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MORPHOLOGIE GÉNÉRALE DES SPONGIAIRES

centrale. Cette manière de voir est basée sur la facilité avec laquelle les Éponges simples bourgeonnent, et produisent des colonies d'individus réunis par leurs pédoncules, mais cependant distincts, comme cela a lieu chez le Soleniscus gracilis. En supposant un bourgeonnement latéral régulier, suivi de la soudure des individus ainsi produits, on arrive sans peine à concevoir la formation du Sycon (1).

3° Leucoms. — Le degré le plus compliqué qu'on rencontre dans les Éponges calcaires caractérise les Leucones (fig. 76 D). On peut définir ces dernières comme constituées par une épaisse masse de mésoderme, revêtue d'exoderme et traversée en tous sens par des canaux aquifères. Sur le trajet de ceux-ci sont placées des dilatations nettement délimitées; c'est dans ces chambres que se localisent les cellules k collerette; aussi leur donne-t-on le nom de chambres ou corbeilles vibratiles.

Les canaux sont au contraire uniformément revêtus de cellules flagellifères, plates et dépourvues de collerette, semblables à celles de l'exoderme, et passant aux cellules à collerette sur les bords des corbeilles vibratiles, par des transitions ménagées.

La genèse de ces colonies complexes s'explique aisément en partant soit des Ascones, soit des Sycones. Si on étudie par exemple le genre Ascandra, déûni par la présence de trois formes de spicules, on trouve des espèces à individus isolés, d'autres formant des colonies dont les membres sont simplement accolés par la base de leur pédicelle, d'autres enfin formant des colonies arborescentes, où le bourgeonnement, très actif, se fait à tous les niveaux. Dans une colonie à' Ascandra pinus, il existe par suite un système de canaux arborescents, dont chaque branche terminale aboutit à un individu. Une telle colonie diffère d'un Leucon : d " par la présence d'un oscule spécial à chaque individu ; 2° par la séparation encore très nette des individus.

En partant des Sycones, on trouve les mêmes stades de complication; mais les formes élevées se rapprochent encore plus des Leucones; car les individus n'y peuvent plus être distingués et sont noyés dans une masse commune (2).

D'après ces données, la morphologie des Leucones s'explique

(1) Une remarquable forme de passage des Ascones aux Sycones est présentée par les Ilomoderma (fig. 7G B), où les parois de la cavité interne, encore revêtues partout de choanocytes, se plissent de façon à former des chambres juxtaposées.

(2) Les Sycones passent nettement aux Leucones par les Srjlleibidés [Vosmaera [= Leucella], Polcjna [=Leucilla\) dont le corps est un tube à parois épaisses, où sont creusées des chambres régulièrement distribuées, ciliées, cylindriques et radiaires, en communication avec l'extérieur par des conduits rectilignes,avec la cavité interne du tube par des canaliculcs ramifiés.

par un processus assez net de bourgeonnement. Il est naturel d'admettre, avec 0. Schmidt et Hoeckel, que l'individualité correspondant à, V Éponge simple se retrouve dans la corbeille vibraiile, qui est elle-même l'homologue de l'un des canaux radiaires des Sycones.

Les vues d'Hseckel sont admises aujourd'hui par tous les zoologistes qui se sont occupés des Éponges. Il ne s'agit pas de prétendre que la forme vivante Ascnlta primordialis est exactement la forme ancestrale de toutes les Éponges calcaires ou siliceuses; mais l'on peut admettre, avec Lendenfeld, F.-E. Schultze, Carter, Sollas, etc., que l'éponge primitive est aussi rapprochée que l'on

Fig. 77. — Section verticale d'un Rhagou : — cv, corbeille vibratile; pi, pore inhalant; C, cavité préosculaire ; 0, préoscule ; w, mûsoderme (Sollas).

voudra de VAscetta, celle-ci n'en différant guère que par la forme et la nature chimique déjà spécialisée des spicules.

B. Éponges siliceuses. — Les Éponges siliceuses, cornées ou dépourvues de spicules, ne présentent pas les slades de diflcrenciation que les Éponges calcaires nous ont permis d'étudier. Elles sont toutes pourvues de corbeilles vibraliles, dont la forme diffère sans doute de celle des Leucones, mais qui leur sont tout à fait homologues. C'est là. que se localisent les cellules à collerettes ; des canaux afférents et efférents servent au transport de l'eau : ils sont revêtus de cellules plates.

Sollas a montré, en s'appuyant sur le développement des Tétractinellidés, par quel processus graduel arrivaient à se constituer les formes les plus compliquées. Il a appelé Ilhagon{{ig. 77) une forme larvaire peu différente des Sycones : c'est un organisme

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