PHYLOGÉNIE DES OISEAUX
Rhynchocéphales , et manifestent un remarquable polymorphisme.
Le groupe qui nous intéresse le plus ici est celui des Ornithopodes, dont le nom indique les affinités. Le membre inférieur est construit sur le même plar*^que celui des Oiseaux. Toutefois, les caractères aériens ne se montrent chez les Ornithopodes que d'une façon tout à fait sporadique. Ces constatations peuvent éclairer l'Anatomie comparée sur le processus de formation du groupe des Oiseaux, mais il n'existe aucun Ornithopode qu'on puisse considérer comme formant l'origine du groupe. Il est bon de remarquer ici que, chez les Crocodiles mêmes, on trouve un certain nombre de caractères qui tendent au type Oiseau (cerveau, organe central de la circulation); sans vouloir chercher là une preuve de parenté directe, nous devions signaler cette curieuse affinité.
L' Archseopteryx est le premier type où se rencontrent pour la première fois les caractères nets de l'Oiseau; il établit d'une façon très évidente le passage des Reptiles aux Oiseaux par sa queue de Lézard munie de vingt vertèbres, etemplumée de longues pennes, par ses membres antérieurs également emplumés et présentant trois doigts armés de griffes ; enfin par ses membres postérieurs, munis de quatre doigts dont les métatarsiens sont incomplètement soudés; les mandibules étaient armées de dents, implantées dans des alvéoles.
Si nous sommes fixés sur l'origine des Oiseaux, nous savons fort peu de chose de leur évolution. Pendant le Crétacé, les Oiseaux qui succèdent à VArchxoptenjx sont tous encore pourvus de dents; mais tandis que dans un groupe, les Odnnlolcse^ elles sont implantées dans des alvéoles, dans l'autre, les OJonlormee, elles sont soudées aux maxillaires.
A l'époque actuelle, les dents ont totalement disparu; et deux groupes sont encore à distinguer : les RalUes, h sternum dépourvu de crête osseuse, et dont les ailes très réduites sont impropres au vol; les Carinales, à sternum pourvu d'un bréchet.
Pour quelques auteurs, ces deux groupes auraient une origine différente, et représenteraient respectivement la descendance des Odontolcse et des Odon(o?-mce.
L'opinion de Fûrbringer semble plus vraisemblable. Les Ratites ne constituent pas un groupe homogène, mais sont issus de divers types de Carinates, par régression des ailes et perte de la faculté de voler ; un simple fait de convergence les unit les uns aux autres : ce serait donc un groupe éminemment artificiel. Les Autruches se rattacheraient aux Palmipèdes et présenteraient à
la fois des caractères des Anser, desïubinares et des Sléganopodes; les Casoars seraient alliés aux Écbassiers {Grus) et aux Gallinacés, l'Aptéryx ainsi que le Dinornis procéderait des llallidés.
L'évolution des Oiseaux a été du reste très faible; leurs varialions ont été de peu d'étendue, et la difficulté que présente leur classification indique combien le groupe est homogène.
Avec les Mamjiifères, nous atteignons le stade maximum de perfectionnement organique atteint par les Vertébrés, et par le règne animal tout entier.
L'origine du groupe est encore assez obscure. 11 est certain qu'on doit regarder les Monotrèmes comme les plus rapprochés de la souche commune des Mammifères, et comme ayant conservé le plus de caractères spéciaux à ces types ancestraux inconnus, que Marsh a désignés sous le nom d'BypolhéiHens.
Ces caractères primitifs sont : l'os coracoïde distinct et articulé au sternum; l'humérus et le fémur presque horizontaux, au Heu d'élever le corps comme chez les autres Mammifères; la présence d'un cloaque où s'ouvrent le rectum, les conduits génitaux et les conduits urinaires ; le peu de développement des glandes mammaires et enfin le mode de reproduction par des œufs méroblastiques. Ces caractères nettement primitifs peuvent aussi bien rapprocher les Hypothériens des Reptiles et des Batraciens. Les deux hypothèses ont en effet été émises, sans qu'on puisse à l'heure actuelle décider en faveur de l'une ou de l'autre.
Un groupe de Reptiles, les Thériodonies, montre une mâchoire hélérodonte comme celle des Mammifères. Mais faut-il voir là une parenté réelle? Faut-il au contraire, avec Huxley etBalfour, admettre une origine batracienne, à cause du double condyle, qui existe dans les deux groupes, et des os marsupiaux, qui représenteraient l'épipubis des Batraciens?
Quoi qu'il en soit, les Monotrèmes sont certainement les plus voisins de cette souche première. Mais eux-mêmes possèdent des caractères de spécialisation, notamment la régression des dents et la formation du bec corné. Ils se sont certainement séparés des autres Mammifères de très bonne heure. Les Mammifères mésozoïques sont en effet divisés en deux groupes : les Mulliluberculés, dont les dents à tubercules nombreux rappellent les molaires du jeune Ornithorynque, et les Panlolhérisns qui ont dû donner les autres Mammifères. Ces derniers à leur tour se divisent en deux groupes : les uns, présentant l'angle inférieur de la mâchoire infiéchi en dedans, conduisent aux i]lavsupiaiix ; les autres ont donné naissance aux Placentaires (Marsh).
L'évolution des Marsupiaux a été très faible, et s'est limitée
PHYLOGÉNIE DES MAMMIl-'ÈRES.
a des variations de régime. Bien aulremeni grande a été celle des Mammifères Placentaires.
Les moins spécialisés semblent être les Insectivores, qui, par une simple variation de régime, ont évolué aux Carnivores et aux Rongeurs. La transition avec les premiers est évidente; le passage-aux Rongeurs se fait par des formes fossiles [Tillodonles) ;i molaires tuberculeuses, présentant deux incisives à croissance continue, mais accompagnées de chaque côté par deux autres petites incisives et par une canine.
C'est de ce premier groupe que sont dérivés les Ongulés, qui marchent sur l'extrémité des doigts et ont la dernière phalange protégée par un sabot. Ce sont essentiellement des Mammifères coureurs, où les membres cessent d'avoir le rôle préhensile qu'ils possèdent dans la plupart des Onguiculés. La multiplicité des doigts, qui est surtout liée à la préhension, n'a donc plus de raison d'être; elle devient au contraire défavorable à la rapidité de la course. Aussi voit-on le nombre des doigts diminuer dans les types d'Ongulés les plus spécialisés. La Paléontologie nous montre d'ailleurs que c'est là un phénomène de régression, €t que les ancêtres des Ongulés étaient réellement pentadactyles. Nous montrerons à propos du squelette les séries phylogénétiques qui permettent de comprendre cette évolution des membres.
Contentons-nous d'indiquer présentement que les Ongulés nettement spécialisés peuvent se diviser, à. l'époque actuelle, en deux grands groupes : les Périssodactyles ayant un ou trois doigts (il y a exception pour les membres antérieurs des ïapiridés, qui ont quatre doigts), dont le médian a toujours la prédominance, et les Arliodaclyl.es, présentant deux ou quatre doigts.
Ces deux groupes, de beaucoup prédominants aujourd'hui, ont été réunis par Cope sous le nom de Diplarlhres, exprimant la disposition spéciale du carpe et du tarse, où l'arrangement des os alterne d'une rangée à l'autre. Cette disposition n'est pas primitive, mais constitue un caractère de spécialisation. La forme originelle est une disposition sérielle, qui se rencontre chez des types pentadactyles à molaires tuberculeuses, découverts par Cope dans les couches éocènes d'Amérique, et qu'il a appelés du nom de Condylarlhres. Ces types primitifs, dérivés eux-mêmes des Créodontes, formes alliées à la souche originelle des Carnivores, constitueraient l'origine de tous les Ongulés actuels. Une seule forme, VHyrax, rappelle à l'heure actuelle les Condylarlhres par la disposition des os du tarse et du carpe. On peut la considérer par suite comme la forme la plus voisine de la souche initiale.
Les Proboscidiens, représentés aujourd'hui par le seul genre Elephas, sont, un type aberrant descendant du Mastodonte, mais dont on ne connaît pas l'origine exacte. Ce sont évidemment des Ongulés, dont le tarse et le carpe montrent des analogies avec les parties correspondantes des Hyracoïdes et des Condylarlhres. Mais on ne connaît pas de types intermédiaires. Les Mastodontes apparaissent brusquement dans le Miocène moyen. Les principaux traits de leur organisation spéciale présentent du reste de nombreux analogues épars dans le groupe des Ongulés. Le développement du nez en trompe s'observe chez quelques Condylarthres , chez les Tapiridés, etc., sans toutefois être aussi
Fjg. 449. — Squelette de Cliauve-Souris : cl, clavicule; se, omoplate (scapulum); h, humérus; r, radius; u, cubitus {ulna); c, carpe; di, pouce; rfa, second doigt; 6, bassin; f, fémur; t, tibia; p, pieds.
excessif. Les molaires des Mastodontes rappellent celles du Tapir par leurs collines transversales. Mais on ne connaît aucun type réellement allié aux Proboscidiens.
La série des Mammifères se termine par deux groupes importants, celui des Primates, et celui des Lémuriens qui joue à Madagascar le rôle des Primates dans les autres régions. Leur origine est totalement inconnue; on en est i-éduit à des hypothèses extrêmement vagues, si peu fondées qu'il n'est pas utile de les rapporter ici. Les Primates n'apparaissent que dans le Miocène, et, dès l'origine, les deux groupes des Plalyrrhiniens et des Catarrhiniens sont nettement séparés; il y a donc lieu de croire que ce sont deux groupes distincts, d'origine différente, et qua rapprochés seulement une identité d'adaptation.
Les Lémuriens sont plus anciens (Eocène), et ils étaient à l'on-