CÔTES DES POISSONS
A. Poissons. — Au point de vue ontogénique comme au point de vue phylogénique, les côtes passent par trois états : l'état fibreux, l'état cartilagineux, l'état osseux.
Le premier état se rencontre dans les Cyclostomes et les HoLOcÉPiTALES, où les côtes ne sont représentées que par des traclus fibreux qui s'attachent à la couche squelettogène.
Chez les autres Sélaciens, les côtes sont des tiges cartilagineuses toujours très courtes, placées latéralement et qui viennent s'articuler avec les arcs inférieurs.
Chez les Ganoïdes , elles se soudent même avec ceux-ci, au moins dans la région caudale, et contribuent à former le canal hémal, où passe la veine caudale. II résulte de là que ce canal, malgré sa disposition en apparence identique, n'est pas tout à fait homologue chez les Ganoïdes et chez les Sélaciens, où il est uniquement formé par les hémapophyses.
Les Téléostéens, à quelques exceptions près {Lopkobmnches, Plectognathes, Baudroie, Fistulaire, etc.), ont des côtes osseuses, articulées, mais non confondues avec les apophyses hémales. Elles sont surtout développées dans la région moyenne du corps; mais le plus souvent elles existent jusqu'au voisinage du crâne.
A mesure qu'on avance vers la queue, elles diminuent, et finissent par disparaître.
En aucun cas, elles ne forment un
Fig. 480. — Colonne vertébrale d'un Bombinator igneus presque complètementdéveloppé (les 4/5 de sa longueur définitive).—as, arcs supérieurs; aa, apophyses articulaires; al, apophyses transverses; C, côtes; /X(S), vertèbre sacrée; X, XT, lO" et 110 vertèbres ; Y, coccyx ; m, canal ueural; n»» et lO» et Ue paires de nerfs (Gôtte).
cercle complet, en se soudant h la ligne ventrale médiane, soit entre elles, soit à un os impair.
f rès fréquemment les aponévroses qui partent des côtes s'ossiBent en minces stylets osseux qui semblent former des côtes surnuméraires. Ce sontles arêtes. Chezcertains Poissons (Hareno) de pareils stylets peuvent partir aussi du corps et des arcs neu raux des vertèbres.
B. Batraciens. — Chez les Batraciens, les côtes sont en relation avec les apophyses transverses. Sauf l'atlas, toutes les vertèbres peuvent en porter. C'est ce qui a lieu chez les Gymnophiones et en partie aussi chez les Urodèles. Dans ce groupe, elles sont bien développées dans la partie antérieure du tronc. De même que les apophyses transverses, elles prennent naissance par deux racines, s'arliculant chacune à une des racines de l'apophyse transverse. Elles sont formées par l'union de deux tronçons, l'un court, dorsal, l'autre plus long, ventral.
Jamais d'ailleurs les côtes n'atteignent la ligne médiane ventrale; elles constituent toujours une cage thoracique fort incomplète.
Chez les Anoures, elles sont encore bien plus rudimentaires. Elles se soudent en général à l'extrémité de l'apophyse Iransverse^ et font corps avec elle(fig. 480, C). Il n'y a donc pas de côtes proprement dites. Rarement {Discogtossus pictus) on peut voir le cartilage d'articulation.
C. Vertébrés allaiitoïdiens. — Chez les Vertébrés allantoïdiens, les côtes sont surtout développées dans la région thoracique. Elles ne conservent leur individualité que là. Elles offrent d'ailleurs un grand développement. Les premières s'unissent à un os médian et ventral, le sternum; ce sont les vraies côtes; les autres {fausses côtes) s'y joignent indirectement ou restent flottantes au milieu des muscles. Quoi qu'il en soit, il se constitue ainsi une cage thoracique dont les mouvements permettent la dilatation ou la contraction de la cavité intérieure.
Les poumons étant logés dans cette cavité, ces mouvements ont pour résultat d'assurer l'entrée ou la sortie de l'air dans cesorganes.
D'une manière générale, les côtes cervicales existent partout. Mais elles sont peu développées et se soudent aux apophyses transverses. C'est donc par l'union des apophyses transverses et des côtés qu'est formée l'arcade dont l'oritice, le trou vertébral ou for amen transversarium, donne passage à l'artère vertébrale.
Originairement, les côtes elles-mêmes ont deux racines, l'une articulée au corps, l'autre à l'apophyse transverse. Mais en général la racine correspondant h l'apophyse transverse se réduit beaucoup, et il n'en reste d'autre trace qu'une facette articulaire,, placée au sommet d'un tubercule.
Quelquefois même, les deux facettes articulaires se rapprochent l'une de l'autre au point de se confondre à l'e.xtrémité de la côte d'une part, de l'autre au point d'union du corps et de l'apophyse Iransverse.