CHAPITRE IV
avons indiqués auparavant (1), sont le relie t des idées qui précèdent.
Les classifications, ainsi qu’il en a déjà dit quelques mots, sont de deux sortes; les unes sont de simples classements, à la façon de Linné, dans lesquels les groupes sont indiqués par un caractère principal, unique, les autres sont des classifications d’un ordre plus élevé, aussi naturelles que le comporte l’état de la science, dans lesquelles la détermination des groupes repose sur un grand nombre de caractères de toutes sortes suivant la méthode que de Jussieu a appliquée le premier à la botanique. Avec les premières il faut être indulgent, ce sont des jalons, un rangement destiné à faciliter l’étude et à aider la mémoire. Les secondes expriment ou ont la prétention d’exprimer la valeur véritable et les rapports de parenté des groupes classés; elles sont l’objeclif de la science, elles supposent le groupe dont on détermine la place parfaitement ou suffisamment connu. Toute classification de la première sorte s’inspire des données de la seconde et s’en rapproche autant qu’elle le peut. De toute façon donc les classifications résument la pensée de leurs auteurs et marquent les étapes successives de la science. Naïves, élémentaires d’abord, elles vont en se perfectionnant et se compliquant au fur et à mesure des progrès de celle-ci.
Dans notre sujet se présentent deux étapes de classifications : l’une, zoologique par excellence, donne au groupe humain la place relative qu’il occupe dans la création et en particulier dans la série des animaux, l’autre, anthropologique, concerne les divisions de ce groupe que, sans se préoccuper de la valeur à donner à ce mot, elle appelle des races.
La place relative du genre humain dans la nature a été appréciée de toutes les manières du maximum au minimum. Les degrés hiérarchiques de la création sont successivement : le règne, l’embranchement, la classe, la sous-classe, l’ordre, la famille, la tribu, le genre et l’espèce. L’homme a été tour à tour considéré comme occupant à lui seul l’un ou l’autre de ces degrés.
Pour Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et quelques autres auparavant, le groupe humain se détache de tous les autres de la nature, par sa caractéristique incontestée, son intelligence et les facultés qui en dérivent ou qui y contribuent, autant que les animaux en masse se détachent des plantes, autant que celles-ci se détachent en masse des minéraux; d’où un régna humain parallèle au règne animal, au règne végétal, au règne minéral et même au règne sidéral (de Candolle). Pour Zenker d’iéna, en 1828, les animaux se partagent en trois embranchements : les zoophytes, les animaux sensibles, et les animaux raisonnables c’est-à-dire l’homme. Pour Garus et auparavant Daubenton, l’homme constitue une classe, à l’égal des mammifères, des oiseaux ou des reptiles. Pour Chven une sousclasse, celle des archencéphales. Avec Blumenbach l’homme répond à un ordre , celui des bimanes, le second étant celui des quadrumanes, la classe
(1) Voir page 02 pour les classifications antérieures à 1800.