CHAPITRE V
et des proportions des traits de la face » , et donne le résultat de ses observations personnelles dans un voyage qu’il vient de terminer dans l’Europe méridionale.
Ce n’est pas le lieu d’exposer sa méthode, sur laquelle nous reviendrons amplement. Sur les grandes routes, dans les casernes, les églises, les marchés, il cherche le type prédominant, puis les types moins communs et finit par les types rares, négligeant les croisés. De cette façon, il arrive à reconnaître d’abord dans l’est et le sud-est de la France, deux types inégalement répartis : l’un au visage allongé, l’autre au visage rond. Tenant compte de leur distribution, s’étayant des données historiques, par une suite de raisonnements, il conclut que l’un, celui des Galls (Celtes) ; l’autre, celui des Kymris, forment les deux grandes familles gauloises, suivant Amédée Thierry, qui occupaient cette partie de notre pays. Les comparant alors avec les descriptions qu’en ont données les auteurs anciens, il constate qu’il y a identité et continuité du type à travers les populations intermédiaires. Plus loin, il retrouve le lype hongrois semblable au tableau que Priscus a tracé d’Attila et à celui qu’Ammien Marcellin donne des Huns (1). Ailleurs, il décrit le type slave, le grec, le romain, et termine, ayant démontré ce qu’il voulait, c’est-à-dire la filiation des éléments des peuples modernes avec les peuples anciens, et en même temps la permanence des caractères physiques dans les races, de même que les deux Thierry avaient démontré la permanence des caractères moraux dans les mêmes races.
En un mot, « il a prouvé, ainsi qu’il le dit lui-même dans un autre mémoire, que des] peuples peuvent subsister avec les mêmes types pendant une longue suite de sièclesqui embrasse presque toute l’étendue des temps historiques. »
Ce qu’il importe, en effet, de bien prendre en note, c’est que les recherches d’Edwards ne comprennent que la période historique; que les Galls, les Kymris, les Slaves, les Hongrois, dont il cherche les descendants, ne sont eux-mêmes que des peuples lesquels, si l’on se transporte à leur époque, se présentent à l’observateur dans les mêmes conditions de complexité que les peuples modernes ; que l’idée de race pour Edwards ne découle que de la ressemblance générale des types actuels avec les types de ces peuples anciens; et enfin que la lettre d’Edwards n’a d’autre but que de confirmer la doctrine d’Augustin Thierry. Les races d’Edwards et des deux Thierry méritent donc la dénomination d 'historiques pour les distinguer des races des naturalistes.
Dix ans après, Edwards, dans les mêmes idées, fondait une Société à Paris ayant pour objet l’étude des races, sollicitait pour elle le nom de Société d' ethnologues et acceptait celui de Société ethnologique, répondant à la direction de ses propres études et conforme à l’étymologie du mol, tôvoç, peuple.
(1) Nous n’avons pas à apprécier ici dans quelle mesure ce type est justifié.