APPENDICES DU TEST
Squelette des Holothurides. — Dans les HoLOTnuniDES, le squelette subit une régression remarquable. Il est réduit h de petites plaques calcaires, généralement percées d'orifices régulièrement distribués, et dont les formes peuvent servir de caractère dans la spécification.
Elles sont logées les unes dans l'épiderme, les autres dans le derm©. Elles ne jouent de rôle important que pour la locomotion des Synaples, qui sont dépourvues de tubes ambulacraires.
Leur origiue est assez curieuse ; elles sont formées par des cellules hexagonales juxtaposées, et sécrétant du calcaire sur leurs parois mitoyennes. Ce calcaire gagne de plus en plus, mais ne peut envahir le noyau de la cellule. La plaque reste ainsi percée de trous. Les cellules sont primitivement au nombre de quatre; mais leur nombre augmente ensuite, de nouveaux éléments venant se placer dans les angles formés par les premiers.
Outre ces spicules, les Holothuries ofï'rent à considérer une couronne calcaire située sur l'équateur du bulbe pharyngien, et formée de dix pièces articulées, les fleurons, dont cinq radiales et cinq interradiales; ces pièces semblent correspondre morphologiquement aux apophyses myophores des Oursins. Nous verrons enfin qu'il est possible de trouver chez les Holothuries un représentant de la plaque hydrophore émigré vers l'intérieur.
§ 3. — Appendices du lest.
Les appendices du corps des Échinodermes sont de trois sortes : 1° Les }iiquants.
2» Les pédicellaires.
3° Les sphéridies.
Piquants. — Les piquants ou radiales sont des baguettes solides qui se rencontrent chez les Astéroïdes et les ÉcriiNiDES.
Dans ces derniers, oii ils sont le mieux développés, ils constituent des appendices mobiles articulés au sommet de tubercules arrondis ; ils s'y rattachent par un ligament central, et par une couronne annulaire formée de fibres élastiques et de fibres musculaires. Celles-ci permettent au piquant de se mouvoir dans tous les sens.
Les piquants ou, ce qui revient au môme, les tubercules qui les portent sont assez régulièrement disposés sur le test. Dans les Cidaridiens, ils ne sont bien développés que sur les plaques ambulacraires. Mais chez les Latistellés, ils sont répartis sur toutes les plaques.
Généralement en forme d'aiguilles, les radiolcs peuvent affecter les formes les plus diverses. Très généralement, il en existe plu-
272 ÉCllINODERMES.
Sieurs espèces sur le môme individu. Les plus remarquables à cet égard sont les Ciclaris, où se trouvent deux sortes de piquants : les uns sont très volumineux et atteignent jusqu'à deux fois le diamètre du test; il n'en existe qu'un sur chaque plaque anambulacraire, et ils jouent un rôle important dans la locomotion de ces Oursins, dontles tubes ambulacraires, dépourvus de ventouse, ne peuvent à cet égard avoir qu'une utilité très restreinte. Les autres piquants sont tout petits, très nombreux, répartis partout, et forment notamment autour de chacun des piquants primaires une couronne réguhère.
Dans le Podophom alrata, les piquants de la face dorsale se raccourcissent fortement, et se réduisent à des plaquettes polygonales, qui se juxtaposent comme les éléments d'une mosaïque.
Les Echinothuria ont des piquants très renflés, et ils peuvent faire grâce au venin qu'ils renferment, de douloureuses blessures.
Chez les Clijpéaslroïdes et les Spatangoïdes, les piquants sont en général très petits. Dans ce dernier groupe, il existe des bandes ou des plages qui en sont entièrement dépourvues : ce sont les sémites ou faciales. L'épithélium superficiel y est très fortement cilié, et le test présente de petits tubercules épars, portant de très petites épines barbelées et terminées en massue (c/a«i//es). Chez la plupart des Spatangues vivants, il existe un sémite circulaire (sémile sub- ou péri-anal) autour de l'anus. Mais i peut aussi y en avoir d'autres, par exemple autour des ambulacres pétaloïdes. Leur disposition donne de bons caractères pour la
classiflcation. .
Dans les Etoiles de mer, les piquants sont beaucoup moins développés Ils se rencontrent surtout sur les plaques vertébrales des bras. Souvent ils sont immobiles et se réduisent à de simples
mamelons. , ^ ...
PÉDicELLAiRES. - Lcs pédicsllaives (1), que 1 on considère généralement comme des piquants modifiés, sont de petits organes dont la partie essentielle est une pince à deux ou trois branches; ils peuvent s'ouvrir ou se fermer grâce à des muscles spéciaux ffio- 16^^) Ils existent chez tous les Stellérides, et on peut les rencontrer en tous les points du corps, mais principalement dans les gouttières ambulacraires. Dans beaucoup d'espèces, ils forment autour des piquants une couronne (fig. 17/.) Les péd.cellaires des Stellérides ont très généralement deux branches (rarement trois comme chez la Luidia), qui peuvent so.t converger à la base comme' es mors d'une pince, soit s'y assembler à la manière des
(1) EoM. P.RR1BR, Les péciiceWnres et les amlrUacres des - Astéries et des Oursins, A. S. N. 5« série, t. XII, 18G9.