‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 124 sur 980 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

prend tout ce qui peut être appris sur leurs origines et leurs relations, Elle est distincte de l’histoire naturelle », qui cependant lui vient en aide. «Les branches de l’histoire naturelle qui concourent à l’ethnologie sont l’anatomie, la physiologie, la zoologie et la géographie physique , » L’histoire et l’archéologie lui apportent aussi leur concours et par là Prichard entend les sources de renseignements les plus diverses : l’histoire proprement dite, les traditions, les inscriptions et surtout la comparaison analytique des langues. « L’ethnologie est plus voisine de l’histoire que de la zoologie, parce que l’ethnologie concerne spécialement l’origine des peuples, tandis que l’histoire naturelle concerne l’histoire de l’espèce humaine (1), »

Ce passage qui prend une douzaine de pages est le programme de la façon dont la Société ethnologique de Londres devait, d’après son honorable président, entendre son terrain ; c’est le seul où la signification du mot ethnologie soit clairement précisée, quoique à plusieurs reprises elle ait directement ou indirectement été abordée, notamment dans les Jnslruc lions de celte Société, qui ne sont qu’une faible extension de celles de la Société ethnologique de Paris.

Anthropologie, ethnologie et ethnographie. — Quoique modéré pour le milieu où il fut prononcé, le discours de Prichard montre à quel résultat les idées nouvelles sur les races, les peuples et les langues avaient abouti. L’ethnologie se mettait en antagonisme avec l’anthropologie et s’attribuait certaines parties qu’on ne peut à aucun titre lui retirer, C’est à Londres que s’accentuait cette opposition. Tant que la science dont l’homme est l’objet avait pivoté autour de sa comparaison avec les animaux, de sa place dans la nature à titre d’espèce, de genre, d’ordre ou de règne zoologique, de son origine une ou multiple par des causes naturelles ou surnaturelles, et du nombre de ses races distinguées parleurs caractères physiques, il était évident que les anatomistes, physiologistes, zoologistes et médecins avaient seuls voix au chapitre, et que l’histoire naturelle de l’homme et de ses races étaient leur propriété. Mais lorsque Thierry et Edwards eurent transporté la recherche des races sur le terrain de l’histoire, et les linguistes sur un terrain plus littéraire encore, les choses changèrent d’aspect. On prétendit soustraire aux naturalistes la moitié de leur sujet. Autour de ces deux centres, l’histoire et les langues se résumant en un seul, les peuples, se groupèrent une foule de documents et de considérations dispersés jusque-là dans les écrits des penseurs et les récits des voyageurs. Les faiseurs de systèmes, ceux qui aiment, comme disait Schelling, à philosopher sur la nature, affluèrent. La science appelée l’ethnographie, mot qui ne signifie réellement que la description des peuples et comprend par conséquent toute la description de ces peuples,

(I) Prichard, séance du 22 juin 1847. Discours anniversaire. L’année suivante, en 1848, il prononça, comme président, un autre discours ; ce lut sa dernière oeuvre : il mourut le 22 décembre suivant.

HISTORIQUE

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