‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 114 sur 166 · UTÉRUS — SINUS VEINEUX ET THROMBOSES · texte numérisé non relu

UTÉRUS — SINUS VEINEUX ET THROMBOSES

Pendant ces premiers huit jours, le segment inférieur resté mou, peut être comprimé par la vessie pleine, ou être aplati par le rectum rempli de matières dures ; les voies d'écoulement sont ainsi fermées, et il peut y avoir rétention dans la cavité utérine de caillots sanguins.

3° Le col ne commence, comme le segment inférieur, à involuer que vers la fin de la première semaine ou au commencement de la deuxième.

Tandis que pendant les premiers jours, les cavités du col et du corps semblent n'en former qu'une; au 4e jour on commence à sentir un isthme qui les sépare (orifice interne).

L'orifice externe reste mou et accessible pendant une quinzaine de jours.

modifications intimes. Séreuse. — La tunique séreuse,

épaissie pendant la grossesse, reprend peu à peu son volume.

Éléments musculaires. — Les fibres musculaires hypertrophiées subissent les unes un travail d'atrophie, les autres de dégénérescence graisseuse et sont remplacées par de nouvelles fibres formées aux dépens d'éléments embryonnaires. Il se forme, en quelque sorte, un nouvel utérus.

Desquamation muqueuse. — Les parties les plus superficielles' de la muqueuse subissent la dégénérescence granulo-graisseuse, se détachent des parties sous-jacentes et tombent dans la cavité utérine d'où elles sont expulsées, ce qui amène un état lisse de la surface de la cavité utérine.

Régénération muqueuse. — Puis se produit un second ordre de phénomènes, phénomènes de régénération de la nouvelle muqueuse dont le point de départ est la prolifération de l'épithélium des culs-de-sac glandulaires restés dans la profondeur et non éliminés.

La muqueuse utérine est régénérée au bout de six semaines.

Sinus veineux et thromboses. — Dans l'utérus gravide se trouvent des sinus veineux; après l'accouchement le sang s'y coagule, il se forme des thromboses. Ces caillots deviennent fibrineux, sont pénétrés par des cellules épithéliales provenant de la prolifération de l'endothélium vascu-

laire puis par des capillaires de nouvelle formation; ces caillots s'organisent, se transforment en tissu conjonctif et il ne reste plus comme trace de leur existence que quelques cristaux d'hématoïdine et quelques amas de pigment.

Vaisseaux artériels. — Parmi les vaisseaux artériels, les un's restent dans l'état hypertrophique qu'ils ont acquis pendant la grossesse; d'autres sont obstrués par la prolifération de la couche conjonctive de la tunique interne ; comme conséquence les fibres musculaires de la couche moyenne subissent la dégénérescence granulo-graisseuse et disparaissent.

VICES DE DÉVELOPPEMENT DE i/UTÉRUS

Absence. — 1° L'utérus peut ne pas se développer et manquer totalement [rare).

Utérus infantile. — 2° Il peut se développer incomplètement, rester rudimentaire {utérus irifantile. pubescent).

3° Il peut présenter des anomalies de forme tenant à des

Fig. 166. — Développement de l'utérus.

De I à IV, on voit les deux tubes qui représentent les canaux de Muller, d'abord séparés, s'accolant de plus en plus jusqu'à se confondre. On n'a qu'à comparer avec les fig. I, II, III de la planche suivante pour voir que ces étapes du développement correspondent aux différentes anomalies, V et VI représentent l'utérus développé.

YICES DE CONFORMATION DE LTTÉRl'S

arrêts dans son développement, et qui sont expliquées par son mode normal de développement. L'utérus (avec le vagin) est formé par 1 adossement et la fusion de deux conduits (canaux de Muller) en un seul. D'où la possibilité et l'explication des anomalies suivantes :

Oérns double. — a). L'utérus peut rester double : il y a deux cavités utérines et un ou deux vagins.

Bi-Come. — b). L'utérus, simple dans sapartie inférieure.

Fie. 16"î

Malformations de l'utérus.

I, utérus double (ressemble à celui de l'écureuil); II. utérus corditbrme comme chez le rat) ; III, utérus bi-corne (comme chez la vache) ; IV, utérus normal de la femelle de l'homme et du sinee.

est bifurqué supérieurement (cavité utérine en Y) : utérus bi-corne (fig. 166 et 167).

Utérns septus et cordifornie. — c). La cavité utérine n'est plus double, mais divisée, dans toute sa longueur, utérus sepius. Il y a alors un vagin unique, quelquefois divisé lui aussi. Ou bien encore la cloison utérine n'est que partielle ; on a dans ce cas l'utérus cordiforme.

Physiologie générale de l'utérus. — L'utérus est essentiellement un organe musculaire.

Sensibilité de l'utérus. — Sa sensibilité, assez obtuse pendant l'état de vacuité s'exalte au moment de la grossesse. Les excitations directes peuvent provoquer ses contractions, faites soit à sa surface (pressions, frottements), soit à l'intérieur de sa cavité.

Excitabilité de l'utérus. — Les excitations même localisées, peuvent provoquer sa mise en activité totale. Des excitations portées sur le col seul suffisent pour provoquer la contraction de tout l'utérus.

L'accumulation de l'acide carbonique dans le sang provoque les contractions utérines; le fait a été parfaitement établi par Brown-Séquard. Aussi dans les cas d'asphyxie de femmes enceintes, trouve-t-on presque toujours, à côté de la mère, un fœtus nouveau-né.

Contractions utérines, leurjdurée'. — L'utérus étant un muscle lisse, sps contractions sont lentes, mais d'une lenteur extrême et toute caractéristique De tous les muscles à fibres lisses, c'est celui qui se contracte le plus lentement. La durée totale d'une contraction utérine est d'environ 106 secondes (près de deux minutes).

Leur direction. — D'après Shatz, la contraction de Futérus est péristaltique et se dirige de l'orifice des trompes (ou fond de l'utérus) vers le col.

Pression intra-utérine. — L'on a mesuré la tonicité musculaire de l'utérus. A l'état de repos, la pression intrautérine est de 35 millimètres de mercure. Si on élimine la part qu'y prend la compression des parois abdominales, la pression due à la seule tonicité utérine reste d'environ 20 ou 25 millimètres. Au moment des contractions, elle s'élève de 10 à 12 millimètres.

On a de plus mesuré, en poids, la pression exercée par les contractions de l'utérus gravide. Elle a été trouvée égale à 88 kilogrammes. Si l'on y joint la pression adjuvante des parois abdominales, on a une pression totale de 154 kilogrammes.

Mais toute cette pression ne s'exerce pas sur le fœtus ; une partie se dissémine sur les parois latérales. Pour avoir une idée de la pression qui s'exerce sur la tête fœtale, il

PRESSION OTRA-UTÉRLXE

faut la considérer comme faisant partie de la paroi utérine. Polaillon a trouvé que, pour une section de 11 centimètres, la pression, à chaque contraction, est égale à 10 kil. 450(1).

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