les Anoures sont représentés également. Mais les terrains jurassiques ne nous ont conservé aucune forme depassage.

Avec les Reptiles, nous arrivons aux Vertébrés à respiration exclusivement aérienne. Ce groupe, si riche en formes pendant la période jurassique, est aujourd'hui réduit à un assez petit nombre | de types. Ils tirent très évidemment leur origine des formes inférieures de Batraciens, des Stégocéphales.

Le type Reptilien primitif est représenté h l'époque actuelle par le seul genre Ilatteria; mais, aux époques permienne et triasique, des formes analogues étaient plus répandues et on en retrouve jusque dans le Crétacé. On les réunit dans le groupe des Rhynchocéphales. Il se distingue de tous les autres groupes de Reptiles par de manifestes caractères d'infériorité : vertèbres biconcaves; sacrum formé de deux vertèbres non soudées; os carré immobile; intermaxillaires non soudés, simplement unis par un ligament : pas d'organes copulateurs ; pas de caisse du tympan, pas de peigne oculaire.

Tous ces caractères seront précisés et expliqués plus tard. Qu'il nous suffise d'indiquer ici le rapport que présentent ces êtres avec les Stégocéphales, rapports tellement étroits que, pour beaucoup de types, la place zoologique est difficile à préciser nettement.

A leur tour, les Rhynchocéphales se rattachent très nettement aux Sauriens. Avant que Gunther n'ait révélé les particularités de son organisation, on rangeait VHaiteria dans ce groupe à côté des Agames. C'est le groupe à la fois le moins spéciaUsé et le moins élevé en organisation que présente le type Reptilien. 11 est parfaitement défini au point de vue anatomique par la présence de deux vertèbres seulement au sacrum, par les vertèbres rarement amphicœliques [Geckos], généralement procœliques, leurs dents attachées au maxillaire, et un grand nombre de traits d'anatomie interne qu'on ne peut détailler ici.

L'homogénéité est très grande, et le seul point sur lequel il y ait lieu d'insister est la tendance à la suppression des membres. Cette tendance se manifeste dans deux groupes fort différents, celui des Scincoïdes (Hrévilingues) et celui des Annulés. L'anato-

PIIYLOGÉNIE DES REPTILES-

miè comparée nous montre la réduclion graduelle; dans le premiev groupe, on trouve des genres à quatre pattes bien déve- Joppées et pourvues de cinq doigts {Scmcus) ; d'autres où les pattes ■réduites à. trois doigts sont d'une extrême brièveté {Seps), d'autres encore où un seul doigt persiste à chaque patte {Chamœ- ■saiirus); chez le Pi/gopiis, les membres antérieurs ont disparu, les postérieurs sont réduits à l'état de nageoire ankylosée; ils ne •constituent plus qu'un petit mamelon chez le Pseudopus. Enfin •certains types paraissent tout à fait apodes [Anguis, Ac.ontias, etc.); leurs membres sont représentés par quelques os ru'limentaires cachés sous la peau.

Une réduction semblable se voit chez les Annulés, qui, sauf l'un d'entre eux {Chirotes canaliculatus) , sont tout à fait apodes, et vivent dans la terre, à la façon des Lombrics.

Cette tendance relie d'une façon parfaite les Sauriens aux Ophidiens, dont quelques-uns possèdent encore des rudiments du squelette des membres. L'anatomie des deux groupes est très analogue, et nous sommes autorisés à réunir les Sauriens, représentés seulement à l'époque actuelle par les Lacertiliens^, avec les Ophidiens, pour en former un groupe unique. Les Ophidiens semblent ■d'ailleurs s'être séparés très tard de la souche lacertilienne autant que permettent d'en juger les ossements extrêmement rares qu'on en possède, et qui sont déjà nettement caractérisés. Les ■Ophidiens ont donc fort peu évolué depuis leur apparition.

Les Crocodiliens diffèrent des I^ézards par des caractères incontestables de supériorité. La séparation complète de la par- "tie veineuse et de la partie artérielle du cœur indique un réel progrès. Les dents, localisées sur les maxillaires, sont implan - 'tées dans des alvéoles; les maxillaires et les intermaxillaires se ■prolongent vers la ligne médiane en des lamelles, qui, après leur «oudure, sépareront en deux portions la cavité buccale primi- •tive; au-dessus de la bouche, se formeront deux canaux, séparés sur la ligne médiane par le vomer. Ce sont les fosses nasales, «'ouvrant au dehors par les narines, dans l'arrière-bouche par Hes arrière-narines. Ces divers traits anatomiques ne se rencontrent avec une semblable perfection que chez les Mammifères.

On a comparé les Crocodiliens aux grands Sauriens nageurs ■de la période secondaire, les IchUiyosaures, les Plésiosavrcs, et on a souvent réuni les trois groupes dans la sous-classe des Ilydrosauriens. Mais c'est là une simple apparence, due à une adapla- •lion commune à la vie aquatique. L'adaptation est d'ailleurs bien moins prononcée chez les Crocodiliens, et il est impossible de faire dériver la patte peu spécialisée des Crocodiles de la nageoire

fies Enaliosauriens. En réalité, la parenté avec les Sauriens remonte beaucoup plus loin et doit être recherchée clans l'origine même de ce groupe, dans les Rhynchocéphales. On peut suivre (l'une façon fort nette le chemin suivi par l'évolution paléontologique du groupe, des Rhynchocéphales aux. Crocodiliens actuels. Le passage se fait par des types, formant le groupe des Parasuchiens, où les fosses nasales ne sont pas constituées à l'état de cavités spéciales, séparées de la bouche par un palais, et où les narines communiquent directement avec la bouche par \m canal vertical. Les Crocodiliens actuels, par opposition, forment le groupe des Eusuchiens.

Les Chéloniens constituent parmi les Reptiles un type tout à fait isolé et rigoureusement délimité ; la carapace et le plastron qui protègent leur corps forment l'un des caractères les plus nets qui puissent servir à définir un groupe. Leurs mâchoires, dépourvues de dents et revêtues d'un étui corné, les ont fait rapprocher par quelques auteurs du groupe fossile des Anomodontcs, mais il semble plutôt y avoir là un phénomène de convergence qu'une parenté réelle. On trouve du reste une tortue dès le Trias {Psammochehjs), et, chose remarquable, le type chélonien est déjà réalisé dans toute son intégrité, la carapace et le plastron sont complètement ossifiés, et presque entièrement soudés l'un à l'autre. Elle appartient même à un groupe encore existant, les Pleurodires, le plus spécialisé de tous.

La Paléontologie ne peut donc rien nous apprendre sur la phylogénie du groupe. L'anatomie comparée et l'embryogénie sont à cet égard moins muettes; elles nous enseignent nettement le processus de formation de ces bouchers osseux, elles montrent comment a pu se produire, à partir des Rhynchocéphales, l'évolution du groupe, sans décider si nous sommes en présence des types de passage eux-mêmes.

Les Oiseaux constituent l'une des classes les plus homogènes du Règne animal. Ils sont avant tout caractérisés par leur régime essentiellement aérien, et leur faculté de vol. Leur origine est assez clairement élucidée, elle est nettement reptilienne. La Paléontologie nous a révélé des Reptiles volants, les Ptérosauriens. Mais ce n'est pas dans ces types, dont le vol était plutôt analogue à celui des Chauves-Souris, qu'il faut rechercher l'origine des Oiseaux. Ils se sont éteints sans descendance.

Les Oiseaux descendent des Dinosauriens , dont plusieurs montent une adaptation progressive au saut, et se distinguent de tous les autres par leurs membres allongés, et leur bassin remarquablement développé. Eux-mêmes tirent leur origine des

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