EXAMEN DE LA THÉORIE DES GÉNÉRATIONS ALTERNANTES
trouvent d'autres qui n'en possèdent jamais. V Eudendrium racemosum n'a que des gonophores : VEu. ramosum a des Méduses [Lizzia octocilia]. Quelquefois la Méduse d'un seul sexe est atrophiée, l'autre arrivant à un complet état de développement et se détachant pour nager librement. Chez la Coryne squamala, les méduses des deux sexes avortent ; chez la Coryne aculeala, elles arrivent toutes à un développement presque complet, mais ne se détachent pas. Dans YEucoryne elegans, la Méduse femelle devient seule libre ; dans les Coryne mirabilis et gravaia, c'est la Méduse mâle; enfin dans les Sijncoryne mirabilis, cleodora, Sarsii, etc., les Méduses des deux sexes arrivent à l'état de complet développement.
Examen de la théorie des générations alternantes. — Frappé delà succession régulière des formes sexuée et asexuée, qu'il venait de découvrir, Sars tenta de généraliser la règle, en considérant la reproduction des Hydroméduses comme formant un cycle évolutif où les deux formes, sexuée et asexuée, alternei-aient d'une façon continue. De l'œuf naîtrait une colonie de Polypes hydraires, laquelle donnerait par bourgeonnement (génération asexuée) une Méduse; celle-ci à son tour produirait les œufs' {génération sexuée), c'est-à-dire le point de départ. C'est là le mode d'évolution connu sous le nom A'alternance de générations.
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génération. Dans les cas où les Méduses existent à l'état libre, la théorie des générations alternantes est-elle l'exacte expression de la vérité ? Et s'il en est ainsi, comment expliquer celte alternance ?
Les recherches de de Varenne (l) répoudent à ces questions. Elles montrent que fondamentalement la Méduse n'est pas chargée de la production des éléments sexuels, qu'elle n'est pas véritablement eu un mot un individu sexué, mais un simple individu protecteur et nourricier, destiné surtout à disséminer les œufs.
En effet, bien longtemps avant l'apparition de la Méduse ou du gonophore on constate à l intérieur des polypes, ou plus souvent dans l'endoderme dil cœnosarc général, des œufs à divers états de développement. L'œuf naît donc du polype hydraire lui-même.
Ce n'est que plus tard qu'il passe dans un bourgeon, qui est d'abord un simple diverticule de la cavité interne du Polype, et qui devient finalement un sporosac, une demi-méduse, ou une méduse.
Il est donc impossible de considérer le polype comme asexué, et la Méduse comme sexuée, puisque les œufs naissent dans le polype et arrivent tout différenciés dans le corps de la Méduse; on doit considérer celle-ci comme uniquement chargée de la protection et de la dissémination de l'œuf
Il y a cependant des cas où les produits sexuels ne se différencient que dans la Méduse complètement formée. La Méduse serait donc dans ce cas le vrai individu sexué. Mais c'est un simple cas d'accélération embrvogénique comme nous en verrons de fréquents exemples par la suite. Il n'est pas rare en effet de voir, dansia suite du développement d'un être, un phénomène primitivement subordonné à un autre apparaître avant ce dernier L est ce qui se produit dans ce cas particulier. Mais, même alors il ne saurait être question de génération alternante. La Méduse n'est en effet qu'un iadl-
vidu différencié de la colooie d'Hydraires, de môme génération que les autres polypes. Elle ne constitue donc pas de génération à part.
Le cas qui nous occupe est tout à fait comparable à celui des plantes phanérogames. On pourrait considérer celles-ci comme des colonies, dont les l'euillcs seraient les individus. La ileur, ensemble de feuilles différenciées pour la génération, est tout à fait comparable aux Méduses, et comme constitution, et comme fonction. Or personne n'a jamais considéré les plantes Phauérogames comme soumises à une alternance de générations, dans laquelle les fleurs et l'appareil végétatif seraient des phases séparées. Il doit donc en être de môme chez les Hydroméduses.
Élimination graduelle de la phase liydre. — Dans un certain nombre de formes, la phase hydre tend de plus en plus à disparaître.
C'est chez les Cunina, Méduses vivant en parasites sur d'autres Méduses, que nous allons trouver les diverses phases de cette élimination.
Cliez certaines d'entre elles [Cunina octonaria), l'œuf donne naissance à un bourgeon analogue au blastostyle des Campanulaires. Il produit à son extrémité aborale six à sept petits bourgeons qui se transforment en Méduses. La phase hydre est encore représentée par un polype hydraire, mais il se réduit à un blastostj'le avorté.
Dans d'autres cas, la réduction de la phase hydre est poussée plus loin. Le polype issu de l'œuf se transforme lui-même en méduse, 11 n'y a donc plus même apparence d'alternance de générations. Enfin, dans tout le groupe des Trachyméduses, ce rappel de la forme coloniale disparaît à son tour. L'œuf donne directement naissance à une méduse.