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DU TRAVAIL

Dans le cours du développement embryonnaire, des formations plus ou moins volumineuses, les ébauches primitives des organes, se difTérencient, comme nous Tavons indiqué plus haut, aux dépens des éléments cellulaires provenant de la segmentation de l'œuf. Ces ébauches, au début, ne présentent pas de caractères histologiques spéciaux; mais elles les acquièrent progressivement aux stades ultérieurs du développement.

Il se pose donc ici un nouveau problème, que ne peuvent résoudre les principes exposés dans les chapitres qui précèdent. C'est ainsi notamment que, dans la plupart des cas, nous ignorons la cause déterminante de la division du travail qui s'accomplit pendant la vie embryonnaire entre les diflTérents groupes de cellules.

Dans notre étude des facteurs externes et internes du développement, nous avons émis l'idée générale, que les différents organes prennent naissance sous l'influence des excitants vis-à-vis desquels ils sont appelés à réagir. Conformément à cette idée, il ne pourrait se former d'organes visuels que sous l'action de la lumière qui les impressionne ; d'organes de soutien, que là où s'exercent des compressions et des tractions ; de glandes digestives, que sous l'influence d^aliments qui stimulent l'activité digestive et la sécrétion des ferments ; enfin, le développement des organes serait proportionné à l'intensité et à la fréquence de l'action des excitants vis-à-vis desquels ils réagissent.

Or, ce qui se passe dans l'ontogenèse ne répond pas à ce principe. En effet, chez l'embryon des mammifères contenu dans la matrice,

DIFFÉnE\CES E.yTRE LES FOn.)fES VÉGÉTALE ET AMMALE 3ii

Toeil se forme, bien que toute excitation lumineuse et toutes les conditions externes nécessaires à la vision fassent défaut. Les glandes salivaires et les glandes gastriques apparaissent bien avant que des hydrates de carbone et des matières albuminoïdes ne pénètrent dans le tube digestif et ne puissent, par conséquent, exciter les glandes si fonctionner utilement.

Ce que nous venons de dire peut s'appliquer encore h d'autres systèmes, organes et tissus. Partout, et spécialement chez les Vertébrés supérieurs, Tétude du développement conduit à cette idée que les influences, qui déterminent plus tard le fonctionnement des organes, ne peuvent en aucune façon agir sur eux au moment de leur apparition ; qu'une foule d'ébauches se différencient et s'ordonnent pour des causes inconnues et sont, pour ainsi dire, préconstituées pour réagir aux excitations qui interviendront plus tard et les détermineront à fonctionner.

L'étude comparative des animaux inférieurs et des animaux supérieurs nous montre que, chez ces derniers, le développement embryonnaire des organes n'est pas purement phylogénétique, mais qu'il est raccourci. Car il n'est certainement pas conforme à l'évolution phylogénique qu'un organe prenne sa forme et sa structure définitives avant de commencer à fonctionner. Dans le cours de la phylogenèse l'organisation et la fonction ont dû plutôt marcher de pair.

Un organe spécial, par exemple un groupe de cellules musculaires ou une glande, ne se différenciera aux dépens d'un épithélium, que si une partie déterminée de cet épithélium acquiert une fonction et une structure particulières, occasionnées par ses relations avec le restant de l'organisme et avec le monde extérieur. C'est pour cela qu'il devient différent des parties qui l'avoisinent et qu'il acquiert une énergie de croissance en rapport avec sa fonction.

L'objet des chapitres qui vont suivre sera précisément de chercher la solution de ce problème nouveau qui se pose, et d'expliquer la contradiction qu'il semble présenter avec les déductions que nous avons tirées précédemment.

3ia AXATOMIE ET PHYSIOLOGIE GÉNÉRALES DES TISSUS

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