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REMPLACEMENT DES DENTS

pressés les uns contre les autres, et disposés dans la direction des tubes de l'ivoire qu'ils recouvrent. L'émail peut manquer complètement (Narval, Dugong, quelques Reptiles, tous les Édenlés), ou n'être développé que sur une étendue très restreinte. En -général, il recouvre toute la partie qui fait saillie au dehors,, et qu'on appelle la couronne de la dent, sans apparaître sur les parties cachées dans la muqueuse, sur les racines. L'ivoire de laracine est recouvert par le cément {E). 11 existe chez tous les Mam^ mifères et chez tous les animaux où la dent est reçue dans des alvéoles ou de profonds sillons des os. 11 a beaucoup d'analogie avec l'os, et il renferme un nombre considérable de cellules tout à fait semblables aux ostéoblastes. Des canaux vasculaires identiques aux canaux de Haverss'y rencontrent parfois, surtout dans les couches épaisses. C'est le seul des éléments de la dent qui soit un véritable tissu.

Le cément n'est pas toujours limité à la racine. Il peut s'étendre sur la couronne (dents des Ongulés) ; mais, dans tous les cas, il est constamment extérieur à l'émail (Bg. 346).

Remplacement des dents. — Les dents, soumises continuellement à un frottement mécanique, peuvent s'user, et deviennent impropres à la fonction qu'elles doivent remplir. Elles doivent alors être remplacées par de nouvelles dents qui viennent se substituer aux anciennes, désormais inutiles. Ce remplacement des dents, chez lesPoissonset quelques Reptiles, peut s'effectuer un nombre considérable de fois, et deux procédés peuvent être employés dans ce but. Chez les Poissons, en arrière de la rangée de dents en activité, se trouvent constamment, sur la face interne de la mâchoire, un ou plusieurs autres rangs de ces organes h différents degrés de développement, couchés sous des repUs de la muqueuse; ces dents sont alignées en file les unes derrière les autres; et lorsqu'une des premières vient à être mise hor« d'usage soit par l'usure, soit accidentellement, elle est rapidement remplacée par la dent qui la suit. C'est le procédé par rem-

Fig. 537. —Coupe d'une dent:

A, émail; B, ivoire; G, cavité do la pulpe ; D, collet ; E, cément.

placement latéral. Chez les Reptiles, le remplacement latéral se retrouve pour les crochets venimeux des Serpents; mais chez les Crocodiliens, la dent de remplacement se développe au-dessous de l'ancienne, et prend sa place quand elle est tomhée. 11 y a 7'emplacement vertical.

Chez les Mammifères, le remplacement des dents n'a plus l'importance physiologique qui se rencontrait chez les Vertébrés inférieurs. Les dents tombent avant d'être usées, et c'est bien plutôt dans un rappel d'un phénomène ancestral que dans une nécessité physiologique qu'il faut chercher la signification de ce phénomène.

Dans le plus grand nombre des Mammifères actuels, il existe deux dentitions successives : une première dentition, la dentition de lait, caractérise le jeune âge, et dure pendant une période plus ou moins longue. A une époque déterminée, ces dents tombent par résorption de la racine, et sont remplacées par d'autres qui se sont développées au-dessous d'elles [remplacement vertical). C'est la dentition définitive, qui comprend, outre les dents correspondant aux dents de lait, d'autres dents complémentaires à la partie postérieure de la mâchoire, dents complémentaires qui, dès lors, ne subissent jamais de remplacement.

Dans certains types de Mammifères, il n'existe plus de dentition de lait. Ce sont les Monophyodontes d'Owen, par opposition aux Diphyodontes à deux dentitions successives. Nous aurons à rechercher si c'est là la conservation d'un caractère ancestral, ou plutôt un simple phénomène d'accélération embryogénique, entraînant la régression de la dentition de lait.

Développement des dents. — Nous l'avons déjà dit, les parties qui prennent part à leur formation sont les couches profondes de l'épiderme et les couches du derme immédiatement sous-jacentes.

Le début du germe dentaire est uu bourgeon épithéllal formé par la couche de Malpighi de la muqueuse buccale, qui s'enfonce dans la profondeur du derme (fig. ô^iS A). Ce bourgeon, par un processus qu'indiquent suffisamment les figures, finit par devenir tout à fait indépendant de 1 épithélium général ; il prend bientôt la forme d'un sac à double paroi (fig. 638 C), coiffant une portion du mésoderme {'IG). Les deux parois de ce sac (^5, IS) sont formées d'épilhélium cylindrique, taudis que l'espace compris entre ces parois est occupé par des cellules étoilées d'origine épithéliale (/5). Ce sac, qui donuei'a naissance à l'émail, porte pour cette raison le nom de sac adamantin. L'émail (E, 22) est une production cuticulaire de sa paroi interne. Si l'émail est d'origine épithéliale, il n'en est pas de même des autres substances dentaires qui sont dues aux cellules du derme. L'ivoire, eu particulier, tire son origine des cellules externes {-17) de la papille dermique coiffée par le sac adamantin; il se forme de dehors en dedans. Ces cellules, connues sous le nom d'odonloblasles, forment une couche très nette où elles sont disposées sur une seule rangée; elles sont pourvues de i^rolongemeuts dirigés vers l'organe de l'émail, et c'est autour de ces prolongements que se dépose la dentine {S4). Les restes des filaments des odouloblastes constituent ce que nous avons déjà décrit sous le nom de tubes de l'ivoire. Le

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