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DENTITION DES CARNIVORES

h peu près semblables entre elles, sauf les premières qui n'ont souvent qu'une pointe bien développée. Ces molaires, dont le nombre est assez variable, sont tantôt trigonodontes (So7'ex, Talpa) tantôt létragonodontes {Erinaceus). Leurs tubercules sont pointus" et saillants, pour briser les carapaces chitineuses (fig. 547). La dentition de lait est résorbée en général avant la naissance.

Les Chéiroptères présentent une dentition tout à fait semblable; ce sont des Insectivores adaptés au vol.

2° Carnivores. — Les Carnivores sont autrement différenciés; la souche dont ils tirent leur origine, les Créodontes, présente une 3 14 3

formule complète : 3+]+4 + 3' à dents peu spécialisées. Mais

les incisives forment déjà par leur ensemble une arête tranchante continue; les canines sont notablement allongées; les prémolaires sont déjà sécodontes, mais non les molaires, qui sont tuberculeuses. Ces caractères vont s'accentuer chez les divers types de Carnivores, et on peut suivre de la façon la plus parfaite la filiation des divers types, que l'étude de la dentition met en pleine lumière (fig. S48).

Celle-ci présente quelques caractères généraux :

1° Les incisives sont petites et peu développées; car leur rôle est rempli par les prémolaires.

2° La canine est par contre énorme et constitue un croc d'une grande puissance.

3" Les prémolaires sont sécodontes, tandis que les molaires vraies restent tuberculeuses (bunodontes). Suivant que le régime carnassier s'accentuera ou s'atténuera, la prédominance sera acquise aux prémolaires ou aux molaires.

4° Parmi les molaires, la quatrième prémolaire supérieure et la première molaire inférieure présentent un développement particulier : ce sont les carnassières. Ces dents réalisent la forme typique des trigonodontes supérieure et inférieure : l'inférieure avec un talon postérieur plus ou moins développé, la supérieure avec un fort tubercule interne; tous les tubercules sont d'ailleurs fortement modifiés dans le sens sécodonte.

Fig. 547. — Dentition de Taupe.

Trois des sept familles des Carnivores peuvent être considénies comme plus ■primitives. Ce sont les Canidés, les Viverridds et les Muslélidés. Elles apparaissent dans l'oligocène, et dérivent directemeut des Créodontes. Les premières formes qu'elles présentent se distinguent à peine les unes des

VERTÉBRÉS

autres; ce n'est que plus tard que les trois familles se mettent h. diverger. Le nombre des molaires est encore peu difl'érent du nombre pri-

mitif, surtout pour les Canidés, dont la formule est - -j- - .l - ^ __ Le

,2 1(2) nombre des vraies molaires se réduit à — chez les Viverridés, à -j— chez les

Mustélidés. Cette réduction mise à part, ce serait chez les Viverridés qu'il

faudrait rechercher le type Carnivore le moins spécialisé.

Les Canidés ont donné naissance aux Ursidés, où le caractère carnassier

s'atténue notablement; cette régression a une répercussion sur la dentition.

Les prémolaires, les sécodontes ordinaires, se réduisent, deviennent rudi-

mentaires, et souvent même manquent entièrement chez l'adulte [Ursus

spelseus). Par contre, les grosses molaires, les dents tuberculeuses, prennent

un énorme développement, tous leurs tubercules deviennent égaux, larges et

Fig. 548. — Dentition des Carnivores. — A. Felius domestics ; B. Canis

familiaris.

bas; de plus, ils se compliquent de plis accessoires, qui masquent parfois

le plan primitif simple de la dent. La formule dentaire est |-f j-+^-f-

Au contraire, les Hyénidés et les Félidés se spécialisent dans le sens le plus carnassier. Le développement des molaires est, par suite, de sens inverse à celui des Ursidés ; les vraies molaires ou tuberculeuses entrent en régression, pendant que les prémolaires prennent la prédominance. D'où

les formules de l'Hyène : |+i + ± + J-, et des Chats : |+ i + H + .

On voit ainsi le nombre des dents se réduire, — d'après la règle énoncée plus haut, — dans les espèces les plus carnivores. Cette régression est en rapport avec un raccourcissement de la mâchoire inférieure, c'est-à-dii-e avec une réduction du bras de levier de la résistance (poids du maxillaire inférieur). Cette condilion est donc favorable à la puissance, c'est-à-dire à l'action des muscles.

Les deux carnassières présentent aussi, dans les diverses familles des Carnivores, des caractères différents en rapport avec la spécialisation dans un sens plus ou moins Carnivore. Ces modi6cations sont surtout importantes pour la carnassière inférieure. Tandis qu'elle est du type trigonodoute le plus pur chez les trois familles primitives, avec un talon bas, et séparé du reste de la dent par une fosse profonde (fig. 645, C), on voit, chez les Ursidés,

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