‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 319 sur 412 · DENTITION DES MONOTRÈMES · texte numérisé non relu

DENTITION DES MONOTRÈMES

paires de plaques également cornées remplaçant les dents. Cette disposition est secondairement accfuise. Récemment, en effet, Poulton a découvert, chez le jeune Ornithorhjmque, de vraies dents de Mammifères (1). 11 y en a trois de chaque côté et à chaque mâchoire'; mais la dernière inférieure est réduite et la première est rudiraentaire à la mâchoire supérieure (fig. S51 B, a). Les grosses dents sont attachées par de fortes racines divergentes G; la cou-

Fig. hol. — Appareil masticateur de l'Oruithorynque. A. Mandibule supérieure du bec de l'Ornithoryncfue adulte, vue de la cavité buccale : B, bec; n, narioes internes; 7-, rides médianes; 1, plaque cornée antérieure; 2, plaque cornée postérieure; a, b, c, la place des trois dents primitives (Poulton). — B. Dents du jeune Ornithorynque très grossies; toute la région figurée est couverte plus tard par la plaque (2) de la figure A; a. f>, c, les trois dents, comme ci-dessus (Stewart). — G. L'une des dents, vue postérieure.

ronne présente deux gros tubercules sur le bord interne et d'autres plus petits au bord externe. Ces dents pluricuspides rappellent celles d'un ordre de Mammifères mésozoïques, les MuUitnOerculés, dont les affinités sont encore très douteuses {Allodon, Microlestes, Tritylodon, etc.).

C'est plus tard qu'apparaissent les plaques cornées : l'antérieure, très petite, n'a aucun rapport avec les dents; la seconde au con-

{l)Poui.TON, Q. J., t. XXIX, 1888-89;— Cir.STETv.rnT; Q.J., t. XXXIII, 1891.

VERTÉBRÉS. — APPAREIL DIGESTIF, traire apparaît autour des dents calcaires comme un bourrelet destiné à les renforcer; plus tard, l'épithélium buccal se développe au point de recouvrir complètement les dents; la plaque cornée qui se forme à ses dépens s'étend donc, elle aussi, au-dessus de ces organes, et les cache entièrement; mais sa surface inférieure présente trois excavations qui reproduisent fidèlement la configuration des dents qu'elles logeaient (fig. 551, A).

Glandes salivaires. — Les glandes salivaires sont les homologues absolues des glandes cutanées. Leurs formes sont les plus diverses : toutes les formes de glandes (tubes simples, tubes composés, glandes en grappes) peuvent exister. Elles sont en général entourées de tissa conjonctif, qui leur sert de soutien et les divise en lobules.

On les désigne, d'après leur position, sous les noms de glandes labiales, jugales, linguales, sublinguales, sous-maxillaires et imrotides.

Les poissoNs n'ont pas de glandes salivaires évidentes.

Chez les batraciens, on n'en rencontre guère de bien nettement individualisées. Cependant, chez les Anoures et les Salamandrines, de petites glandes muqueuses sont logées dans des cavités creusées dans les prémaxillaires ou dans le voisinage du septum nasal. Ces glandes intermaxillaires débouchent dans la voûte palatine par un orifice médian, par où s'écoule la sécrétion. En outre, de nombreuses glandes linguales déversent sur la face dorsale de cet organe un liquide visqueux, qui, nous l'avons déjà vu, sert à la préhension des Insectes dont ces animaux se nourrissent.

Les REPTILES sont le premier groupe où apparaissent des glandes salivaires nettement différenciées; elles sont i-éparties tout le long des lèvres et sur la muqueuse linguale; mais leur variété est trop grande pour que nous puissions les énumérer ici. Il importe cependant de remarquer que la glande à venin des Serpents est l'homologue d'une glande salivaire. Elle est entourée d'un sac fibreux et un muscle puissant peut, à la volonté de l'animal, la comprimer de façon à en faire sortir le liquide venimeux. Le canal aboutit au crochet à venin, à l'intérieur duquel il se continue, comme nous l'avons déjà, vu.

Les glandes salivaires sont encore plus développées chez les OISEAUX, surtout chez les granivores, et elles viennent toutes aboutir à la commissure des mandibules, soit à labase de la langue, soit dans l'angle même des maxillaires. Mais c'est surtout chez les majimu'Ères que nous trouvons la plus haute différenciation. Outre les nombreuses glandules buccales qui tapissent la mu-

Page 1