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DIFFÉRENCIATION DES DENTS

haute de la dent inférieure, dont le talou seul porte contre la dent supérieure (Carnassiers).

Chez les Herbivores, apparaît un quatrième tubercule en arrière du tuber-

Fig. 545. — Morphologie des molaires des Mammifères fies dents de la rangée supérieure, vues par leur côté interne, appartiennent à des mâchoires inférieures; celles de la rangée inférieure à des mâchoires supérieures] : A, deuxième prémolaire de Ta(pa eiiropasa; B, dernière prémolaire de Viverra; C, première molaire (carnassière) de Viverra; D, troisième molaire de Cebus albifrons ; E, molaire à' Anoplollierium commune ; F, quatrième prémolaire de Lemur macaco; G, quatrième prémolaire (carnassière) de Canis familiaris; H, première molaire du même; I, deuxième molaire de Porc; J, première molaire A'Ovis aries.

cule interne; la dent devient tétragonodonte().),uisS.s sa largeur plus considérable la distingue toujours de la dent inférieure ; chez cette dernière, les

Fig. 54G. — A. Coupe d'une incisive de Cheval (dent hypselodonte^ — B. Coupe schématique d'une dent prismatique, encore enfermée dans le sac dentaire: A, sac dentaire; D, pulpe; C, cément; couche des odontoblastes; E, sac adamantin; F, ivoire; G, cmàil. — C. Coupe transversale d'une molaire de Cheval : A, cément extérieur; B, émail; C, ivoire' D émail interne limitant les vallées; E, cément comblant les vallées. ' '

deux cuspides de même rang transversal sont très rapprochées, et ne sont que les deux poiutes d'un tubercule bifide; elles sont, au contraire, indépendantes dans la molaire supérieure, '

R. Perrier. — Annt. comp.

Modifications dans la forme des tubercules. — Les tubercules, une fois constitués, peuvent se modifier dans leur forme et surtout dans leurs rapports réciproques; plusieurs types sont à distinguer à cet égard :

1" Dans la forme primitive, les tubercules restent distincts; ils ont une forme arrondie et peuvent, d'ailleurs, être terminés en une pointe aiguë ou en une tête mousse. C'est le type biinodonte (fig. 545, D, I) ;

2" Chez les Carnivores, les tubercules sont aplatis latéralement, et les deux crêtes longitudinales ainsi formées se terminent par une arête tranchante, se continuant à la base avec les arêtes des tubercules voisins. C'est le type secodonte (fig. 545, A,B,C,G);

30 Enfin, dans le type Lopkodonte (fig. 545, E), spécial aux omnivores et aux herbivores, les tubercules s'émoussent et s'abaissent en s'élargissant ; de plus, suivant certaines lignes, se développent des crêtes droites ou recourbées en forme d'arcs, qui relient entre eux les tubercules ; le sommet de ceux-ci s'efface de la sorte plus ou moins. La disposition des crêtes est d'ailleurs sensiblement perpendiculaire au sens de la mastication ; chez les Rongeurs et les Proboscidiens, où la mâchoire se meut d'avant en arrière, les crêtes sont transversales; chez les Ruminants, où dominent les mouvements de latéralité, elles sont plutôt longitudinales; dans ce groupe, elles affectent la forme de croissant, qui a fait donner à cette variété le nom de dent séténodonte (fig. 545, J).

Modifications dans l'allongement Des dents. — Un dernier ordre ae modifications porte principalement sur l'accroissement en longueur de la dent. Dans le type primitif, la racine de la dent se ferme de bonne heure, comme nous l'avons dit, à l'exception d'un fin canal, où passent les vaisseaux et les nerfs de la pulpe. Dès ce moment, la dent cesse de s'accroître; c'est le type brachyodonle, caractérisé par la faible hauteur de la couronne, l'épaisseur du revêtement d'émail qui la recouvre, et la localisation du cément sur la racine de la dent. Chez les Herbivores, la racine tend à se fermer de plus en plus tard, et la dent s'allonge en conséquence. En même temps, ou voit la couche d'émail de la couronne s'amincir, les vallées qui séparent les tubercules s'approfondissent et se remplissent de cément. La dent appartient au type hypselodonte (fig. 546, A). A la limite, on arrive aux dents pi-icmatiques dépourvues de racines distinctes, en forme de prismes élevés, dont les vallées occupent toute la profondeur de la dent et sont entièrement comblées par du cément (fig. 546, B).

Soumises à un frottement continuel, les dents arrivent parfois à s'user, le sommet des tubercules disparaît, la couche d'émail qui les recouvre est enlevée tout entière ; l'ivoire sous-jacent fait son apparition sur la couronne de la dent, sous la forme d'îlots correspondant aux tubercules et entourés de rubans d'émail. Cette usure est peu nette sur les dents brachyodontes, à cause de l'épaisseur de l'émail. Dans ces dents et dans les dents peu hypselodontes, où les tubercules sont courts, la configuration des îlots d'ivoire varie avec les progrès de l'usure, ils s'agrandissent et s'unissent peu à peu.

Dans les dents hypselodoutes, l'usure est plus rapide, et, de bonne heure, la couronne est constituée par une surface plane, sans tubercules, où se voient (fig. 54G, C) : 1° des îlots d'ivoire (C) correspondant aux tubercules ; 2° des rubans d'émail (B) entourant ces îlots ; 3» des zones de cément (E) correspondant aux vallées. Dans les dents prismatiques, on comprend facilement que la configuration des parties qui forment la couronne reste constante et ne varie pas avec les progrès de l'usure.

Il nous reste maintenant à passer en revue les caractères spéciaux à la dentition des divers ordres de Mammifères.

1° Insectivores. — La dentition des Insectivores compte parmi les moins spécialisées; les incisives sont en général écartées les unes des autres, les canines de grandeur ordinaire, les molaires

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