III.— DU BASSIN DANS SON ENSEMBLE
Conception du bassin obstétrical. — Les anatomistes ne considèrent en général que le bassin osseux, et c'est ainsi, qu'il est aussi généralement considéré dans les livres d'accouchement. Or. l'étude d'ensemble du bassin, étudié en vue des phénomènes qui s'y passent lors de l'expulsion du produit de la conception, ainsi comprise, est incomplète. Le professeur Pinard et son élève Boissardont montré qu'il fallait surtout l'étudier au point de vue topographique.
Deux parties : segment dur et segment mou. — Pour l'accoucheur, le bassin se présente comme composé de deux parties; une dure, irréductible pendant l'accouchement, composée de pièces osseuses; l'autre, appendue à la précédente, à laquelle, à l'état statique (en dehors de l'accouchement), elle forme comme un fond, constituée par des parties molles; cette dernière partie se modifie complètement pendant la période ultime du travail. Elles ont un rôle différent lors des phénomènes de l'expulsion : l'une est passive, l'autre active. Nous examinerons : a) le segment dur, b) le segment mou du bassin.
Segment dur. Sa division. — Il est inégalement accessible. Sa portion inférieure est cachée par la saillie et le rapprochement des cuisses ; la portion supérieure émerge et fait saillie sous les téguments.
Ce sont aussi deux portions bien distinctes au point de vue de l'anatomie obstétricale; la portion inférieure forme le bassin proprement dit, V excavation pelvienne, à laquelle conduit la première qui en est comme le vestibule.
Grand bassin. — Dessin de son contour à travers les parties molles. — Le vestibule de l'excavation pelvienne ou grand bassin, est formé surtout par les ailes des os iliaques.
Les crêtes iliaques forment de chaque côté sous la peau une ligne ondulée dont la partie moyenne est la plus élevée, et dont l'extrémité antérieure s'incline brusquement vers l'épine iliaque antérieure et supérieure toujours bien mar-
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quée. Ce point de repère précieux se reconnaît en suivant le bord de la crête iliaque jusqu'à ce que les doigts sentent brusquement le terrain se dérober sous eux : ce point est l'épine iliaque recherchée.
. En avant, le pourtour supérieur de la ceinture pelvienne dessine une large échancrure qui indique la limite inférieure de la région abdominale. Cette échancrure est plus ou moins large suivant l'écartement des épines iliaques; correspondant à l'évasement des fosses iliaques internes, elle indique, a priori, un bassin ample favorable à la gestation.
Ses parois. Sa forme. — Le grand bassin est formé, en arrière, par la dernière vertèbre lombaire, latéralement) par les fosses iliaque-internes, dont les bords viennent en avant se confondre avec les branches du pubis.
Il représente une sorte d'entonnoir osseux ouvert en avant : la paroi osseuse qui manque est remplacée par une paroi musculo-aponévrotique, paroi abdominale, qui favorise l'accommodation et la direction de la partie fœtale vers le petit bassin.
Ses dimensions. — Le grand bassin mesure en moyenne :
1° D'une épine iliaque antéro-supérieure à l'autre, 24 centimètres.
2° D'une crête iliaque à l'autre, au point où l'espace est le plus large, diamètre bi-iliaque, 27 centimètres.
Fonction du grand bassin. — Le grand bassin est le lieu où se passent les phénomènes de la gestation, préparatoires à l'expulsion. Le passage du grand bassin dans le petit bassin qui est au-dessous, constitue l'engagement.
Le grand bassin est le bassin de la grossesse, tandis que le petit bassin est le bassin de ï accouchement.
Petit bassin. Son importance obstétricale. - — C'est le
véritable bassin obstétrical, celui dont la connaissance parfaite de la forme et des connexions importe le plus.
Sa disposition. Comparaison de Tarnier. — Tarnier
compare sa forme générale à un tonnelet défoncé à ses deux extrémités. C'est en effet son aspect à l'état sec. Réuni aux parties molles qui le complètent, et dont on ne peut le séparer au point de vue obstétrical, Tarnier l'a comparé à une