DENTITION DES MAMMIFÈRES
une imporlance extrême au point de vue de l'anatomie comparée et de la division du groupe en ordres. Cette division est en effet basée sur les adaptations diverses dues à la variation de régime. Il est naturel que l'mfluence du régime s'exerce tout d'aloord le plus complètement sur la dentition. Mais il nous faut d'abord indiquer les traits généraux que présente la dentition des Mammifères typiques.
Les Mammifères ont, sur chacune des mâchoires, une rangée de dents occupant le bord extrême de celles-ci et logées dans des alvéoles creusées dans une crête commune.
Les ancêtres des Mammifères avaient vraisemblablement des dents non soumises au remplacement. Ce caractère est conservé dans un certain nombre de types, réunis sous le nom de Monophyodontcs, dont nous étudierons la dentition en second lieu. Le plus grand nombre des Mammifères actuels ont une dentition de lait précédant une dentition définitive. Ce sont des Dipkyodontes.
En général, la dentition de lait est en usage pendant une assez longue période dans les premiers temps de la vie. Dans certains types cependant, le remplacement s'effectue très peu de temps après la naissance, et précède même parfois celle-ci {Inseclivores, Chéiroptères); elle n'a donc aucuue fonction. Chez les Sirénides, elle est tout à fait rudimentaire. Ce sont des Pseudo-monophyodontes.
Le second caractère capital de la dentition des Mammifères réside dans la diversité des dents qui la composent.
Il existe typiquement à chaque mâchoire trois sortes de
dents (fig. 3M A) :
1° Les incmues, généralement tranchantes, et définies surtout par la situation des incisives supérieures sur les prémaxillaires;
2" Les canines, une de chaque côté et à chaque mâchoire, généralement coniques et aiguës, et destinées à déchirer. C'est la première des dents attachées aux maxillaires .;
3" Les molaires, placées en arrière de la canine ; elles ont une couronne plus large que les précédentes, surtout les postérieures, et sont, chez les herbivores, aplaties comme des meules. Elles peuvent s'attacher aux maxillaires par deux ou trois racines, fait qui, à part quelques Sélaciens fossiles, ne se rencontre exclusivement que chez les Mammifères. Parmi les molaires, les plus antérieures sont soumises à un renouvellement; les postérieures n'apparaissent que dans la dentition définitive. De là la distinction des prémolaires et des vraies molaires.
Remarquons que, des quatre types de dents que nous venons d'6numércr, il en est un qui n'est qu'imparfaitement défini. La canine n'est, en effet,
déterminée que par sa forme et sa position relative. Il est des cas où on éprouve un grand embarras à décider si on a affaire à une canine ou à une prémolaire. On est d'ailleurs généralement d'accord pour admettre que la canine n'est, en somme, que la première prémolaire dont la forme est en rapport avec la fonction.
Il est intéressant de noter ici qu'une semblable différenciation se remarque dans la dentition des Reptiles permiens et triasiques, réunis sous le nom de Thériodontes (= Pélycosaiiriens). Leurs dents, implantées dans des alvéoles, mais non soumises au remplacement, se divisaient aussi en incisives, canines
Fig. 544. — A. Mâchoires du Porc, vues de profil. — B. Mâchoire supérieure. — G. Mâchoire inférieure vue par la surface de frottement (Fréd. Guvier).
et molaires. Toutefois, il est douteux que ce groupe représente les ancêtres réels des Mammifères; il semble plus croyable que nous sommes eu présence d'un phénomène de convergence; il nous indique simplement le processus par lequel une dentition homodonto peut se différencier et devenir hctérodonte. Gomme toujours, nous trouvons des données sur le mode d'évolution plutôt que sur la phylogénie réelle.
Étant donnée l'importance systématique de la dentition des Mammifères, il était important de pouvoir représenter rapidement celle-ci dans les diagnoses, et on a adopté des formules dentaires indiquant le nombre des dents de chaque espèce. Une dentition