‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 381 sur 412 · APPAREIL COPULATEUR DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

APPAREIL COPULATEUR DES MAMMIFÈRES

peau, à la naissance de la queue. L'érection de ces sacs se fait soit par l'action des muscles, soit sans doute aussi, comme chez les Mammifères, par l'arrivée du sang dans les cavités caverneuses, qui sont ménagées dans le lissu conjonctif environnant. A l'état de protraction, les pénis ont la forme de cônes longs, hérissés d'épines variables, et présentant un sillon destiné à conduire le liquide séminal.

Dans les deux autres groupes, le pénis est impair, et se compose de deux masses d'un tissu érectile, creusé de vastes cavités où le sang peut affluer de façon à accroître le volume de l'organe et à rendre ce dernier rigide. Ce sont les corps caverneux, que nous allons retrouver plus haut. Le pénis est attaché à la paroi du cloaque, et est parcouru dans toute sa longueur par un sillon longitudinal qui vient se terminer près de l'extrémité, à la base d'une masse caverneuse, non adhérente au cloaque, et qu'on peut appeler le gland. La structure est plus compliquée chez les Chéloniens, où le pénis peut être bifide à son extrémité, ou même [Trionyx) se diviser en plusieurs lobes.

Dans tous les Reptiles, la femelle possède un organe tout à. fait semblable à l'organe copulateur du mâle, mais très réduit, c'est le clitoris.

Récemment Bridge (1) a démontré l'existence, chez les Crocodilieus et les Chéloniens, de deux canaux dépendant de la caTité péritonéale ; ils traversent le pénis, et s'ouvrent chez les Chéloniens sur deux papilles situées à la base du gland. Ces papilles restent closes chez les Crocodiliens. Un a vu là l'homologue des porcs abdominaux des Vertébrés inférieurs.

Appareils copulateurs des Oiseaux. — Les organes copulateurs sont peu développés chez les Oiseaux. Chez l'Autruche, l'Outarde, les Hérons, les Gigognes et chez beaucoup de Palmipèdes, existe un organe érectile, muni d'un sillon et plus ou m oins comparable à ce que nous venons de voir chez les Crocodiliens. Chez les autres, toute espèce d'organe copulateur fait défaut.

Appareil copulateur des Mammifères. — C'est chez les Mammifères que l'on trouve les organes de copulation à leur état de plus complet développement. Ils se composent toujours d'un pénis érectile, traversé dans toute sa longueur par un canal éjaculateur.

Monolrèmes. — Nous devons d'abord étudier à part les Monotrèmes, où la disposition s'écarte notablement du type commun aux autres Mammifères. Le pénis de ces animaux est une tige allongée (ûg. 049, p], logée dans un sac spécial, placé au-dessous

(1) Journ. of Anal, and PhijsioL,i. XIV.

du cloaque et attaché à la paroi de celui-ci par un tissu très lâche.

Ce sac se termine encœcum en avant, et c'est à celte extrémité

aveugle qu'est attaché le pénis. En arriére, il s'ouvre dans le cloaque par un orifice (0), qui peut donner passage au pénis en érection. L'érection est produite par l'afflux du sang dans deux puissants corps caverneux. Au sac pénial sont attachés deux muscles rétracteurs, et un muscle compresseur du cloaque, qui peut à un moment donné interrompre la communication de celuici et du sinus uro-génital. Le liquide séminal ne peut alors s'échapper que par le canal creusé dans le pénis, canal qui part de la base du pénis, où il s'ouvre (o) dans le sinus uro-génital, et qui débouche au sommet du gland.

Le clitoris de la femelle est exacte-

sie -jsug, sinus uro-génital ; r, rectum ; p, pénis ; o, orifice basilaire du canal du pénis ; 0, orifice de la poche du pénis dans le cloaque; cl, cloaque.

Fig. 649. — Schéma de l'appareil uro-génital de l'Or

nithorhynque : u, uretère ; ment construit sur le même plan. cg, conduit génital; v, ves

Appareil copulatehr des Mammifères. — Pour nous rendre compte de la signification du pénis des Mammifères, il nous faut faire appel au développement ontogénique. Pendant les premiers stades du développement, les deux premiers mois chez l'Homme, la disposition ... ,. des parties externes du système uro-génital

est Identique dans les deux sexes. Il existe à ce moment un cloaque où débouchent l'anus et le sinus uro-génital, et que limite un bourrelet circulaire. En avant du sinus uro-génital, apparaît un tubercule, le tubercule génital, sur la face inférieure duquel le sinus uro-génital se prolonge eu un sillon, le sillon génital; postérieurement, ce sillon est limité par deux replis, les ;'e/j/?'s génitaux, qui continuent eu arrière les deux moitiés du tubercule géuital.

L'anus se sépare alors de l'orifice génital, et le périnée est déjà complètement formé, que la distinction sexuelle est encore impossible.

C'est alors que les différences vont se produire. Chez la femelle, les modifications sont peu importantes : la disposition reste pour ainsi dire à l'état que nous venons de décrire. Le bourrelet génital divisé en deux parties symétriques devient les grandes lèvres ; le tubercule devient le clitoris; le sinus uro-génital donne le vestibule du vagin ; enfin les deux replis génitaux forment les petites l&ures.

Chez le mcile, les modifications sont autrement considérables; le tubercule s'allonge et se développe, eu môme temps que la fente génitale située a sa face inférieure ; les replis génitaux, ainsi que les lèvres de la fente génitale, s'affrontent sur la ligue médiane et transforment la fente en uu catiil uro-génilal, improprement appelé urcthrc, qui court à la face inférieure ou postérieure du pénis, et dont l'orifice est transporté peu à peu au sommet de cet organe.

Enfin les deux moitiés du bourrelet génital s'accroissent, se rapprochent

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