‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 65 sur 412 · Praya Diplujes (G. Yogt · texte numérisé non relu

Praya Diplujes (G. Yogt

une [Monophycs), deu.K {Diphijes) (Og. 108), ou un plus grand nombre, placées en deux séries {IJippopodius).

Elles sont généralement plus nombreuses chez les P/iysop/iorides, où elles forment deux ou plusieurs rangées. Presque toujours, elles se localisent à l'extrémité supérieure de la tige de la colonie.

5° Enfin les individus reproducteurs sont encore des méduses modifiées. Ils peuvent même arriver au stade de méduse complète, et se séparer de la colonie pour vivre d'une vie indépendante. C'est le cas des Discoïdes (1), et sans doute aussi des gonozoïdes femelles des Physalies. Dans tous les autres cas, les gonozoïdes restent à l'état de méduses incomplètes, conservent leurs quatre canaux gastro-vasculaires et leur canal marginal, leur vélum, et leur manubrium. C'est dans ce dernier, dépourvu débouche, que sont logés les produits sexuels.

Les colonies de Siphonophores ont en général des gonozoïdes de l'un et de l'autre sexe . Ce n'est que dans ces cas assez rares qu'elles sont dioïques {Apolemia uvaria, Abyla pentagona et plusieurs Diphyes).

CoENOSARC DES SiPHONOPHORES. — Tous ccs différents individus sont réunis par un cœnosarc commun.

Hseckel a montré que ce cœnosarc est en réalité le représentant de la méduse mère, sur laquelle a bourgeonné toute la colonie. Le disque de cette Méduse est encore visible à la partie supérieure de la lige (fig. 107, n). On y distingue encore huit poches (quelquefois 4 ou 16), en continuité avec la cavité de la tige, et représentant les canaux gastro-vasculaires primitifs. Au-dessus d'elles, la masse mésodermique de l'ombrelle s'est creusée d'une cavité pleine d'air, le pneumatophore, en communication avec l'extérieur par un orifice placé à sa partie supérieure et qui sert de flotteur. Il manque chez les Calycophorides, où la méduse mère disparaît de bonne heure. Chez les Physophorides (fig. 109), le pneumatophore est petit et plus ou moins globulaire. Mais dans les deux autres groupes, il est extrêmement développé. Il occupe tout l'intérieur du cœnosarc des Physalies (fig. 110). Enfin chez les Discoïdes, il est formé par une série de chambres concentriques, à parois chitineuses, s'ouvrant par des pores à la face supérieure du disque.

Le bourgeonnement aux dépens de cette Méduse primitive peut se faire de deux façons distinctes.

Dans un premier groupe de Siphonophores, les Siphonantues d'Hœckel, les bourgeons naissent tous sur le manubrium; tandis que le disque médusaire, par une régression remarquable, devient le pneumatophore ou même disparaît (Calycophorides), le manubrium s'allonge démesurément et constitue la tige de la colonie. Quelquefois sa bouche reste ouverte à l'extrémité, mais en général elle se ferme.

(1) La Môdusc des VcIcUes est la Chrysomitra slriata ; elle uepossède qu'un tentacule, et se rapproche sous beaucoup de rapports des Anlhouiéduses.

CŒNOSARG DES SIPHONOPHORES. 207

Quand la tige est ainsi allongée, il arrive en général que les individus se disposent sur elle en groupes séparés les uns des autres, et tous semblables entre eux. Parfois, ces groupes {cormidium) peuvent se séparer de la colonie, et vivre indépendants ; on les

avait considérés comme des espèces particulières, et rangés dans les genres Eudoxia, Ersxa. Ils sont chargés de la dissémination de l'espèce.

Cette forme type se modifie peu à peu par la réduction en longueur du manubrium.

Chez les Physophores, la portion tubulaire ne porte latéralement que les vé-

Vig- 10^-— Physophova dislicha, Forsk.

Fig. 1 10. — Physalia pelat/ica, avec ses filameuls pêcheurs, couverts de cnidoblastes (Lesson).

sicules natatoires; à sa partie inférieure, le tube se renfle en une vésicule sur laquelle viennent s'attacher tous les autres individus de la colonie, disposés sans ordre.

Enfin chez les Phy salies le cœnosarc se réduit au disque de la méduse mère; c'est une longue vésicule ayant à peu près la

forme d'un Iricorne, et presque remplie d'air. Elle porte les individus attachés à sa Tace inférieure.

Dans le second type de Siphonophores, les Disconanthes, la gemmation se fait aux dépens de la sous-ombrelle. Le cœnosarc se réduit à l'ombrelle de la Méduse, contenant un pneumatophore compliqué.

Chez les Porpiles, il a la forme d'un simple disque circulaire, hyalin, cartilagineux, portant à sa partie inférieure les divers polypes. Chez les Vélelles, le disque est ovale, avec une crête verticale placée en diagonale.

Sur les bords du disque médusaire persistent de nombreux tentacules. Au centre se trouve le manubrium, constituant le siphon principal des anciens auteurs. Au lieu de l'estomac primitif, se trouve un système de canaux anastomosés, avec lequel communiquent également les cavités cœlentériques de tous les individus. Ceux-ci sont disposés sans ordre autour du manubrium ; il n'existe ni bractées ni cloches natatoires.

Les colonies de Siphonophores peuvent atteindre des longueurs considérables ; YApolemia uvaria peut dépasser 10 mètres de long. Comme la plupart des animaux pélagiques, les Siphonophores sont parfaitement hyalins. Quelques-uns sont cependant colorés ; les Porpites et les Vélelles sont d'un bleu verdâtre, les Physalies brillent des plus vives couleurs.

§ 5. — Constitution des CoraUiaires.

Les CoRALLiAiRES (1) vivcut soit à l'état isolé, soit au contraire en colonies nombreuses, présentant les formes les plus diverses, et soutenues en général par un squelette calcaire que l'on nomme polypier.

Type général du polvpe cor.a.lliaire. — Les divers individus qui constituent ces colonies, les polypes coralUaires, sont construits sur un type commun bien caractérisé. Ce type, peu différent au premier abord de celui des polypes hydraires, s'en distingue, quand on l'examine avec attention, par des caractères d'une grande importance. Le corps a la forme d'un sac cylindrique, présentant au centre de sa face supérieure une ouverture entourée de tentacules. Cette ouverture est la bouche, rarement circulaire, plus généralement en forme de fente allongée. Les deux extrémités sont les commissures ; elles déterminent un plan vertical, divisant

(1) MiLNE Edwahds cl IImme, Histoire nalitrclle dex CoraUiaires, Paris, 1857-1800. — DuNCAiv, Hdvision des Madréporairet. J. L. S., t. XYIII, 1886. — 0. et U. Heutwio, Die Actinien. J. Z., t. XIII, 1879.

Page 1