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HÉTÉROGÉNÉITÉ DU GROUPE

Jl semblait qu'où eût affaire ici à un organisme présentant deux sortes d'éléments, et échappant par suite à la dcfiuition du groupe des Protozoaires. Mais on a reconnu aisément que les cellules l'usil'ormes étaient les mêmes que celles de la masse centrale, qui changent de forme lorsqu'elles quittent l'intérieur de cette masse, pour courir le long des rameaux.

La même remarque s'applique à un organisme plus remarquable encore, le Prolospongia (fig. 18). 11 est constitué par un certain nombre d'individus réunis par une substance gélatineuse. Ceux qui sont placés à l'intérieur de celleci (rt) sont de vrais amibes ; ceux de la périphérie au contraire (c) prennent l'aspect des Choanoflagellés. On voit d'ailleurs en suivant pendant quelque temps une semblable colonie, qu'xm même individu peut prendre successivement les deux formes.

On a donc bien affaire à un véritable Protozoaire colonial. Toutefois des exemples semblables sont pour nous d'un haut intérêt. Ils nous montrent comment a dû se faire la diO'érenciation qui a fait d'un Protozoaire colonial un Métazoaire. Les individus constituants, primitivement mobiles, et variant de forme suivant leur position, se sont enfin fixés comme situation et comme forme, elainsi s'est produit un nouvel organisme où entrent deux sortes de cellules, deux feuillets constituants.

Hétérogénéité du groupe. — Outre la difflculté qu'elle soulève pour la flélimitalion du groupe, la définition que l'on donne des Protozoaires présente un autre inconvénient. Elle réunit ensemble des aniinau.K qui n'ont peut-être entre eux aucun rapport de parenté.

Les zoologistes ne se proposent plus seulement de former des groupes d'après des caractères permettant d'arriver rapidement à la détermination des animaux ; ils cherchent à exprimer les affinités existant réellement entre les êtres, à dresser leur arbre généalogique. Or, le fait d'avoir un corps unicellulaire semble une sorte d'accident qui ne constitue, s'il est employé seul, qu'un caractère artificiel, et qui n'autorise pas k réunir dans une même unité tous les êtres qui le présentent. Les Protozoaires n'ont en commun que cette propriété. Les- divers groupes que l'on y signale différent beaucoup entre eux à tous les autres points de vue.

Fig. 18. — Protosponyia Hœcketi. Kent. Colonie d'environ 40 individus, réunis par une substance gélatineuse, g. — a, individu amiboïde ; d, individu semblable en voie de division; c, individus choanoflagellés; K, kyste, dont le contenu est divisé en nombreux fragments (spores ?). Gr. env. 600. (SaviLLE Kent.)

Le groupe des Protozoaires semble donc un groupe un peu artificiel, comparable aux Venues de Linné. Les découvertes futures amèneront sans nul doute son démembrement en un certain nombre d'embranchements distincts. Nous sommes obligés pour le moment de nous conformer à l'usage, et d'admettre encore cet embranchement primordial.

Degrés divers de différenciation. — Classification. — La cellule qui constitue le corps d'un Protozoaire peut présenter les stades les plus divers de complication. Depuis le simple grumeau de gelée sans aucune différenciation visible des Amibes inférieures (fig. 19), jusqu'à la cellule éminemment complexe qui forme le corps d'un Infusoire cilié, tous les intermédiaires existent.

Nous pouvons dès à présent indiquer que le corps d'un Protozoaire peut se présenter sous deux états tout à fait différents.

Chez les plus inférieurs, il n'existe pas de membrane d'enveloppe, le protoplasma fondamental de la cellule est nu ; la forme du corps n'est pas fixée et varie à chaque instant. Il se produit en effet des émer- Fig. 19. - Protmnœba primitiva. - A, lani- «.gj^ces transitoires de la ■ mal rampant; B, en train de se diviser; L, ^ . divisé en deux moitiés. masse protoplasmique ,

qui servent à l'animal soit à se mouvoir, soit à saisir ses aliments. On les appelle des pseudopodes .

D'autres fois au contraire, la portion externe du protoplasma se différencie en une membrane continue, élastique, plus ou moins résistante, et capable de fixer la forme du corps. Il ne peut plus exister de pseudopodes, et la locomotion se fait à l'aide de cils vibratiles, ou de flagellums, émergences protoplastiques permanentes qui sont en perpétuel état de mouvement, et produisent le déplacement de l'animal .

Cette différence de structure correspond à peu près à la division qu'on s'accorde généralement à admettre dans les Protozoaires.

Les types à protoplasma nu constituent les Udizopodes, les Gi/mnomyxa de Ray Lankester; les autres, qu'on désigne quelquefois sous le nom de Plegepodes, ou Cortiquks de Ray Lankester, comprennent les Flagellés, les Infusoires et les Aciné-

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