APPAREIL BRANCHIAL DES CYCLOSTOMES
par des orifices séparés. Seule, la Myxine (ûg. S58) ne présente que deuK orifices branchiaux externes, près de la ligne médiane ventrale, et très en arrière de la région branchiale. Cet orifice est celui d'un canal collecteur commun à tous les sacs branchiaux. Chez les Myxinoïdes {Myxine, Bdellostome), un canal analogue aux canaux branchiaux, mais sans poche respiratoire, le canal œsophago-culané, part de l'œsophage et aboutit dans le dernier canal efi'érent, chez les Bdellostomes, dans le canal commun, chez les Myxines. Il n'existe dans les deux cas que du côté gauche. Sa signification n'est pas connue.
Le nombre maximum de huit fentes branchiales que nous trouvons dans les Poissons est un caractère secondairement acquis, et que ne présentait pas le prototype primitif des Vertébrés. A l'origine, le nombre des branchies devait être bien plus considérable, comme le fait prévoir l'anatomie des Protochordes.
On est même assez porté à croire qu'il en existait primitivement sur tous les segments du corps, quand on voit se prolonger sur toute l'étendue de l'animal les organes de la ligne latérale, si étroitement liés dans la tète à l'appareil branchial. Toutefois rien n'est positif à cet égard, et Beard distingue môme les segments du corps des segments céphaliques en ce que ces derniers seuls portent des branchies.
D'autre part, en avant de la fente branchiale antérieure (évent, etc.), auraient existé, d'après les recherches les plus récentes, des fentes branchiales, qui se seraient dans la suite profondément modiûées et adaptées à des usages entièrement nouveaux.
1» D'après Dohrn et Houssay, la fente buccale est produite par la coalesceoce sur la ligne médiane de deux fentes brauchiales. 20 En avant, se trouverait encore une invagination
Fig. 558. — Appareil branchial de Myxi7ie qlutinosa, vue antérieure. —
A, paroi latérale du corps;
B, œsophage; C, orifice branchial, communàtous les canaux afférents; cd, branchies ; e, canal branchial afférent; f, canal œsophago-cutané ; f/, ventricule; g\ oreillette; i, artère branchiale.
enlodermique et une invagiuatiou ectoder-
mique, c'est-à-dire les deux cléments qui concourent à la formation des fentes branchiales; cette fente branchiale donnerait le crislal/m d'une part, Vliypophyse de l'autre (Houssay). .3" Les fosses nasales correspondraient à' une invagination cctotlcnuique branchiale, qui ne s'ouvrirait pas (Mausiiall, Houssay). 'i" Enfin, l'oreille elle-même serait uue fcnle branchiale modifiée (Houssay, DonnN (?)) correspondant à un segment céphalique que plusieurs auteurs indiquent comme nécessaires entre l'hyoïde et le premier arc branchial vrai (vAN Vyiir, BRAnn).
Appareil branchial des Sélaciens. — L'appareil branchial des Sélaciens difi"ère de celui des Cyclostomes :
1° Par ]e nombre des poches branchiales, récluil généralement B, cincj j
2° Par la forme de celles-ci.
Ce ne sont plus, en effet, des sacs plus ou moins canaliformesmais de larges fentes, percées dans toute l'épaisseur de la paroi du corps, s'ouvrant d'une part sur le plancher buccal, de l'autre sur les parois du cou, par des orifices toujours distincts (fig 5G0 A) Ils sont tous visibles de l'extérieur, soit sur les côtés {Plewo-
LtLrfF i-espirato.re de Bdellostoma cirralum Giinther. - Les muscles abdominaux obliques, A, sont séparés du corps, et repliés vers e bas les muscles latéraux, D, sont au contraire reletés vers le haut b-nch ales.fiC sont coupées; Z), muscle laléral gaÙch^.Tven-
nrancmal etleient, /. canal œsophago-cutané ; x, glande près du cardia- 4, veine ,,ugalau-e gauche; 7, nerf vague; 7-, Lanche imnchkle r-' branche intestinale du même. "i-"»- jjiduciuaie , , ,
= ZeT)'^^"'^''^' ^'^ '^'^ {Hypolrèmes
Les cloisons qui séparent l'une de l'autre les poches branchiales por ent sur leurs deu.v faces des feuillets branchiaux, peu élevés (1 ai leurs, où se répand un riche réseau vasculaire. Ces cloisons son en relation avec les arcs du squelette viscéral M,,) qui sont contenus à l'intérieur des septa. La première fente brancniale [B,) est placée entre le second et le troisième arc, c'est-à- ^ire en avant du premier arc brauchial [A,]. La cinquième [B,) est comprise entre le quatrième (.4,) et le cinquième arc bran-
. APPAREIL BRANCHIAL DES SÉLACIENS. 1007 chial [Ai). Chacun des arcs branchiaux porte donc en avant de lui une fente branchiale.
Dans les genres Hexancims et Heplanchus, où il existe six et sept arcs branchiaux, le nombre des fentes branchiales est luimême 'porté à six et à sept paires.
Dans tous les cas, la dernière poche branchiale ne porte de feuillets bien développés que sur sa paroi antérieure; ceux de la paroi postérieure sont en régression.
En avant des fentes branchiales ordinaires, il existe une autre
Fig. 5G0. ~ Schéma de l'appareil branchial d'ua Sélacien (A) et d'un Teléostôen (B). — B, bouche; DE, œsophage; PM, coupe de l'arc mandibulaire; H, arc hyoïdien; Aj— A5, arcs branchiaux; B,— Bf,, fentes branchiales des Sélaciens; B{—U',^, branchies des Téléostéens; S;^, évent; pb, pseudobranchie; Se, septum intcrbranchial ; O79, fente operculaire.
paire de fentes {Sp), placées entre l'arc mandibulaire [PM) et l'arc hyoïdien {H). On leur donne le nom à'évenls. Elles s'ouvrent derrière les yeux. Ces fentes, qui ne manquent que chez quelques Requins (Crtrc/m?-ù<.s, Zi/gœna), doivent être regardées comme des fentes branchiales homologues à celles qui les suivent. Ce serait la branchie de l'are hyoïdien. Nous retrouvons ainsi, au maximum, le nombre huit, déjà indiqué chez l'Ammocète. Fréquemment, d'ailleurs, on y trouve des lamelles branchiales, mais ces lamelles ne fonctionnent jamais comme branchies: le sang qu'elles reçoivent vient de la première branchie et est déjà, hématosé. C'est une jiseudo-branchie.
L'évent existe encore chez quelques Ganoïdes [Acipenser, Polypterus) h l'état de pseudo-branchie. Il disparaît plus haut {Ajïiia, Téléostéens).
Branchies des GniaiÈRES. — Les Chimères, rangés en général parmi les Sélaciens, en diffèrent notablement au point de vue de l'appareil respiratoire. En avant des orifices respiratoires externes se trouve disposé un repli cutané, qui part de la partie antérieure et vient recouvrir ces orifices. Il se forme ainsi une cavité branchiale, où débouchent les cinq fentes, et qui elle-même s'ouvre à l'extérieur par un orifice postérieur. Ce repli est comparable aux rephs atriaux de l'Amphioxus, et la cavité branchiale est l'homologue de la cavité atriale de ce dernier. Il arrive assez fréquemment que les feuillets branchiaux de la paroi antérieure de la première fente branchiale se déplacent et descendent sur la face interne de l'opercule. Les Chimères constituent des formes de passage, qui vont nous conduire aux types plus élevés oii leurs caractères vont s'accentuer.
Branchies des Ganoïdes et des Téléostéens. — L'appareil branchial des Ganoïdes et des Téléostéens semble, au premier abord, fort différent de celui des Sélaciens. Mais il s'y ramène facilement. Il suffit, en effet, de supposer que la partie conjonctive, qui formait les septa de séparation des chambres branchiales des Sélaciens, ait disparu plus ou moins complètement, pour avoir l'appareil respiratoire des Téléostéens (fig. 560, B).
Les fentes deviennent alors béantes sur le plancher à claire voie de la cavité buccale, et chacun des arcs porte, sur son bord externe, deux rangées de feuillets branchiaux pointus, on rarement foliacés (Lophobranches). Ces feuillets correspondent à ceux des Sélaciens, et la double rangée s'explique par le fait que, h chaque arc, correspondaient, chez ces derniers, deux séries de lamelles branchiales, une dans chacune des deux chambres voisines.
Ces lamelles sont entièrement libres du côté externe, et l'eau qui a traversé la branchie arrive dans une vaste cavité commune qui serait béante au dehors sans la présence d'un opercule.
Ce dernier organe, que nous avons vu apparaître chez les Chimères, est ici remarqualDlement développé. 11 est soutenu par un squelette que nous avons déjà décrit. A. cet appareil operculaire s'ajoute, à la partie inférieure, la membra7ie branchiostègale, soutenue par les rayon's brancliioslèges, et qui complète l'occlusion de la cavité branchiale. Celle-ci ne communique plus avec l'extérieur que par une fente unique, longue et étroite, recourbée en fer à cheval. Sa forme varie d'ailleurs extrêmement, jusqu'à étrC;