‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 154 sur 166 · ROLE DU FOETUS PAR RAPPORT A LA MÈRE · texte numérisé non relu

ROLE DU FOETUS PAR RAPPORT A LA MÈRE

il se développe. Il épuise ce milieu en lui prenant les éléments nécessaires à la constitution de sa masse sanguine (nutrition) et à la régénération des globules sanguins désoxydés ; en effet, le sang fœtal, rapporté par les artères ombilicales, se décharge, au contact du sang maternel, de son acide carbonique et fait sa provision d'oxygène, comme le sang de l'enfant ou de l'adulte le fait au contact de l'air contenu dans les poumons ; il y a là une véritable respiration sanguo-sanguine. au lieu d'être, comme elle le sera plus tard, sanguo-aérienne.

Appauvrissement du sang maternel. — Le sang maternel a donc une double cause d'appauvrissement : d'où la cause des anémies de la grossesse. Il s'ensuit, de plus, que pour que le sang maternel puisse subvenir aux besoins du foetus, il faut qu'il soit très riche en oxygène. Toute cause qui diminuera l'oxygène maternel sera une cause de mort du fœtus.

Ses conséquences parfois mortelles pour le f ce tus, par désoxygénation du sang maternel. — C'est ce que MM. Charpentier et Butte ont bien montré, soit en diminuant la quantité des éléments oxygénifères maternels (saignées), soit en diminuant leur apport oxygénique, en amenant une asphyxie lente chez la mère, ou enlevant aux globules rouges maternels leur oxygène en faisant ingérer une certaine quantité d'acide pyrogallique.

Le fœtus meurt avant la mère on après la mère. — Le fœtus a besoin d'une quantité d'oxygène proportionnellement plus considérable que la mère, et toutes les fois qu'il y a diminution lente de l'oxygénation des globules rouges de la mère, le fœtus meurt avant la mère.

Au contraire, dans les déperditions rapides par un quelconque des moyens employés (suppression de l'apport d'oxygène, suppression des éléments oxygénifères), le fœtus survit à la mère.

Ces faits étaient particulièrement intéressants à connaître dans le cas d'hémorrhagie.

Lorsque les hémorrhagies de la mère sont assez rapides et profondes pour entraîner sa mort, le fœtus survit à la

mort de la mère et on peut l'obtenir vivant. Si les hémorrhagies sont importantes an point même d'amener la mort de la mère, — mais moins rapides. — le fœtus meurt avant la mère.

On explique ainsi les morts de fœtus lors d'hémorrhagies à répétition, hémoptysies, épistaxis, hématémèses.qui surviennent pendant la grossesse sans amener la mort de la mère (1).

Mécanisme infinie des échanges. — ]\ulrition. — Glyco-

génie placentaire. — La nutrition se fait d'abord par l'intermédiaire direct du sang maternel, et nous venons de voir comment. Mais le sang maternel indirectement , et grâce au placenta, fournit un aliment particulier au fœtus : le sucre. Cl. Bernard a, en effet, démontré que le placenta possède une fonction glycogénique identique à celle du foie de l'adulte.

Albumine amniotique. — La nutrition paraît aussi pouvoir se faire par l'intermédiaire du liquide amniotique, qui renferme de l'albumine et des sels. Un certain degré d'absorption de ce liquide est possible par la peau; il pourrait en outre être dégluti. Chez des animaux on a pu, en effet, par congélation, démontrer l'existence de glaçons partant du lac amniotique et arrivant par la bouche et l'œsophage jusque dans l'estomac. En tous cas, ce dernier mode de nutrition ne doit se faire qu'à une époque avancée de la grossesse, car les mouvements de déglutition sont impossibles pendant les premiers temps de la vie intra-utérine.

Sécrétions. — Enduit sébacé du fœtus. — La peau fournit Y enduit sébacé qui revêt le fœtus à sa naissance.

Héconium. — Le méconium qu'on trouve dans l'intestin est un mélange de débris cellulaires, de bile et en outre d'éléments divers apportés par le liquide ammiotique.

Urine. — Les reins, d'après quelques auteurs, sécrètent

(1) Charpentier et Butte. Nouvelles annales de Gynécologie, août 1888 et décembre 1889.

Dans le cas d'héinorrhagie, il faut aussi faire intervenir, comme cause de mort, la diminution de la pression sanguine qui amène un ralentissement des échanges placentaires.

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