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G||si^r quelconque et développent alors
un pédicule, des tentacules et des suçoirs, acquérant ainsi peu à peu la forme de Tanimal-mère.
Les Grégarinbs ((ig. 29) sont de grandes cellules, divisées en deux parties, le protomérite et le deutomérite ; leur surface est revêtue d'une cuticule, sous laquelle siège une mince couche de fibrilles musculaires. Après conjugaison préalable, les Grégarines s'enkystent ; leur noyau se divise, puis leur corps cellulaire donne naissance à de nombreuses pseudo-navicelles, cellules dont la forme est caractéristique, et qui se divisent à leur tour en germes falciformes ou sporozoïtes. Ces germes extraordinairement petits s'accroissent progressivement et se transforment peu à peu en Grégarines, tout autrement constituées qu'eux.
Nous pourrions signaler beaucoup d'autres métamorphoses d'organismes monocellulaires, dans lesquelles les caractères de l'espèce passent simplement d'un état a un autre. Ces relations constatées chez les organismes monocellulaires démontrent d'une façon frappante que du fait que deux cellules ont un aspect différent, il serait inexact de conclure, comme le fait Weismann pour les organismes plurioellulaires^ que l'idioplasma doit être réparti inégalement dans ces deux cellules, ce qui entraînerait nécessairement aussi comme conséquence une modification des caractères de l'espèce. En effet, si d'une façon générale les caractères de l'espèce sont inhérents à une substance qui se transmet, comme substance héréditaire, de l'organisme maternel à ses descendants, les germes infusoriformes des Acinètes et les germes falciformes des Grégarines doivent en être pourvus, bien qu'ils soient longtemps entièrement différents de l'organisme maternel, attendu qu'ils se retransforment en une Acinète ou une Grégarine de même forme que celle dont ils sont issus comme germes.
4. Autres faits qui démontrent que toutes les cellules de l'organisme sont détentrices des caractères de l'espèce.
On ne peut d'ailleurs, sans recourir à des hypothèses supplémentaires nouvelles, expliquer les phénomènes de reproduction, de gemmation et de bourgeonnement, au moyen de l'hypothèse de Weismann relative à la répartition de l'idioplasma par division différentielle.
Chez une foule d'animaux et de végétaux, de petits fragments de
la substance du corps, pris dans les régions les plus diverses, jouissent du pouvoir de réengendrer l'organisme tout entier. Or ce fait, incompréhensible dans Thypothèse d'une division différentielle des cellules qui dérivent de Tœuf, s'explique au contraire, si toute cellule, par suite d'une division intégrale, contient, comme l'œuf lui-même, les ébauches du tout, et n'a, par conséquent, besoin que de circonstances particulières pour devenir, à son tour, une cellule germinative.
Dans un autre sens, les résultats du greffage, de la transplantation et de la transfusion nous apprennent aussi que toutes les cellules et tous les tissus d'un organisme, indépendamment de leurs caractères histologiques, visibles, possèdent encore des caractères latents, beaucoup moins apparents, qui sont particuliers à l'espèce. Ils prouvent, par conséquent, que l'idioplasma est uniformément réparti dans l'organisme tout entier.
Mais ce qui démontre le plus nettement l'inexactitude de l'hypothèse de Wbismann, ce sont les expériences par lesquelles on peut modifier le processus du développement, à ses différents stades. Elles prouvent, en effet, que les diverses cellules résultant de la segmentation de l'œuf ne sont nullement prédestinées à jouer un rôle unique, déterminé, grâce à un plan préétabli, qui se trouverait indiqué dans l'architecture complexe de l'idioplasma et se réaliserait par la façon dont l'idioplasma se répartirait. Je fais allusion aux expériences que Driesch et moi-même avons entreprises et par lesquelles même les premiers blastomères peuvent être contraints de donner naissance à des parties de l'embryon autres que celles qu'ils fourniraient si le cours du développement était normal.
Driesch a comprimé progressivement, entre deux lames de verre, des œufs fécondés d'Kchinodermes ; par ce procédé, les seize premiers blastomères, au lieu de se séparer par des plans de segmentation alternativement verticaux et horizontaux, comme cela se produit normalement, se séparent les uns des autres par des plans de segmentation exclusivement verticaux (fîg. 3o). Dans la plaque, ainsi formée, de cellules disposées en une seule assise, les noyaux des divers blastomères occupent naturellement, les uns vis-à-vis des autres, une situation tout autre que celle qu'ils occupent dans le développement normal. Néanmoins, des œufs qui avaient été soumis à ce traitement ont engendré des pluteus normaux. Driesch en conclut que les blasto-
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CAUSES DE DIFFÉRENCIATION DES AGRÉGATS CELLULAIRES gS
Cette filiation est indiquée dans le tableau suivant :
7 89 10 II la i3 l^
i5 16 17 18 19 ao ai aa a3 a4 a5 a6 a7 a8 2g 3o
Dans les trois schémas, les noyaux marqués des mêmes chiffres ont la même origine, et par conséquent, dans Thypothèse de Roux-Wbis- MANN, la même qualité ; tandis que les noyaux marqués de chiffres différents différent les uns des autres par leurs caractères, leurs propriétés.
Examinons maintenant comment ils sont répartis dans Tœuf, d^une part lorsque la segmentation suit son cours normal et, d'autre part, à la suite des deux modes de segmentation provoqués expérimentalement.
Au premier stade de la segmentation, les noyaux présentent la même disposition dans les trois cas.
C'est au second stade de la segmentation que se manifeste la première difierence : en A*B*, les noyaux 3 et 5 se trouvent à gauche et 4 et 6, à droite du second plan de segmentation qui, d'après une hypothèse de Roux, correspond au plan médian de Tembryon futur ; en G*, au contraire, ils sont superposés en deux assises, 4 et 6 étant dorsaux, 3 et 5 ventraux.
Au troisième stade de la segmentation, les noyaux sont disposés différemment dans chacun des trois cas.
Dans les schémas A^ et B' ils sont encore, il est vrai, répartis à droite et k gauche du plan médian ; mais tandis que, en A*, ils sont superposés en deux assises, en B', ils sont placés en une assise unique les uns derrière les autres. Les noyaux 8, 10, 12 et i4 qui, en A^ appartiennent à l'assise supérieure, occupent en B* le milieu du disque qui est formé par une seule assise de cellules ; de plus, les noyaux 7 et 9, 11 et i3 qui, en A*, sont ventraux, se sont écartés deux à deux vers les extrémités opposées du disque, en B'.
Dans le schéma C enfin, au troisième stade de la segmentation, il ne s'est encore produit aucun plan de segmentation médian ; les noyaux 9, 10, i4 et i3, qui en A' et B' appartiennent à la moitié droite du corps, constituent l'assise cellulaire dorsale, et les noyaux 7, 8, 12 et II sont situés ventralement.
I Enfin, au quatrième stade de la segmentation, la situation relative
des éléments nucléaires est bien plus modifiée encore, ainsi qu'on peut s'en assurer en comparant les figures A', B' et C
Tandis que dans tous les œufs qu'on laisse se segmenter en leur conservant la forme et la position normales, la substance nucléaire se divise et se répartit d'une façon typique et sensiblement constante, il suffit donc que l'œuf, normalement sphérique, soit simplement modifié dans sa forme, qu'on lui fasse prendre une forme cylindrique ou discoïdale, pour qu'il en résulte une répartition toute difTérentc des noyaux de même dérivation. Selon que le cours de la segmentation s'effectue dans telle ou telle condition, tel noyau d'origine déterminée se met en relation avec telle ou telle autre partie de la substance vitelline, pour constituer avec elle une individualité cellulaire.
Or, si en réalité le processus de la segmentation donnait aux différents noyaux des qualités différentes, grâce auxquelles les parties du vitellus dans lesquelles ils sont logés seraient a priori contraintes h devenir telle partie déterminée de l'embryon, les œufs dont les éléments nucléaires ont été « répartis, mélangés » de façons les plus diverses, ne devraient-ils pas donner naissance à des malformations les plus diverses ?