APPAREIL SENSITIF DES DISCOMÉDUSES
semcnts ectodermiques, limités quelquefois à la face ventrale des corpuscules. On n'y observe que des cellules neuro-épithéliales, et des fibrilles nerveuses, sans aucune cellule ganglionnaire. C'est certainement là une forme très inférieure au type des Graspédotes; mais, d'après les frères Hertwig, les deux formes
ng 106 - Organe sensoriel du bord do l'ombrelle d'une Méduse Acalèphe (Orambessanwmïca Lend.), vu on coupe optique dans la figure supérieure, vu d en haut daus la figure inférieure. - K, canal gastro-vasculaire ; /c, sa DUurcation ; C, terminaison du canal dans le corpuscule; 0, prétendue otolithe; F, fossette olfactive; f, fond do la fossette arrivant presque au contact du centre nerveux ; D, capuchon recouvrant l'organe; son bord antérieur; jo, lobes de l'ombrelle (LEiNDENi.Ei.n).
n'ont aucune filiation directe de l'une à l'autre. Elles doivent sans doute dériver d'un type commun, indifi-érent, mais ce type n est pas forcement un type médusaire.
Les corpuscules marginaux sont construits chez toutes les Acraspèdes sur un type identique (fig. lOC). La portion principale de ces corpuscules est un organe ayant la forme d'un
tentacule, rappelant celle des corbeilles auditives des Trachyméduses. L'organe est creusé à son intérieur d'une cavité dépendant de l'appareil gastro-vasculaire (c), et limitée par un revêtement endodermique. Au sommet, l'endoderme s'épaissit en un massif de cellules nucléées, contenant des concrétions, et qu'on considère souvent comme des cellules auditives (0). En réalité rien ne prouve cette fonction, dont le mécanisme, étant donnée la structure de l'organe, est difficilement explicable. L'ectoderme qui revêt ce tentacule est aplati au sommet, mais cylindrique sur toutes les parois, on y distingue de nombreuses cellules neuroépithéliales en connexion avec le centre nerveux voisin.
A la base de l'organe et sur sa face dorsale, se trouve souvent un ocelle, réduit à un amas de pigment. Dans quelques cas {Nausithoê, Aurélia, Charybdea), il se complique et présente comme chez la Lizzia un cristallin cuticulaire.
Ce corpuscule est en général recouvert, comme d'un capuchon, par un lobe de l'ombrelle (Z)), quelquefois de grande dimension, et fréquemment bilobé. Ce caractère, tout à fait caractéristique du groupe, a fait donner aux Acraspèdes le nom de Stéganophl/ialmes.
Au-dessus de ce repli, la paroi de l'ombrelle se trouve fréquemment déprimée par une fossette ciliée, quelquefois ornée de eûtes, et qu'on considère comme destinée à apprécier les qualités de l'eau ambiante. C'est donc un organe olfactif ou gmiatif. Son extrémité (/")est presque en contact avec le centre nerveux.
Les sexes sont séparés, sauf chez les Chrysaora. Les produits génitaux se forment aux dépens de l'endoderme, dans les rayons de second ordre. Leur ensemble constitue des rubans froncés et pelotonnés, ayant généralement la forme d'un fer à cheval, dont la cavité est tournée vers le centre. Au-dessous d'eux, se forment, par amincissement du mésoderme, des poches spéciales; elles sont produites par des invaginations delà sous-ombrelle, et sont tapissées par l'exoderme. Chacune d'elles communique directement avec l'extérieur par un large orifice, qui donne à l'eau de mer un accès facile (fig. 104, e). Les rubans génitaux font saillie dans ces poches, et on a considéré longtemps ceux-ci comme se formant dans les poches sous-génilales. Il n'en est rien ; une mince couche de mésoderme les en sépare (Qg. 105, e). Les produits génitaux s'échappent à la maturité par déhiscence, soit dans les cavités sous-génitales, soit plus souvent dans l'estomac.
Dans les Crambessidés elles Versuridés, les 4 poches sous-génitales se réunissent en une seule poche centrale, placée dans l'axe de la méduse.
SIPHONOPIIORES. 203
Reproduction asexuée des Méduses. — Les Méduses, au sens le plus général du mot, ne se reproduisent pas seulement par fécondation ; on a observé la scissiparité chez un certain nombre d'entre elles : le Stomachium mirabile,le Phialidium variabile et le Gastroblasta Raffa'élx qui appartiennent aux Leptoméduses. On a constaté d'autre part qu'à la suite de mutilations, une Méduse pouvait se reconstituer entièrement, pourvu que le fragment contienne un canal gastro-vasculaire. Il est en effet nécessaire que les trois feuillets soient représentés dans le fragment en voie de rédintégration. Dans ces conditions, il se reforme une Méduse complète.
Mais le mode de reproduction asexuelle le plus fréquent est celui du bourgeonnement, très répandu surtout chez les Anthoméduses. Les bourgeons se forment sur le manubrium, sur les tentacules, sur les différentes parties de l'appareil gastro-vasculaire. Ces bourgeons donnent toujours naissance à d'autres Méduses.
Plusieurs générations peuvent ainsi se former simultanément et rester unies de façon constituer une colonie complexe flottante, présentant quelquefois un grand nombre d'individus. Bien qu'ils constituent un groupe bien autonome, c'est à de semblables colonies qu'il faut rattacher les Siphonophores.
§ 4. — Siphonophores (1).
Anatomie comparée des Siphonophores. — On peut en effet considérer un Siphonophore comme dérivant d'une Méduse Craspédote libre, qui, par un bourgeonnement continu, aurait produit toute une colonie d'individus restés attachés à l'individu primitif, luimême phis ou moins modifié.
Gomme chez les Iltjdraires, les individus d'une même colonie manifestent un polymorphisme, qui est parfois poussé très loin (fig. 107). 1° Les individus typiques sont les gastrozoïdes, les siphons des anciens auteurs, dont la bouche dépourvue de tentacules est garnie d'une couronne de cnidoblastes. Ce sont, avec les gonozoïdes, les seuls qui existent partout. Chez les Rhizopkysa, ce sont les deux seules formes présentes.
2° D'autres individus, les tentacules^ comparables aux dacLylozoirJes des Ilydraires, sont dépourvus débouche, et garnis àleur extrémité d'une batterie de nématocystes. Ils ne manquent que chez les Cali/cophoridcs et chez les /î/iizophi/sa.
fl) GFOENEiAiîn, Z. W. Z., t. V, 18Ô3. - Koeu.ikeii, Die Siphonophorcti von •t/e55i;îa, Leipzig, 1853. - ILeckel, Challenger Ucporls, 1888.
Gastrozoïdes et dactylozoïdes sont généralement pourvus d'un long filament pêcheur, simple ou ramifié, dont toutes les branches sont terminées par une forte batterie de cnidoblasles. Ces filaments pêcheurs sont remarquablement développés chez les Phi/salies, où ils atteignent parfois la longueur de plusieurs pieds. Ils sont creux et portent, sur l'une de leurs faces, de petites émi-
nences réniformes, garnies de puissants némalocysles qui eu font des organes de défense très actifs.
3" Dans un grand nombre de [ami\[es{Apolemiidés,Agalniidés, Atho)ibyidés, Monojohi/idés , Diphyidés) , existe une troisième espèce d'individus. Ce sont les bractées (/■), individus protecteurs attachés le plus souvent à la base des polypes. Ils sont formés par une lame mésodermique recouverte d'ectoderme, etcreusée en son milieu d'un canal tapissé d'endoderme. On peut comparer ces bractées à des fragments d'une Méduse dissociée. Cela s'explique facilement, si on adopte la théorie de la constitution coloniale des Méduses. L'ombrelle d'une Méduse étant formée par la réunion de quatre individus, il est aisé de concevoir que ces quatre individus puissent rester séparés; ils sont, dans ce cas, identiques aux bractées des Siphonophores, qui représentent des quarts de Méduses.
4° C'est également au type Méduse que se rattachent les vésicules natatoires, qui servent de flotteurs à la colonie, lui permettent de se soutenir dans Teau et d'effectuer des mouvements. Ces organes manquent aux Vélelles, aux Physalies, et, parmi les Physophorides, aux Athorybia. Dans ce dernier genre, elles sont remplacées par une couronne de bractées. Ce sont de simples
Fig. 107. — Schéma d'un Siphoaophorc :
e, gastrozoïde ; f, filament pêcheur du gastrozoïde, et ses appendices, tentacule et son filament pêcheur, h ; i, gonophore médusoïde; /, écaille protectrice (quart de méduse) ; m, cœnosarc ; 71, pneumatophorc.
ANATOMIE COMPARÉE DES SIPMONOPIIORES. 20o
cloches, dont l'ouverture est munie d'un vélum, et qui ne diffèrent d'une Méduse que par l'absence de bouche, de manubrium et de tentacules. Elles sont très répandues chez les Calycophorides et les PInjsophorides. Chez les premières, il en existe