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HISTOLOGIE DES CŒLENTÉRÉS

ôlre en coimnunicalion constante avec l'extérieur, etàsubirles impressions diverses que peuvent donner les variations dans le milieu ambiant, les autres ont émigré vers la profondeur. Ils ne sont plus impressionnés que par l'intermédiaire des précédents, et leur rôle est, d'une part, de se mettre eu conimuuication avec les cellules voisines, de façou à coordonner les impressions de l'animal ; de l'autre, d'entrer en relation avec les éléments musculaires, pour permettre à l'animal de réagir contre le milieu ambiant.

Les cellules nerveuses, sensorielles et ganglionuaires sont unies entre elles par des fibrilles nerveuses, que nous voyous apparaître pour la première fois avec netteté, et qui donnent au système nerveux des Cœlentérés une supériorité marquée sur celui des Spongiaires.

G" Eufiu les éléments contractiles peuvent être de deux ordres : les uns sont des cellules épithélio-miisculaires , périphériques (fig. 88 B). Ce sont des cellules dont la forme ne diffère guère de celle des autres éléments, et qui contribuent au même titre à former le revêtement ectodermique. Le noyau est placé au même niveau que celui des autres cellules. A la base de l'élément, se trouve uue fibre contractile différenciée, perpendiculaire à la direction de la cellule, c'est-à-dire dirigée taugentiellement, et appli-

Fig. 80. — A. cellules ueuro-épithéliales isolées, des septa d'une Actinie. — B. Lambeau d'épilhélium de la même : a, cellule neuro-épithéliale ; b, cellules vibratiles de soutien (0. et R. Herïwig).

quée contre la membrane basilaire et le mésoderme. Ces fibres forment une couche musculaire, qui est le siège de la contractilité du corps.

Mais il existe aussi de véritables cellules musculaires (fig. 88 C) : ce sont des éléments formés d'une petite masse protoplasmique, entourant un noyau, et d'une longue fibre contraclile ; ces cellules sont placées tangentiellement, et correspondent à la couche musculaire des fibres des cellules epithélio-musculaires. On le voit, la division du travail est poussée ici bien plus lom. Les deux sortes d'éléments coexistent d'ailleurs dans le même annnal, et tandis que le corps même de l'hydre offre des cellules épithéliomuscuUures, les tentacules présentent une couche de cellules musculaires diirérenciccs.

Il est d'ailleurs possible de montrer que les deux espèces d'éléments contracti es dérivent l'un de l'autre, par disparition progressive du corps épitholial, dont le dernier reste est le noyau (lig, !.■), p. 02).

En résumé, on peut distinguer sept sortes d'éléments ectodermiques les nns superficiels : cellules épithélialcs, cnidoblastes, cellules glandulaires neuro-epilhéliales, épithélio-musculaires ; les autres profonds: cellules nerveuses et uiiisculaires.

rloLn^r'""""- ~, ^^'''''^^''^^'-''•"'e ne présente le plus souvent qu'une assise de cellules, mais il peut arriver qu'il en existe plusieurs, soit dans toute

l'étendue, soit en des points restreints du revêtement cellulaire. L'endoderme ne nous offre pas d'ailleurs fi considérer d'éléments nouveaux. Ce sont les mêmes que ceux de l'ectoderme, tontefois les cellules ep.theliales et glaudulaires en forment de beaucoup la majeure partie. Les cellules sensor^Ues ne s'y montrent pas, et les autres éléments y sont rares ou même man-

""es JelklLTentodermiques sont chargées le plus souvent de la digestion Celle-ci, d'après les recherches de Metschnikoff (1), sera.t mtracellula.re. En effet le cellules digestives émettent des pseudopodes lobes, comme les Amibes. Ceux-ci capturent les particules nutritives qui on pénètre dans le sa^ di'ésUf les englobent à l'intérieur de la cellule, qui les d.gere ainsi recfemenî:. dU quelques cas plus rares, les cellules -todei-miquey ouïssent de la même propriété ; c'est ce qui a lieu dans les "«"^f «P^ores de Plu^ mulaires, qui donnent issue à de longs pseudopodes chargé de la nutrition

III MÉsoDERME. - Quant au mésoderme, il est bien différent de ce que l'on observe chez les Métazoaires supérieurs; nous avons deja mentionne son peu de développement, et on sait que Bourne (î) a propose de lui donner

le nom de mesoglsea. . , ,, , ■

Ce n'est pas en effet à proprement parler un tissu de cellules, mais une couche de substance homogène, tantôt de consistance ^ftilagmeuse tantôt presque complètement formée d'eau (plusde n5p. lOOchezles Rhizostomes) (3) ^ Cette substance est quelquefois tout à fait hyahne, mais le plus souvent elle est sillonnée de fibrilles ténues, soit orientées, soit ''^.^nquees en tou^ sens Ce sont des différenciations de la mésoglee, ou peut-être même des dépendances des cellules ectodermiques et entodermiques.

Cette couche peut atteindre dans les Méduses, par exemple, une énorme épaisseur ; en général au contraire elle est très redmte et porte le nom de lame de soutien . , „ . .

Elle dérive de l'un des deux autres feuillets, quelquefois même de tous

^'tSu-s dépourvue de cellules à l'origine, elle en présente le plus souvent lorsqu'elle est entièrement développée. Ce sont des cellules ectodermiques ou entodermiques qui ont émigré dans la profondeur. 11 n y a Pas lieu toutefois de refuser à cette couche le nom mesoderme Cette ougme se retrouve constamment dans toute la série. Quel que soit le mode de foi mation du feuillet moyen, il dérive toujours de l'un ou de 1 autre ^e. deux premiers. Le fait que les cellules qui le composent ont em.gre isolemen et tardivement, au lieu d'émigrer en bloc, ou de naître dune masse mesodermique primitivement formée, ne nous paraît pas suffisant pour exigei celte distinction du mésoderme et de la mésoglée.

Quoi qu'il en soit, nous sommes loin du mésoderme si compliqué que nous avons décrit chez les Spongiaires. Ceci suffirait à justifier, s'il en était encore besoin, la séparation absolue des deux embranchements : le terme d iipi/«elarid, proposé par Lendenfeld pour les Cœlentérés proprement dits, est parfaitement justifié.

Il n'y a d'autre part jamais de délammatiou du mésoderme. Il n existe donc, chez aucun Cœ/entéré, de cavité générale (4).

(l) METSCiiNiKorr, Ûberdie inlracelLulare Vevdauung bei Cœlenteraleii. Arb.

Wieu, t. V, 1883.

m BouRNE, Q. J., t. XXVII, 1887.

(3) Cette teneur en eau augmente quand la salure diminue, on l a trouvée de 97,90 p. 100 dans une Aurélia auriia de Kiel.

(4) On devrait dès lors, semble-t-il, rejeter comme impropie le teiu e Cœlentéré créé par Leuckart qui exprimait par là l'idée que 'a cavité genciale était confondue avec l'intesUn. Mais ce terme a été consacre pai 1 e -«^ nous ne pensons pas que la raison invoquée soit suffisante poui "Lcessiter un changement. La nomenclature serait, à ce compte, essentiellement mstable, ce qu'il faut éviter à tout prix.

CONSTITUTION DES IIYDROMÉDUSES. 171

Il nous faut maintenant étudier dans son ensemble le groupe des Cœlentérés; le peu de développement des divers organes nous empêchera de traiter ce chapitre d'après le plan adopté pour tous les autres. Nous aurons k faire ici surtout de la morphologie extérieure. Mais il va en ressortir pour nous des résultats d'une importance capitale. Nous allons assister peu à peu à la formation d'organismes de plus en plus élevés, non pas seulement par l'association d'éléments en tissus, mais surtout par le groupement d'individus et la division du travail physiologique entre eux. C'est en étudiant le groupe qui nous occupe, que Edmond Perrier a pu montrer comment des êtres complexes se constituaient par l'association d'individus plus simples rassemblés en colonies, comment les divers membres de ces colonies perdaient peu à peu leur individualité, et arrivaient à dépendre de plus en plus les uns des autres, au point qu'ils ont été pris souvent pour les organes d'un nouvel être plus compliqué; comment enfin ces individus de second ordre pouvaient s'associer de façon à former une colonie plus complexe que la précédente, et qui, par une individualisation progressive, arrive à former elle-même un être unique, individu de troisième ordre (1). C'est chez les Cœlentérés que cette théorie présente sa plus brillante application, c'est en la suivant pas à pas que nous allons exposer la marche progressive de la différenciation dans chacun des trois groupes.

§ 2. — C onslilution des Hydroméduses.

Comme la Protolnjdra est peu connue, nous pouvons prendre comme point de départ du groupe l'Hydre d'eau douce, soit XHydra viridis, soill'Bydra grisea, communesl'une et l'autre dans nos étangs et bien étudiées toutes deux (Qg. 90). On a objecté que ce n'était pas k proprement parler la forme primitive des Cœlentérés, que celle-ci devait forcément être nageante, et analogue aux Planula, c'est-à-dire aux larves ciliées de la plupart des Hydraires. C'est là en effet un lait probable, et il est à croire que 1 ancêtre primitif du groupe qui nous occupe était un organisme cilié k deux sortes de cellules, les unes endodermiques, les autres ectodermiques, analogue k l'être représenté figure Ul, qui est une larve d'hydraire {Eucope polyslyla). Mais il faut reconnaître aussi qu'à cette époque le type Cœlentéré n'est pas môme formé, et en définitive la forme que nous présente V Hydre d'eau douce est

(1) E. PEnniEit, Les Colonies animales et la formation des orcianismes Paris, 1881. j ,

la forme la plus simple que puisse nous présenter un Cœlentéré vraiment caractérisé.

Rappelons ici quelques-unes des propriétés spéciales à cet animal ; cet exposé est indispensable pour l'intelligence de ce qui va

suivre. , ,

ÉTUDE DE L'HYDRE d'eau DOUCE. - C'cst un sac dont Ics parois

présentent trois feuillets, dont la structure est telle que nous venons de l'étudier. Il offre un seul oriQce servant à la \ fois de bouche et d'anus, et conduisant dans la cavité du sac, qui n'est autre que // la cavité digestive. /> Autour de la bouche sont placés des '^'^ bras en nombre variable, les tentacules; ils sont très contractiles et constituent à la fois des organes de tact, de défense et de préhension. Aussi présentent-ils de nombreuses cellules urticantes, musculaires et sensorielles. Ces bras sont

Fig. 90. — Hydra fiisca, avec deux bourgeons.

Fig. 91. — Deux phases du développement de VEucope polysttjla. — hy, endoderme.

creux et communiquent avec la cavité digestive. Mais c'est une exception parmi les Hydraires.

Ainsi constituée, l'Hydre s'attache aux divers objets, pierres, algues, etc., qui se trouvent à sa portée, au moyen d'un hquide visqueux sécrété par son pied. Elle se déplace en glissant d un point h un autre, ou même peut effectuer des mouvements plus rapides, en marchant à l'aide de ses bras et de son pied, à la manière des chenilles arpenteuses.

La reproduction peut se faire par divers procédés :

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