DÉFINITION DES PROTOZOAIRES
protoplasma, a des conséquences qu'il est facile de prévoir (1). Ces conséquences sont assez importantes pour qu'on ait considère la présence ou l'absence de cellulose comme le critérium le plus précis de la distinction des animaux et des végétaux. Il coïncide d'ailleurs le plus souvent avec le critérium tiré de la locomotion.
Toutefois des exceptions assez nombreuses mettent encore ce critérium en défaut. Ainsi les Myxomycètes, champignons parasites, sont, dans la plus grande partie de leur existence, formés d'une masse de protoplasma nue et dépourvue de cellulose. Leur mode de reproduction seul les fait ranger parmi les Champignons.
On est ainsi amené à définir le végétal un être vivant dont les cellules sont, au moins à un moment de leur existence, entourées de cellulose.
Essai de conciltaïion. — Les protistes. — Quelques zoologistes, et particulièrement Hseckel, ont cru lever la difficulté en admettant à la base de l'empire organique un troisième règne, destiné à recevoir les êtres que l'on ne peut classer avec certitude ni parmi les animaux, ni parmi les végétaux. C'est le règne des Prolistes d'Hœckel (2). Les êtres vivants ne se répartiraient plus en deux règnes, convergeant comme les deux branches d'un Y, mais en trois groupes fondamentaux disposés comme un Y.
Il est clair que ce n'est pas lever la difficulté, mais simplement la déplacer; car il faudra chercher cette fois la limite des trois règnes. Si un pareil groupe de débarras peut être commode pour classer les types qui demandent encore de nouvelles recherches, l'expérience prouve que les formes indécises deviennent chaque jour de moins en moins nombreuses, et il n'y a plus, à l'heure actuelle, d'incertitude que pour des formes inférieures spéciales, quelques Flagellifères, quelques Amibes, etc., qui constituent le vrai point de contact entre le règne animal et le règne végétal.
Distinction des protozoaires coloniaux et des métazoaires. — La difficulté n'est pas moins grande pour séparer les Protozoaires des animaux pluricellulaires, des Métazoaires. Beaucoup de Protozoaires vivent en effet en colonies, et un pareil assemblage constitue une sorte d'être pluricellulaire, qui ne répond plus à la définition précédemment donnée ; mais, chaque individu pouvant se rattacher à une forme isolée, ces colonies viennent se ranger tout naturellement à côté des Protozaires unicellulaires.
On lève la difficulté en remarquant que les cellules qui composent de pareilles colonies sont toutes semblables entre
(1) Voir pour plus de développements : Sicabd, Éléments di zoologie, p. 2 et suivantes.
(2) H.ECKEt, : Le Règne des Protistes. Trad. fraur., Paris.
elles, et n'offrent aucune différenciation de forme ni de fonction.
Au contraire dans les Métazoaires, les éléments anatomiques sont toujours divisés en deux groupes au moins, différant et par leur structure et par leurs fonctions.
On doit donc définir les Protozoaires, des êtres unicellulaires, pouvant se rassembler en colonies, dans lesquelles chaque individu conserve sa forme primitive et son individualité propre, et ne présente aucune différenciation secondaire.
Une exception semble encore se présenter : c'est celle des Labymintuulés, découverts en 1887 par Cienkowsky (1) sur des poutres couvertes d'algues du port d'Odessa (fîg. 17).
Fig. 17. — Labyrint/mla vitellina. Cienk., attachée à un filament d'algue, «. — m, accumulation de cellules nucléées réunies par une substance interstitielle grauuleuse; /', filaments directeurs, n'existant pas à l'état de repos, et paraissant un produit de sécrétion cellulaire; p, dilatation se produisant aux points de coalesceuce des filaments ; c, cellules cheminant sur les filaments. Gr. euv. 150. (Chînkowskv.)
Ce sont de petites taches d'un rouge bi'ique, où le microscope laisse apercevoir deux parties: !<> une masse centrale granuleuse [m] où se trouvent une multitude de cellules arrondies, nuinics d'une membrane, nucléées [Labyrinlhula) ou sans noyaux {Chlamydomyxa) ; 2" une couche corticale formée de rameaux (/) anastomosés euuu réseau, le long desquels se meuvent des globules fusiformcs (c).
(1) CiENKOwsKY, A. ftl. A, 1. 111, 1867. — AnciiER. Q. J. t. XV, 1875. — Gedues, m., t. XXII, 1882.