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HISTORIQUE. — WILLIAM EDWARDS

de populations dans les différents sens où s’étaient dirigées les grandes migrations des peuples » (1).

Amédée Thierry, en 1828, dans son Histoire des Gaulois , et plus tard dans son Histoire des successeurs d’Attila, Henri Martin et les principaux historiens depuis, ont continué dans la voie ouverte par A. Thierry.

Les historiens, en somme, ont imité les naturalistes, ils ont emprunté le mot de race au langage courant et l’ont adapté à leurs besoins; les naturalistes cherchant l’origine précise de la race, les historiens son origine approximative accessible; les naturalistes voyant l’animal et ses variétés, les historiens le peuple et ses composants.

La doctrine des deux Thierry eut un certain retentissement et provoqua, de la part d’un naturaliste éminent, William Edwards, une lettre publiée en 1829, sous le titre suivant : Des caractères physiologiques des races humaines , considérés dam leurs rapports avec l’histoire , lettre à M. Amédée Thierry, l’auteur de Y Histoire des Gaulois (2).

Cette lettre fut le point de départ de la fondation, dix ans après, de la première Société française concernant directement l’anthropologie ; elle marque une phase importante dans l’histoire de la science des hommes, pour nous servir du mot de M. de Quatrefages.

« Vous établissez de la sorte, écrit W. Edwards, des races historiques qui peuvent être tout à fait indépendantes de celles qu’avouerait l’histoire naturelle . Ce qui vous intéresse, c’est de savoir si les groupes qui for¬

ment le genre humain ont des caractères physiques reconnaissables, et jusqu’à quel point les distinctions que l’histoire établit parmi les peuples peuvent s’accorder avec celles de la nature..... Il faudrait que tels qu’ils existent aujourd’hui, ces groupes eussent toujours été, du moins dam les temps historiques. S’il en était ainsi, on puiserait dans cette nouvelle source de la filiation des peuples, et l’on remonterait à leur origine malgré les mélanges qui constituent les nations..... Je vous dirai donc les raisons qui m’ont conduit à penser que Von pourrait retrouver les anciens peuples dam les modernes. »

Edwards passe alors en revue les éléments du problème, l’action des climats, des croisements, les causes d’extinction de race, les discute et conclut « que les principaux caractères physiques d’un peuple peuvent se conserver à travers une longue suite de siècles dans une grande partie de la population malgré l’influence du climat, le mélange des races, les

invasions étrangères et les progrès de la civilisation . » « Nous devons

donc, reprend-il, retrouver chez les nations modernes, à quelques nuances près et dans une portion plus ou moins grande, les traits qui les distinguaient à l'époque où l'histoire apprend à les connaître.

Passant à l’examen de la valeur des caractères, il conclut que les meilleurs sur le vivant sont tirés « du visage, c’est-à-dire de la forme de la tête

(1) A. Thierry. Histoire de la Conquête d'Angleterre. Introduction, p. 3-6.

(2) Réimprimé dans les Mémoires de la Société ethnologique , t. I, 1841, p. L

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