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POILS DES MAMMIFÈRES

Le poil doit encore naissance à une papille dermique vasculaire recouverte d'épiderme. Mais celle papille, au lieu d'être superficielle, est enfoncée profondément dans les couches inférieures du derme. Le point de départ du poil est un bourgeon épidermique plein qui pénètre dans le derme. Ce bourgeon, avec le tissu dermique voisin, constitue le follicule du poil. Au fond de ce follicule, le derme se soulève en une saillie, pareille aux po pilles cutanées, en repoussant devant lui l'épiderme dont il se recouvre comme d'une coiffe.

C'est cette saillie dermique, avec la couche épidermique qui la surmonte, qu'on appelle le bulbe, et qui donnera naissance au poil. La papille dermique est très vasculaire ; les cellules épidermiques, abondamment nourries, vont proliférer, former une tige, qui écarle devant elle les assises épidermiques du follicule, et qui finira par faire saillie à l'extérieur, pour former la tige du poil. Toute la masse du poil est formée de cellules cornées et aplaties. Mais elles peuvent présenter divers caractères et permellenl de définir dans le poil trois parties (fig. 458) : 1° un épicier niicule, très mince, el formé de cellules cornées, imbriquées [5) ; 2° la substance corticale, épaisse, munie de granulations pigmenlaires, qui disparaissent ou sont masquées par des bulles d'air dans les poils vieux et devenus blancs [6); 3" la substance médullaire, occupant un canal central, et formée de cellules polyédriques (8).

Au poil sont adaptés (fig. 454) :

1° Deux glandes sébacées (7), qui débouchent entre le bulbe elle follicule, et qui ont déjà été décrites;

2° Un muscle lisse, qui s'attache d'une pari au fond du follicule, d'autre part à la surface du derme. En se contractant, le poil est redressé et poussé partiellement au dehors. C'est le phénomène connu vulgairement sous le nom de chair de poule.

Les poils sont presque constamment présents chez les Mammifères. Les Sirénides, V Hippopotame, l'Eléphant en sont seuls à peu près complètement dépourvus. Les Cétacés n'en possèdent qu'à la lèvre supérieure, quelquefois même seulement chez le fœtus. A. part ces exceptions, ils existent partout. Ils peuvent être toutefois remplacés en tout ou en parlie par d'autres productions épidermiques (Tatou, Pangolin, Hérisson, Porc-Epic, Echidnc, callosités des Singes, etc.).

Leurs variétés sont en nombre infini, mais elles sont purement superficielles (jarres, duvel, vibrisses, cils, crinière, laine, etc., etc.). Sans nous arrêter à les définir, il faut indiquer que, h. quelques exceptions près (cheval, etc.), la fourrure

•se compose de deux sortes de poils : la laine el les poils proprement dits; ces derniers plus longs, plus forts, moins nombreux, les autres constituant un revêtement particulièrement •efûcace contre la déperdition de chaleur.

Plumes des oiseaux. — Les plumes sont aussi caractéristi- •quesdes Oiseaux queles poils le sont des Mammifères. Elles existent déjà chez VArchxopteryx^ encore assez éloigné du type définitif.

La plume, comme le poil, possède comme partie vivante un bulbe^ profondément enfoncé dans le derme, et lui-même contenu dans un follicule (ûg. 439, A). Mais la formation de cet organe se fait d'une façon un peu autre que pour le poil. Il se forme d'abord une papille dermique proéminente, et ce n'est que ■plus tard qu'elle s'enfonce dans le derme. A l'inverse du poil, le bulbe se produit avant le follicule. Le résultat final est d'ailleurs identique.

D'après les travaux de Studer (1), il se forme d'abord uu duvet provisoire. Après la constitution de la papille, telle que nous venons de l'exposer, celle-ci a une forme allongée, et se termine en pointe. Bientôt les cellules de la •couche de Malpighi prolifèrent, mais au lieu de rester juxtaposées, leur ensemble se divise en uu certain nombre de filaments isolés (B, C). Chacun d'eux pousse indépendamment, et devient une barne de plume. Les barbes sont longtemps enfermées dans la couche cornée primitive. Lorsque celle-ci s'est ■résorbée, les barbes deviennent libres, et la plume apparaît comme un petit pinceau de poils (ûg. 459 D).

Cette plume primitive, qu'on trouve toujours sur l'Oiseau au moment de l'éclosion, peut dans certains cas persister. Mais en général se développe à côté une plume définitive qui la remplace. Cette plume naît de la même manière que la première, et aux dépens d'une papille qui n'est qu'une colonie de la papille primitive (B, f^). Elle est d'abord identique à la plume primitive. Mais bientôt, l'une des barbes prend un développement considérable, s'épaissit et constitue Vaxe de la plume, tandis que les autres barbes, qui semblent désormais s'insérer sur cet axe, formeront les barbes de la plume.

A son complet développement, l'axe de la plume se compose <le deux parties : à la base, iin tube creux, le calamus, et, dans la région des barbes, une partie pleine, le rac/iis. La cavité du ■calamus était primitivement remplie par la papille dermique, mais, dans la suite, cette papille tend à s'atrophier et abandonne peu à peu le tube.

Les barbes de la plume, constituées comme le rachis, portent comme lui des barbes secondaires, les barbnles.

Suivant les caractères de leurs parties constituantes, on peut distinguer trois sortes de plumes :

1° Les pennes à axe rigide, et à barbules munies de crochets, qui s'attachent aux barbules de la barbe voisine (fig. 460), de sorte que les barbes restent un peu adhérentes les unes aux autres.

(1) Studeiv. Deilvuge ztir Enlwickelung der Fcder. Z.W.Z, B. XXX, 1878.

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