‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 62 sur 412 · PEniiiEn. — Auat. comp · texte numérisé non relu

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symétrie quadriradiée tellement prononcée, que l'animal entier prend la forme d'un cube, d'où le nom de Cuboméduses donné par HcECkel à un des groupes qu'elles renferment. Elles sont nettement Stéganophthalmes par la constitution de leurs corpuscules marginaux (C), recouverts par un capuchon. Ils sont au nombre de quatre, placés sur le miUeu de chaque face, et chacun d eux comprend un sac à otolithes, deux gros yeux médians impairs et quatre petits veux latéraux.

Mais il existe'un vélum comparable à celui des Craspedotes. Toutefois, il est à remarquer qu'il est sillonné de vaisseaux ce

qui n'arrive jamais chez ces dernières. Ce caractère en fait un intermédiaire remarquable entre le vélum des Craspédotes et les lobes marginaux des Acalèphes.

Fi- 102. - Charijbdea marsupialis, Pér.- t, tentacules buccaux ; T, teutacules marginaux; f, filaments gastriques; C, corpuscules sensor.els.- B la même coupée transversalement: b, bouche; t, bras buccaux; p, poches gastiovasculaires ; cl, cloisons de séparation (sur les mêmes rayons se voient eu projection les filaments gastriques) ; g, organes génitaux (Hjîckel).

Le manubrium inclus dans l'ombrelle porte à son extrémité la bouche, munie à ses angles de quatre bras (ûg. 102 A et B, t), situés dans les plans médians des quatre faces de l'ombrelle. L'atrium, placé au sommet de l'ombrelle, communique par des fentes transversales munies de valvules avec quatre larges poches (Qg 102 B p) disposées sur les quatre côtés de la cloche, et séparées seulement par quatre minces cloisons correspondant aux angles de l'ombrelle. Ce sont en réalité quatre canaux gastrovasculaires prodigieusement dilatés, comme cela se passait deja chez les Jigiiiides.

Les tentacules (T)sont au nombre de quatre, placés aux quatre angles, correspondant, par conséquent aux cloisons.

LUGERNAIRES. ' I95

Le système nerveux est formé comme chez les Graspédotes par un nerf annulaire tout à fait net.

Enfin les organes sexuels se présentent également avec des caractères qui rappellent ceux des Hydroïdes. Ils se trouvent dans les poches gastro-vasculaires, attachés deux par deux aux quatre cloisons (fîg. 102 B, g).

On voit donc en résumé que c'est là un véritable groupe de passage présentant des caractères intermédiaires entre ceux des deux types fondamentaux.

LucERNAiRES. — Au groupc des Charybdéides s'en rattache un autre, celui des Lucernaires, formé de Méduses dont le caractère . essentiel est d'être fixées par leur pôle aboral. A cet effet, l'ombrelle se prolonge en une sorte de tube fermé à son extrémité, et c'est là, le pied par ou l'animal se fixe aux corps environnants ; la bouche carrée, portée au sommet d'un manubrium quadrangulaire, est dirigée vers le haut. L'animal a dès lors la forme d'une coupe en entonnoir.

L'appareil gastro-vasculaire est identique à celui des Charybdéides. L'atrium communique en effet avec quatre poches séparées par de minces cloisons.

Les quatre tentacules des Cuboméduses sont remplacés par huit prolongements coniques (1), deux pour chaque poche gastrique, et chacun de ces prolongements est couvert de papilles terminées par une tète arrondie.

Les follicules génitaux se trouvent dans les poches gastriques. Dans chacune, ils se présentent sous la forme d'un V, dont le sommet est tourné vers le centre de l'ombrelle, et sont attachés à la paroi sous-ombrellaire de la poche.

Les corpuscules marginaux sont tout à fait rudimentaires et sont remplacés par huit papilles creuses placées entre les groupes de tentacules, c'est-à-dire dans les rayons qui correspondent aux bras buccaux et aux cloisons. C'est précisément la position qu'ils affectent toujours chez les Acalèphes typiques.

Développement des Discoméduses. — Les faits qui précèdent vont nous permettre de comprendre l'évolution des Discoméduses, les représentants les plus élevés du groupe.

A de rares exceptions près {Pélagiidés), leur développement n est pas direct. Le développement de l'œuf aboutit à la formation d un organisme particulier, le Scypldslome (fig. 103, 1). Il a l'apparence extérieure d'un polype, fixé par son pôle aboral; (1) Les rayons des tentacules buccaux alternent avec ceux des cloisons o( oï'r cSn. ''^^'''^ •^"'"P"^ ^-tLule bucc-U

la bouche large et de forme carrée se trouve au sommet d'une éminence conique; tout autour sont disposés seize longs tentacules : quatre correspondent aux côtés de la bouche (ce sont les tentacules primaires, les premiers apparus; ils correspondent aux quatre tentacules des Charybdéides); quatre tentacules secondaires, les seconds formés, sont situés dans les mêmes plans que les angles buccaux; enfin huit tentacules tertiaires sont places entre les précédents. On a longtemps pris cet être pour un Polype hydraire, et, comme il donne naissance aux Méduses, on considérait encore le cycle

Fie 103 — Développemeut deV Aurélia aurila, Lmk. — 1, Scyphistome, avec des bouro-eous ea voie de développemeut; 2, fonnatiou du Strobile; 3 développement des segments successifs; 4, Strobile où il ue reste plus que quatre segments; 5, Ephura, à l'élat de liberté; G, la Méduse adulte (Sa II s).

évolutif des Discoméduses comme présentant deux générations alternantes : une génération polypoïde asexuée, une génération mcdusoïde sexuée. Mais l'interprétation doit en réalité être tout autre.

Si on examine en effet la cavité gastro-vasculaire, on voit qu'elle est divisée par des cloisons incomplètes, correspondant aux tentacules primaires, en quatre poches latérales, communiquant largement avec la cavité centrale. C'est une disposition qui rappelle nettement celle que nous avons observée chez les Lucernaires. L'appareil gastro-vasculaire des deux types est

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construit sur le même plan, et on est autorisé h considérer le Scyphistome comme une Méduse fixée, dont la sous-ombrelle se serait soulevée de façon à élargir les poches gastro-vasculaires. Dans ces conditions, s'il y a deux générations dans le cycle évolutif, elles n'alternent pas dans le sens indiqué plus haut (1).

Le Scyphistome peut donner naissance à des stolons qui produisent d'autres Scyphistomes semblables. Ce n'est qu'à la fin de l'automne, que le Scyphistome continue son développement en se transformant en Slrobile.

Un sillon apparaît au-dessous du cercle de tentacules, et sépare, du corps du Scyphistome, un disque terminal qui lui reste attaché par un pédoncule central. Au-dessous, le Scyphistome se reforme par la production d'une nouvelle couronne de tentacules. Mais le même fait se renouvelle, et bientôt le Scyphistome se trouve divisé en segments empilés; c'est alors qu'on lui donne le nom de Slrobile{Qg. 103, 2, 3). Bientôt, sur lebord de chacun des segments, se forment huit lobes biûdes, embrassant par leurs deux moitiés chacun des tentacules de premier et de second ordre ; ces tentacules se réduisent et finalement se transforment en corpuscules marginaux sensoriels; les huit tentacules tertiaires disparaissent complètement. Chacun dessegments s'est alors transformé en une petite méduse, dont l'ombrelle est divisée en huit lobes iDiQdes, portant chacun un organe sensoriel; leur manubrium est attaché à la face dorsale de la méduse immédiatement supérieure (fig. 103, 4). Bientôt, la séparation se produit et les méduses, auxquelles on donne nom à'Ephijra, vont nager librement et individuellement (fig. 103, 5). Chacune d'elles possède quatre poches gastriques, restes des poches du Scyphistome.

L'Fphyra peut garder sa forme originelle {Nausithoë). Mais le plus souvent, elle se modifie peu à peu profondément, acquiert des organes génitaux, et se transforme en une Méduse Discophore (fig. 103, 6). C'est sous cette forme adulte qu'il nous reste maintenant à l'étudier.

• Nous connaissons déjà ses caractères essentiels. II nous suffit d'indiquer les quelques variations importantes que subit le plan général.

Anatomie comparée des DISCOMÉDUSES. - L'ombrelle est aplatie et discoïde, de sorte que l'animal n'a plus la forme d'une cloche, mais d un champignon.

(I) Quelques types paraissent rester défluitivcineut, pendant toute le».existence, à un s ade tris analogue au Scyphistome. Ces le cas ot™nl dé \^L^pekeaRuspoUana ôtndiée par G. VooT(Inst. nat. genevois t XV riSSTf et de la Cassiopca polypoïdes (Kelleb, Z. W. Z., t. XXXVIII 883)

On retrouve le plus souvent la symétrie octoradiée, si nettement accusée chez les Ephyra. Souvent, en effet, le'bord de l'ombrelle est divisé en huit lobes, séparés par les .corpuscules marginaux ; ils peuvent se ramener auxhuit paires de lobes deVBphyra. Dans certains cas, ces huit lobes fondamentaux se subdivisent eux-mêmes et il en résulte un accroissement du nombre des lobes du disque. Les corpuscules marginaux peuvent alors être aussi plus nombreux.

Un vélum continu n'existe jamais chez les Discoméduses. On peut considérer comme le représentant un repli marginal, inter-

Fig. Wi. — Yued'Aureliaaurita, Lmk.par le pôle oral. — I, rayons principaux; II, rayons secondaires; III, rayons tentaculaires ; a, bras buccaux; b, bouche; c, corpuscules marginaux; d, glandes génitales; e, ouvertures des poches sous-génitales; f, canaux angulaires; g, canaux géuitaux ; h, leurs branches ; i, canaux intermédiaires; k, canal circulaire marginal; l, tentacules marginaux; m, canaux récurrents; o, cavité de l'atrium.

rompu au niveau des corpuscules. Parfois ce repli est assez large, mais il diffère toujours du vélum des CraspédoLes, d"abord par sa discontinuité et surtout par la présence de dépendances de l'appareil gastro-vasculaire à son intérieur.

Les tentacules marginaux ne manquent que chez les Rhizostomes. Dans tous les autres cas, il en existe sur tout le tour de l'ombrelle. Leur nombre primitif est de 8; mais ils restent rarement réduits h ce chiiïre. lis sont en général nombreux et peuvent atteindre le chiffre de 48. Ils le dépassent même chez les Aurélia, où les tentacules, courts et minces, forment une frange, interrompue seulement au niveau des corpuscules sensoriels (fig. 103, 6).

Sauf chez les Éphyridés, qui ont gardé leurs caractères em-

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