FŒTUS A TERME — SUTURES
est composée de pièces non encore soudées les unes aux autres : en avant, le frontal (divisé par un sillon médian en deux pièces); en arrière, Y occipital (dans sa portion écailleuse), os impairs; de chaque eôté se trouvent des os pairs, les pariétaux et les écailles des temporaux (fig. 219). Entre ces pièces existent des espaces comblés par des membranes fibreuses qui les unissent à distance. La voûte est la partie réductible du crâne, c'est-à-dire qu'elle peut, dans certaines circonstances, subir des altérations de forme qui, en modifiant ou déplaçant ses dimensions, amoindrissent localement son volume (1).
Causes et variétés de la réductibilité. — Cette réductibilité est due : 1° à la non-ossification et à la flexibilité relative des pièces de la voûte qui leur permettent de subir certaine dépression, réductibilité par enfoncement, et 2° aux espaces membraneux interosseux qui rendent possible leur chevauchement, réductibilité par chevauchement. Les pressions larges produisent surtout la réduction par chevauchement; les pressions limitées, la réduction par enfoncement, la plus active des deux, et qui est d'autant plus considérable que ces pressions ne s'exercent pas aux extrémités d'un même diamètre. La réductibilité est, du reste, variable pour les différentes régions de la voûte. (Voir plus loin.)
Sutures. — De l'existence des espaces interosseux résultent des sillons de démarcation visibles et tangibles des plus importants et nommés sutures.
(1) Recherches cliniques et expérimentales sur la tête du fœtus au point de vue obstétrical, par Labat, professeur à l'École de médecine de Toulouse. Paris, 1881.
La réduction consiste essentiellement en un déplacement des dimensions de la tête fœtale et il se fait, ailleurs, une augmentation de volume compensatrice.
« Lorsqu'on ne comprime qu'un seul diamètre de la tète, l'augmentation compensatrice se disséminant sur tous les autres est peu seosible sur chacund'eux; maissi on compare en même temps les diamètres transverses et les diamètres antéro-postérieurs, les diamètres verticaux subissent seuls l'augmentation compensatrice et s'allongent notablement. » (Labat.)
Quand on regarde un crâne de fœtus à terme de haut, et d'arrière en avant, on voit une suture dirigée suivant l'axe de l'ovoïde; partant de la pointe de l'occipital, elle sépare les pariétaux et vient tomber en avant sur la suture située en dos d'àne sur la voûte crânienne, séparant en avant, et de chaque côté, le frontal du pariétal correspondant. En arrière, existe une suture analogue séparant les bords de l'écaillé de l'occipital du bord postérieur des pariétaux.
La suture antéro-postérieure, axiale, qui indique, comme une flèche, la direction de l'ovoïde fœtal, porte le nom de suture sagittale (suture interpariétale et inter-frontale).
La suture antérieure s'appelle suture fronto-pariétale. La suture postérieure s'appelle suture occipito-pariétale ou encore lambdoïde, de son analogie avec la forme d'un X grec (fig.
Fontanelles. ■ — Au niveau
de chacune des extrémités de la suture sagittale, en son point de rencontre avec les sutures transversales, se trouve un espace (fermé par une membrane^, nommé fontanelle; il y a ainsi une fontanelle antérieure et une fontanelle posté- Heure.
Ces deux fontanelles présentent des caractères qui permettent de les différencier : l'antérieure, ou grande fontanelle, est quadrilatère, formant le carrefour de croisement des quatre sutures (inter-pariétale, inter-frontale, frontopariétale droite et gauche).
La fontanelle postérieure, ou petite fontanelle, formée par la rencontre des sutures sagittale et occipito-pariétale existe à peine à l'état membraneux ; elle existe surtout à
Fig. 213. — Diamètres de la tête d'un côté à l'autre
1, fontanelle occipitale; 2, suture sagittale ; 3, grande fontanelle ou fontanelle antérieure ; 4, suture fronto-pariétale; 5, suture lambdoïde ; a, a, diamètre bi-pariétal ; b, b, diamètre bi-temporal.
FŒTUS À TERME — FONTANELLES
l'état de sensation due à la dépressibilité de la pointe de l'occipital.
La détermination de ces deux fontanelles indique la direction de la suture sagittale et, par suite, de l'ovoïde céphalique (1).
La tête devant franchir le défilé pelvien, on a pris avec soin ses dimensions.
Diamètres. — Pour mesurer la tète on a pris, comme sur
Fig. 214. — Diamètres du plan aiitéro-postérieur.
O-F, diamètre occipito-lrontal ; O-B, diamètre sous-occipito-bregmatique ; M-O', diamètre occipito-mentonnier ; B-H, diamètre hyobregmatique.
le bassin, des points de repère qu'on a joints entre eux par des lignes fictives qu'on appelle diamètres (2). Ces dia-
(1) Il existe d'autres sutures (sutures temporo-pariétales), d'autres fontanelles (fontanelles pariétales), moiDs importantes, que nous citons seulement.
(2) Le mot diamètre n'a pas ici la même précision que dans le langage géométrique. Il désigne la ligne joignant deux points de parois opposées du crâne, qu'elle passe ou non par le centre delà circonférence céphalique.
mètres sont, les uns antéro-postérieurs, les autres transverses.
Diamètres antéro-postérieurs. — 1° Occipito-mentonnier (1). — D 'au - dessus de la pointe de l'occipital au bord inférieur de la symphyse mentonnière. C'est le plus long de tous, le diamètre maximum; il a 13 cent. 4/2 (fig. 210).
2° Occipito-frontal. — D'au-dessous de la pointe de l'occipital à la racine du nez : 12 centimètres (fig. 214).
3° Diamètre sous-occipito-bregmatique. — De la jonction de l'occipital et de la nuque, au milieu de la grande fontanelle ou bregma : 9 cent. 1/2 (fig. 214).
4° Diamètre hyo-bregmatique (Farabeuf et Varnier). — De dessous le menton, près de l'os hyoïde, au milieu du bregma : 9 cent. 1/2.
Diamètres transverses. — 1° Diamètre bi-pariêtal. — D'une bosse pariétale à l'autre : 9 cent. 1/2 ou 9 1/4 d'après Farabeuf-Varnier (peu réductible) (fig. 212).
2° Diamètre bi-temporal. — Du sommet de la grande aile du sphénoïde (ptéryon), d'un côté, à l'autre : 7 cent. 1/2 (réductible) (fig. 212).
Le diamètre bi-temporal est bien plus réductible que le diamètre bi-pariétal. Les diamètres transverses de la tête sont de plus en plus réductibles à mesure qu'on s'éloigne, suivant une ligne droite, des bosses pariétales pour se rapprocher de la naissance des sutures fronto-pariétales. (Labat.)
Mouvements de la tête. — La tête jouit de mouvements d'extension et de flexion assez étendus, qui permettent à l'extrémité céphalique de toucher le tronc, soit au niveau du plan sternal, soit au niveau du plan dorsal. Ces mouvements sont utilisés lorsqu'il s'agit pour la tête de franchir les défilés de la filière pelvienne.
Tronc. — Les petits membres étant repliés sur le corps du fœtus on les considère comme faisant partie du tronc; le fœtus, se présente comme un homme-tronc.
(1) Il mérite mieux le nom de sus-occipito-mentonnier (Budin).