SYSTÈME NERVEUX DES ÉTOILES DE MER
Ces derniers organes constituent donc le degré le plus haut de différenciation des organes respiratoires des Échinoderraes. Il faut reconnaître que c'est encore fort peu de chose.
§ 9. — Système nerveux.
Le système nerveux des Échinodermes donne lieu, surtout dans certaines classes, à de vives discussions relatives, non seulement à sa constitution, mais à sa position même.
Système nerveux des Étoiles DE MER. — Chez les Stellérides, notamment, on a successivement considéré comme système nerveux : les septa des cavités sousambulacraires (Tiedemann), les parois supérieures de ces cavités (Johannes Millier), ou même toute leur paroi (Greef, Hoffmann), etc.
On s'accorde aujourd'hui h considérer le système nerveux comme inclus dans la paroi du corps qui forme le milieu du sillon ambulacraire (fig. 158, m, et 170, n). Mais le désaccord commence au sujet de la détermination des éléments nerveux. Suivant Cuénot, on trouve successivement dans ce tégument, en allant de dehors en dedans (flg.
1° Une couche de cellules épi-
Ihéhales se prolongeant par un long Pilament normal h la surface (C) ;
2° Une assise de fibres longitudinales, extrêmement ténues, comprenant çà et là de rares cellules bipolaires;
3° Une couche de fibres conjonctives, où viennent s'insérer les filaments des cellules épithéliales qui traversent la couche fibrillairc dans toute son épaisseur (B) ;
Enfin 4» une assise épithéliale pavimenteuse (?), révélant la cavité sous-ambulacraire (A).
Pour Ludwig et Cuénot, la partie nerveuse se réduit unique-
176. — Eléments du système nerveux d'une Étoile de mer. — A, couche de cellules nerveuses, revêtant la cavité sous-ambulacraire; B, couche conjonctive du tégument; C, couche épithéliale montrant les noyaux de nombreuses cellules ; certaines de ces cellules sont nettement en relation avec lesûlets émanés des cellules de la couche A (Edm. Periiieii).
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ment à la couche fibrillaire. Celte couche s'étend tout le long du sillon ambulacraire ; arrivée au disque, elle se rattache h un anneau nerveux, de structure semblable, recouvrant l'anneau labial.
Ce sont là les éléments principaux, les centres du système nerveux. Mais il s'y rattache un plexus nerveux continu, s'étendant * sans exception sur toute la surface du corps.
EnQn, la couche nerveuse se prolonge, en conservant toujours la même constitution sur toute l'étendue du tube digestif; mais elle va en s'amincissanl, à mesure qu'on s'éloigne de la bouche.
En résumé, si l'on en croit les auteurs précédents, on serait en présence d'un système nerveux s'étendant sans discontinuité sur toute la surface du corps et du tube digestif.
Mais on ne sera pas peu étonné d'apprendre que cet appareil n'envoie aucun prolongement dans les couches épithéliales superficielles. Il n'existe pas de terminaisons nerveuses, et les cellules nerveuses elles-mêmes sont assez rares. C'est là, en vérité, un singulier système nerveux, bien peu en rapport avec nos connaissances générales sur les appareils de cette nature. Car les parties essentielles dans un pareil système,celles qui établissent les rapports avec le monde extérieur, sont justement celles qui manquent ou sont rares dans l'appareil précédemment décrit. Elles sont pourtant très développées, chez les Cœlentérés déjà, auxquels Cuénot compare sous ce rapport les Echinodermes; elles sont aussi évidentes chez les Crinoïdes, dont le système nerveux peut être entièrement homologué au point de vue histologique à celui des autres Invertébrés. Ces objections importantes donnent peu de probabihté aux conclusions qui précèdent. La théorie de Lange, reprise par Edmond Perrier, satisfait mieux l'esprit.
D'après ce dernier auteur, il est possible que la couche fibrillaire soit nerveuse; mais ce n'est pas la plus importante. 11 existe dans l'épithélium de la cavité sous-ambulacraire des plaques de cellules cubiques, décrites par Lange. Ces cellules (fig. 176, A) s'insèrent par un bec conique sur la couche conjonctive sous-jacente. Ce sont les cellules nerveuses Du bec partent des filaments, dont les uns, allant s'attacher au bec des cellules voisines, mettent ces cellules en relation les unes avec les autres ; les autres s'élèvent verticalement, traversent la couche fibrillaire et vont se rattacher h certains éléments épithéliaux, constituant les cellules neuroépilhéliales. Ces cellules se retrouvent également le long de l'anneau nerveux labial. Elles nous offrent toutes les connexions des cellules nerveuses, et leur disposition est d'accord non seulement avec les faits généraux de l'histologie du système nerveux,