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AFFINITÉS ZOOLOGIQUES DES CTÉNOPHORES

pouvant livrer passage à l'eau et aux substances non digérées.

Systèiue nerveux. — Ces quatre petites branches entourent une vésicule spéciale, exactement placée au pôle aboral, et oià on reconnaît un otocyste et le système nerveux central. Son étude a été faite avec grand soin par Chun, qui en a tiré d'intéressantes conclusions, relatives à l'anatomie générale du système nerveux.

L'extrémité aborale (fig. 141) présente en son centre une dépression tapissée de hautes cellules flagellées : c'est le champ •polaire, généralement hexagonal. Il porte, correspondant à chacun des quatre quadrants, quatre lamelles saillantes recourbées et formées par des cils vibratiles agglutinés [r). Ces lamelles fonctionnent comme des ressorts, et supportent un amas sphérique d'otolithes, qui se balance à leur sommet [ot). Il est recouvert par une cloche (c/), formée de 4 lamelles minces et transparentes, qui se soudent par leurs bords. La cavité de la cloche communique avec l'extérieur par deux sillons creusés dans le champ polaire. Le rôle sensoriel de cet organe comphqué semble évident.

De chacun des ressorts part, dans la direction d'un méridien;, une gouttière ciliée (;;/, pl') qui, à sa sortie du champ polaire, se bifurque (n, n'), et se continue par les côtes qui portent les palettes natatoires.

Les cellules cihées se continuent identiques dans toute l'étendue des bandes ciliées, et les ressorts eux-mêmes semblent devoir être considérés comme des palettes modiûées. De plus, les mouve.ments des palettes natatoires sont sous la dépendance évidente de l'organe sensoriel; le mouvement part du pôle sensoriel et se propage de proche en proche sur toute la longueur de la bande. Aussi Chun a-t-il proposé de considérer cette région sensorielle comme un centre nerveux et les gouttières ciliées comme des nerfs. Le système nerveux resterait alors à un état très primitif: il n'existerait aucune différenciation en fibres et cellules ; les cellules nerveuses seraient de simples cellules ectodermiques, placées côte a côte, sans aucune connexion ni avec les cellules profondes ni avec les cellules musculaires.

Organes génitaux des ctknopuores. — Les Cténophores sont hermaphrodites. Les produits sexuels se développent dans les parois des vaisseaux costaux, où ils forment des bandes allant d une extrémité à l'autre. La disposition est d'ailleurs assez variable relativement au partage des œufs et des spermatozoïdes Les éléments s échappent dans les canaux gastro-vasculaires et sortent par la bouche.

Affinités zoologiques des cténophores. - Les rapports phylogenétiques des Cténophores ont été pendant longtemps tout à R. PEnniER. — Anat. comp.

fait obscurs, au point que quelques auteurs ont proposé d'en faire un groupe à part. La vie pélagique et le genre de locomotion les rapprochent bien des Méduses. Le tissu mésodermique présente de grandes analogies dans les deux groupes. Mais était-ce là un rapport d'adaptation au même milieu, un phénomène de convergence, ou un rapport de parenté réelle?

Les Méduses du Challenger étudiées par Hœckel {\) sont venues resserrer ces liens, et, en établissant des formes de passage, ont montré qu'il ne fallait réellement voir dans les Cténophores que des Méduses modifiées.

Une Méduse rapportée par le chalut du Challenger, et se rattachant aux Cuboméduses, le Tesseranthe connectèns, présente desépaulettes saillantes, couvertes de plaques vibratiles pareilles à celles des Cténophores. La Ctenaria Clenop/iora est plus remarquable encore. Proche parente des Cladonema, elle présente avec les Cténophores de curieux points de ressemblance. Elle possède comme eux un entonnoir et deux tentacules, qui peuvent se contracter dans des cavités creusées dans l'épaisseur de l'ombrelle. EnQn, suivant huit méridiens, sont développées huit côtes, couvertes de cils vibratiles, qui complètent l'analogie. Haeckel conclut avec vraisemblance, de ces caractères, que les Cténophores sont proches parents des Méduses Craspédotes.

(1) H^CKEL, Urspung und Stammverwandschaft der Clenophoren, Sitzungsber. der Jena. Gesellsch., 1879.

CHAPLTRE VI

CLASSIFICA.TION

CLASSE I. — STELLÉRIDES (î).

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