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DENTITION DES PRIMATES

ce talon se développer en un lobe volumineux, de même hauteur que ceux qui dérivent des tubercules antérieurs, et on obtient une dent très allongée, couverte dans toute son étendue de tubercules fortement plissés.

Au contraire, chez les Félidés, où s'exalte le caractère carnassier, le talon, qui représente pour ainsi dire la portion tuberculeuse de la dent, disparaît entièrement, et il ne reste plus que les trois tubercules antérieurs, qui s'aiguisent en pointes acérées et tranchantes.

Les Pinnipèdes ont une dentition de Carnivore, mais très simplifiée ; les molaires, plus ou moins comprimées, sont toutes semblables, coniques, souvent sans tubercules secondaires, et alors réduites à la pointe primitive.

3° Lémuriens et Primates. — Les Primates et les Lémuriens ont une dentition d'omnivore. Les dents rapprochées l'une de l'autre forment une série presque continue, parfois sans aucun vide (Homme). La couronne des molaires est basse, Irigonodonte en général chez les Lémuriens, tétragonodonte chez les Primates, à tubercules mousses et recouverts d'une épaisse couche d'émail ; des crêtes peuvent les unir de diverses façons. Les canines sont très fréquemment prolongées en défense. Enfin les incisives sont généralement tranchantes, il y en a rarement plus de 4 à chaque mâchoire.

Le Cheironnjs de Madagascar constitue parmi les Lémuriens une remarquable exception; il joue dans l'île le rôle des Rongeurs, et

sa formule dentaire réduite r+- +^4-'^. comme la forme desinci-

sives, se rapproche de ce que nous allons trouver dans cet ordre.

4° Rongeurs (fig. 549). ' — Leur formule dentaire est en efiet 1 0 p m

7-TK~r~'\ — ;i les quatre derniers nombres restant toujours 1 0 p m

inférieurs à trois.

Le caractère le plus typique, avec l'absence des canines, est la structure des incisives, à croissance continue, dépourvues de racines, prismatiques, et revêtues d'émail seulement sur la face antérieure. Elles sont recourbées en arc de cercle, et l'usure produit à leur extrémité une facette plane oblique, dont l'arête antérieure,

Fig. 549. — Dentition de Rongeur [Erinaceus europœus).

revêtue d'émail et par suite plus dure, forme un biseau tranchant. Le nombre des incisives est le plus souvent de 4 en tout; cependant chez les Léporidés, deux autres incisives plus petites sont implantées dans la mâchoire supérieure en arriére des deux incisives normales.

Un long espace vide sépare les incisives des molaires, qui sont spécialisées à des degrés divers.

Les molaires des Scniridés {Scinrus, Arclomys) ont des racines longues et bien nettes; leur couronne est basse, couverte d'une épaisse couche d'émail, et présente des tubercules très nets, unis par des crêtes transversales, c'est-à-dire perpendiculaires au sens du mouvement.

Dans les types plus spécialisés, la racine devient de moins en moins distincte, et on peut suivre tous^ les passages entre les dents brachyodontes et les dents prismatiques des Rongeurs les plus caractérisés. Chez ces derniers, la couronne est remplacée par une surface d'usure, dont la forme est;caractéristique : les tubercules de la dent se multiplient en effet à sa partie postérieure, en se disposant suivant deux rangées longitudinales. Sur la surface d'usure des dents prismatiques, à chaque tubercule correspond un triangle à sommet externe, et la dent semble formée par la fusion d'autant de prismes triangulaires, dont les arêtes externes hérissent le contour de la dent de lignes longitudinales et saillantes.

5° Ongulés. — Les Ongulés les plus spécialisés sont essentiellement herbivores, et, si on ne s'adresse qu'à des types différenciés [Equus), on pourrait donner de leur dentition une description des plus caractéristiques A" prédominance des molaires; les incisives et les canines peuvent manquer à moins d'être transformées en défenses; 2° élargissement considérable de la surface masticatrice, par addition de tubercules supplémentaires : la dent est devenue trétragonodonte, et parfois même des cuspides intermédiaires viennent se joindre aux quatre tubercules principaux; 3° les prémolaires deviennent semblables aux vraies molaires, pour augmenter encore la surface masticatrice totale; 4» les tubercules sont unis entre eux par des crêtes, qui s'élèvent au même niveau que les sommets des cuspides ; 5» les dents soni prismatiques, à accroissement continu, et présentent une surface d'usure plane,' rehaussée de rubans d'émail (Og. S4G, C).

Mais l'anatomie comparée des formes vivantes et fossiles nous permet d'étudier la phylogénie de cette forme spécialisée, et de reconnaître la filiation par laquelle elle dérive de la dentition indifférente primitive. Celle-ci est représentée, dans sa forme près-

DENTITION DES ONGULÉS. 983 que typique, cliezles Gondylartlies {Périphjchidés), qui possèdent la formule primitive | + 7 + molaires sont tri-

gonodontes, avec des tubercules bien distincts; les prémolaires sont, sauf la dernière, de simples dents coniques. Cette disposition primitive se rencontre aussi dans les formes ancestrales des deux grands groupes d'Ongulés : les Périssodactyles {Hyracotherium) el les krliodaciyles [Xiphodon, Anoplotherium, etc.)-

Suivons d'abord la série des Artiodactyles; les molaires, encore trigonodontes chez les plus anciens [Panlolestes), sont tétragonodontes partout ailleurs. Deux séries sont à distinguer : l'une, dérivée des Anthracothériidés [Cebochœrus), renferme des animaux omnivores, les Suidés et les Hippopotames. Ils conservent le type bunodonte primitif, mais les quatre tubercules se compliquent en

Fig. 550. — Dentition du Bœuf : a, mâchoire inférieure, vue par la surface de frottement; b, mâchoire supérieure vue de même.

général de replis, qui masquent souvent la structure de la dent [Sus). La formule dentaire se modifie peu ; le Porc a même la formule primitive (Qg. SIO et 5M). Les canines sont en général très développées, notamment dans le Phacocliœrus et le Perçus Baùyrussa, où elles sont relevées vers le haut, au point de percer la lèvre supérieure et de se développer au-dessus du museau, pour venir protéger les yeux.

Tout autre est la seconde série, celle des Ruminants, essentiellement herbivores. Ils sont nettement caractérisés par leurs molaires à quatre tubercules en forme de croissant (flg. 545, J).

Chez les moins spécialisés, ces molaires sont bunodontes et brachyodontes [Tragulidés, Hysemosclius) ; elles deviennent hypsélodontes chez les Cerfs et les Girafes, et sont tout à fait prismatiques chez les Bovidés. Dans les groupes bien spécialisés, la couronne est remplacée par une surface d'usure, nettement caractérisée par des rubans d'émail en croissants plus ou moins confluents. Ces croissants tournent leur concavité en dedans

pour ]a mâchoire inférieure, en dehors pour la supérieure Les prémolaires sont semblables aux molaire?, d'autant plus que l'on s'adresse à des types plus spécialisés. Les autres dents sont plus ou moins réduites. Les incisives supérieures manquent partout, sauf chez les Chameaux. Les canines manquent toujours en haut; à la mâchoire inférieure, elles prennent la forme des mcisives et viennent s'ajouter à la série formée parcelles-ciles deux canines existent cependant chez les Camélidés, les Tràguhdés et les Moschidés, et, dans ces dernières familles, la canine supérieure du mâle se développe en défense.

La formule dentaire générale des Ruminants est en résumé

L'évolution des dents est très analogue chez les Périssodactyles, dont la dentition est cependant toujours complète et moins spécialisée que celle des Ruminants. Les Tapirs représentent le type de moindre différenciation; ce sont des omnivores à formule presque complète et caractérisés par leurs molaires à quatre cuspides reunies deux à deux en colhnes transversales. hQsÉquidés sont au contraire des herbivores caractérisés, avec toutes leurs dents absolument prismatiques. Les molaires ont leurs quatre tubercules primitifs réunis par des crêtes en forme de m, et il s'y ajoute au côté interne deux tubercules accessoires (fig 546 C) Elles dérivent d'ailleurs de types brachyodontes (Pac^no/oXs ,' ralseotherium). ^ j r .

Les Proboscidiens, qui forment un groupe aberrant d'Ongulés, ont pour formes primitives les Mastodontes, dont les molaires brachyodontes ont la couronne rehaussée d'un nombre assez grand de tubercules, parfois sans ordre bien net {M. anguslidens) généralement disposés en rangées transversales et unis en crêtes parallèles. Si on transforme ces dents brachyodontes en dents prismatiques ou très fortement hypsélodontes, par approfondissement des vallées, et production de cément à leur intérieur, on arrive aux dents des Eléphants, dont la couronne est remplacée par une surface d'usure, rehaussée de rubans d'émail parallèles A cette forme toute spéciale des molaires, viennent s'ajouter d'autres caractères, qui donnent à la dentition des Proboscidiens un type très particulier.

Ce qui frappe au premier abord ce sont les énormes défenses mplantées dans les prémaxillaires. Elles représentent deux incisives supérieures, les seules qui existent, et qui s'accroissent ndéhniment pendant toute la vie de l'animal.

Les canines manquent complètement; quant aux molaires, ou-

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